CARACTÉRISTIQUES GÉNÉRALES
Les PME dans les provinces des Prairies
La région des Prairies, qui compte plus de 5,5 millions d'habitants, a une économie qui repose principalement sur le pétrole et le gaz (en particulier l'Alberta, province dont l'économie est la plus dynamique du pays), l'agriculture, les minéraux et la foresterie. En Saskatchewan, le secteur de la biotechnologie est en émergence. Selon l'Enquête sur le financement des petites et moyennes entreprises, réalisée en 2004 par Statistique Canada, on compte environ 1,4 million de petites et moyennes entreprises commerciales (à but lucratif) au Canada. Sur ce nombre, environ 22 % PME exercent leurs activités dans les provinces des Prairies, taux légèrement plus élevé que la proportion de la population canadienne qui vivait dans cette région en 2004 (17 %). Le tableau 1 présente la répartition de la population et des PME ainsi que la part du produit intérieur brut (PIB) canadien, selon la région.
Le taux de création d'entreprises de cette région s'établit à 64 établissements pour 1 000 habitants au Manitoba, à 94 en Alberta et à 96 en Saskatchewan (par rapport à 71,5 établissements pour 1 000 habitants dans l'ensemble du pays).
La répartition par âge des PME des provinces des Prairies était inférieure à la moyenne nationale. Environ 10,2 % des entreprises de cette région ont commencé à vendre des produits et des services entre 2002 et 2004, comparativement à 11,2 % pour l'ensemble des entreprises canadiennes.
Pourcentage élevé de travailleurs indépendants dans les provinces des Prairies
La taille de l'entreprise constitue un aspect important du financement des PME. Les moyennes et grandes entreprises cherchent habituellement davantage que les petites à obtenir du financement externe. Par ailleurs, on pense généralement que les petites entreprises sont moins aptes que les grandes à obtenir du financement et qu'elles se tournent davantage vers des sources informelles de capital, entre autres les finances personnelles. La figure 1, qui compare la répartition des PME des Prairies selon la taille avec la moyenne nationale, montre que les PME de cette région sont principalement des petites entreprises, 97 % d'entre elles employant moins de 20 personnes. Une part relativement importante (58 %) des PME des Prairies sont classées comme des entreprises appartenant à des travailleurs indépendants, comparativement à environ la moitié des entreprises à l'échelle nationale. Par ailleurs, le travail indépendant est beaucoup plus fréquent dans les provinces des Prairies que dans l'ensemble du Canada – 14,6 % des travailleurs des Prairies par rapport à une moyenne nationale de 11,9 %Note 3.

Répartition des PME des provinces des Prairies selon le secteur industriel
Le secteur industriel constitue également un important déterminant des besoins des PME en capitaux et de leur accès à ces capitaux. La figure 2 compare la répartition des PME des provinces des Prairies selon le secteur avec la répartition moyenne nationale. Elle montre la prédominance relative des entreprises des secteurs primaire et des services agricoles dans les provinces des Prairies et les concentrations moins élevées d'entreprises appartenant aux autres secteurs. La proportion d'entreprises de l'industrie du savoir dans les Prairies est de 5 %, par rapport à 7 % en Ontario, à 6 % en Colombie-Britannique et à 5 % au QuébecNote 4.

Caractéristiques des propriétaires de PME dans la région des Prairies
Au tableau 2, on compare avec les moyennes nationales le profil des propriétaires majoritaires des PME de la région des Prairies. Comme le montrent les données, le profil des propriétaires de PME des provinces des Prairies concorde en grande partie avec la moyenne nationale.
Croissance et innovation des entreprises de la région des Prairies
Environ 35 % des propriétaires de PME des provinces des Prairies avaient l'intention de prendre de l'expansion au cours des deux prochaines années, comparativement à 39 % à l'échelle nationale. Avant d'élaborer une stratégie de croissance, il faut mettre au jour les moteurs de la croissance et les obstacles à celle-ci. Les entreprises du pays ont signalé que la productivité, la commercialisation, la planification de la relève et l'accès au financement sont les principaux facteurs de la réussite commerciale. L'exportation constitue une stratégie de croissance, et 7 % des PME de la région des Prairies ont exporté des produits ou des services à l'étranger en 2004, proportion qui n'est pas statistiquement différente de la moyenne nationale (8 % des PME).
Un autre moyen d'assurer la prospérité de l'entreprise consiste à innover. Entre 2002 et 2004, les entreprises des provinces des Prairies, toutes tailles confondues, ont consacré près de 5 milliards de dollars à la recherche-développement (R-D), ce qui représente 39 % des dépenses en R-D dans la région (voir la figure 3).

Dans le cadre de l'Enquête sur le financement des petites et moyennes entreprises, de 2004, 24 % des PME des provinces des Prairies ont dit avoir investi dans la R-D en 2004. Ce taux compte parmi les plus faibles de toutes les régions du Canada, mais reste comparable à la moyenne nationale de 29 %. Seulement 3 % des PME de la région (ce qui ne diffère pas statistiquement du taux de 4 % à l'échelle nationale) ont consacré plus de 20 % de leurs investissements à la R-D. Selon des études antérieures, les PME qui avaient accès au financement par capitaux propres avaient généralement plus tendance à mener des activités de R-D que les entreprises à la recherche de financement par empruntNote 5.
Dans l'ensemble, les propriétaires d'entreprise considéraient que des facteurs externes (comme les niveaux d'imposition et la difficulté à trouver une main-d'oeuvre qualifiée) plutôt que des facteurs internes (comme la faible rentabilité ou les taux d'assurances) constituaient des obstacles à la croissance. Le tableau 3 rend compte de l'opinion des propriétaires de PME concernant l'importance relative des divers obstacles à la croissance. De façon générale, l'opinion des propriétaires de PME des provinces des Prairies va dans le sens de l'opinion nationale. Toutefois, les répondants de cette région étaient relativement moins nombreux à citer la faible rentabilité comme un obstacle.
Note 3 Statistique Canada. Enquête sur la population active. www40.statcan.ca/l02/cst01/labr66a_f.htm.
Note 4 La définition de l'expression « entreprise de l'industrie du savoir » s'inspire des catégories d'industries du domaine des sciences et de la technologie établies par Industrie Canada et de celles considérées comme étant « à forte concentration de savoir » d'après les mesures de l'activité de recherche-développement.
Note 5 J. Baldwin, G. Gellatly et V. Gaudreault. Financement de l'innovation dans les nouvelles petites entreprises : nouveaux éléments probants provenant du Canada, Statistique Canada, mai 2002.