Les sections suivantes présentent les résultats des activités d'engagement menées par l'équipe de projet dans le contexte des quatre résultats escomptés exposés précédemment.
L'objectif global de ce résultat escompté est d'accroître le niveau d'engagement, parmi les investisseurs institutionnels canadiens, dans la catégorie d'actifs des capitaux propres. Pour les besoins de la stratégie globale, le concept d'« engagement » inclut deux volets. Le premier est la sensibilisation, c'est-à-dire le degré d'information, de connaissances et d'expertise qui est à la fois crédible et impartial et auxquelles un investisseur institutionnel peut avoir accès d'une manière diligente, complète et efficace. Le deuxième élément est la participation, c'est-à-dire l'établissement d'allocations en capitaux propres par les investisseurs ou la croissance des allocations existantes et les activités d'investissement qui s'y rattachent.
La stratégie comprend trois objectifs stratégiques et quatre principes directeurs. Les objectifs stratégiques énoncent les activités particulières, le calendrier et les paramètres conçus pour atteindre l'objectif général. Les principes directeurs, pour leur part, énoncent les principaux éléments à considérer et les facteurs de réussite qui régissent la mise en oeuvre des objectifs stratégiques.
1. Identifier et aligner les « collectivités d'intérêt » parmi les investisseurs institutionnels
La plupart des petits investisseurs institutionnels ne sont pas familiers avec les autres catégories d'actifs en général, et particulièrement la catégorie d'actifs des capitaux propres. Ce manque de familiarité, conjugué au caractère risqué perçu de l'activité d'investissement en capitaux propres, signifie qu'un investisseur institutionnel qui envisage la catégorie d'actifs des capitaux propres voudra d'abord se renseigner à fond sur le marché des capitaux propres lui-même, ainsi que les expériences et leçons tirées des autres investisseurs ayant des intérêts similaires qui ont déjà considéré les capitaux propres ou – mieux encore – qui ont déjà investi dans cette catégorie d'actifs.
Malheureusement, rares sont les collectivités d'intérêt commun. L'organisation canadienne la plus importante est sans doute l'Association canadienne des gestionnaires de fonds de retraite (ACGFR). Les membres de l'ACGFR représentent plus de 700 milliards de dollars dans les actifs des investisseurs institutionnels canadiens; de ce chiffre, environ 28 milliards de dollars sont alloués au capital de risque et aux autres investissements en capitaux propres. Toutefois, l'activité des capitaux propres chez les membres de l'ACGFR a tendance à se concentrer sur un nombre limité de caisses de retraite importantes. Bon nombre des petites et moyennes caisses de retraites membres de l'ACGFR ont une exposition limitée aux capitaux propres et une sensibilisation limitée au marché.
L'Institutional Limited Partners Association (ILPA) est une organisation sans but lucratif établie au Canada, qui dessert les investisseurs associés commanditaires dans l'industrie mondiale des capitaux propres. Cette association est le foyer logique dont les investisseurs institutionnels actifs dans le domaine des capitaux propres se servent pour échanger leurs points de vue, leur expérience et des renseignements. Toutefois, l'ILPA n'est pas bien connue au Canada – en fait, la plupart de ses membres proviennent de l'extérieur du Canada. De plus, l'association aurait tendance à attirer des institutions qui sont déjà des associés commanditaires (c.-à-d., des investisseurs qui sont actifs dans les capitaux propres), contrairement aux institutions qui en sont à leurs premières étapes, c'est-à-dire qui ne font qu'envisager de participer à cette catégorie d'actifs.
Il existe de nombreux autres types d'associations auxquelles peuvent participer les investisseurs institutionnels (ou leurs organisations). Toutefois, le centre d'attention (ou d'intérêt) de ces associations ne vise pas le domaine des investissements institutionnels, et encore moins celui des capitaux propres. Par exemple, la plupart des municipalités ayant des régimes de retraite pour employés font partie de la Fédération canadienne des municipalités (FCM), dont le mandat est de promouvoir les intérêts des villes canadiennes. Toutefois, la FCM n'est pas en mesure d'aider les collectivités de façon proactive dans leurs stratégies ou activités d'investissement institutionnel.
Dans le même ordre d'idées, l'Association universités et collèges du Canada (AUCC) représente 89 universités et collèges universitaires canadiens publics et privés à but non lucratif, dont bon nombre offrent des régimes de retraite pour les employés. De plus, l'Association canadienne du personnel administratif universitaire (ACPAU) appuie la gestion professionnelle dans les affaires administratives des universités et collèges canadiens. Toutefois, à l'instar de la FCM, ces associations ne placent guère d'accent proactif sur les activités d'investissement institutionnel.
Principales priorités et mesures à prendre :
2. Accroître la « vitesse de transmission des connaissances » parmi les investisseurs institutionnels afin d'accélérer la sensibilisation et l'expertise chez les décideurs.
Par « vitesse de transmission des connaissances », on entend le transfert et la diffusion des renseignements de marché pertinents sur les capitaux propres à l'intention des principaux décideurs dans la collectivité des investisseurs institutionnels. Plus qu'une simple accessibilité de l'information, ce concept désigne la vitesse à laquelle une telle information peut se déplacer, ainsi que l'ampleur et la sophistication d'une telle information sur le marché. Il concerne la capacité sous-jacente des canaux de marché à transmettre – et, dans le cas des récipiendaires institutionnels, à traiter – cette information. De plus, ce concept porte sur la façon dont l'information se concrétise en perspectives utiles pour les participants potentiels aux capitaux propres.
Au cours de la dernière décennie, la vitesse des connaissances s'est avérée un facteur essentiel dans la croissance de l'activité d'investissement institutionnel en capitaux propres aux États-Unis. Deux facteurs clés de cette vitesse se dégagent de façon évidente. Le premier facteur est le transfert de l'expérience relative à l'investissement en capitaux propres et le transfert des pratiques exemplaires au niveau opérationnel des institutions. Nombreux sont les cas où des employés chevronnés en investissement en capitaux propres dans les grandes institutions sont devenus des chefs de direction de petites institutions et ont mis à profit leurs connaissances du marché des capitaux propres et leurs antécédents dans ce domaine. Dans le même ordre d'idées, les États-Unis offrent des exemples de ce qu'on appelle des initiatives de « mise en commun » qui ont permis d'accélérer les connaissances, la sensibilisation et la participation des investisseurs institutionnels aux capitaux propres. À titre d'exemple, mentionnons le Commun Fund qui a engagé avec succès des dotations universitaires dans une activité plus importante d'investissement en capitaux propres.
Commun Fund
Le Common Fund for Nonprofit Organizations est une société d'adhésion américaine exempte de taxes qui est exploitée par ses collèges, universités et écoles indépendantes membres. Sa mission consiste à améliorer les pratiques de gestion des investissements et à accroître les ressources financières de la collectivité sans but lucratif.
Organisé en 1969, le Commun Fund a commencé ses activités le 1er juillet 1971. Il s'agit d'une organisation sans actionnaire. Les frais d'adhésion et autres revenus appuient l'organisation dans son ensemble et ne sont pas alloués pour le bénéfice de fonds ou propriétaires privés particuliers. Le Commun Fund est régi par un conseil d'administration élu par les membres. À la fin de 2005, le Commun Fund avait 1 226 membres.
Le Commun Fund offre à ses membres une série de fonds d'investissement mis en commun. Pour chaque fonds d'investissement, la société de gestion captive du Commun Fund identifie des stratégies d'investissement, répartit les actifs du portefeuille entre ces stratégies, sélectionne les gestionnaires d'investissement pour chaque catégorie de stratégie; et affecte les actifs du portefeuille entre ces gestionnaires. Elle surveille ensuite le rendement de la gestion, en augmentant ou en diminuant les allocations, en terminant le mandat des gestionnaires et en les remplaçant au besoin. Les actifs totaux des fonds d'investissement du Commun Fund se chiffraient à plus de 36 milliards de dollars américains au 31 décembre 2005.
Le Commun Fund juge qu'en raison de sa taille et de son expérience, il peut fournir des possibilités d'investissement et de diversification qui autrement ne seraient pas disponibles pour la plupart des dotations. De plus, il croit pouvoir fournir un niveau de surveillance des gestionnaires et la capacité de faire les ajustements nécessaires qui ne sont pas faisables ou efficaces pour la plupart des dotations.
Adaptation de « Information for Members, January 2006 », affiché à www.commonfund.org
Le deuxième facteur est le croisement et la sensibilisation accrue au niveau de supervision et d'approbation des institutions. Par exemple, bon nombre des investisseurs individuels à valeur nette élevée dans les premiers grands fonds de capitaux propres (comme Kohlberg Kravis Roberts) ont acquis une expérience précieuse en investissement en capitaux propres, qu'ils ont pu ensuite transférer aux dotations universitaires pour lesquelles ils servent de syndics. Par conséquent, il n'est pas rare que le niveau des syndics des institutions fasse pression pour une participation accrue aux autres types d'actifs (notamment les capitaux propres) par crainte de manquer des débouchés attrayants de rendements sur le capital investi.
En comparaison, le marché canadien souffre d'un manque relatif de « fibre de connexion » pour assurer une vitesse optimale des connaissances sur les capitaux propres en tant que catégorie d'actifs attrayante. Cela vaut particulièrement pour les niveaux de supervision et d'approbation institutionnels (p. ex., les conseils de syndics) qui exercent souvent une pression pour des rendements de portefeuille plus élevés, sans être au courant de la nécessité d'envisager des catégories d'actifs de rechange pour atteindre de tels rendements.
Séminaires d'engagement pour les investisseurs institutionnels
Afin d'accélérer la vitesse de transmission des connaissances sur les capitaux propres, les investisseurs institutionnels doivent avoir un plus grand accès aux institutions ayant les mêmes intérêts qui ont réussi dans cette catégorie. Une possibilité est de tenir une série de séminaires et d'ateliers partout au Canada (p. ex., Toronto, Montréal, Ottawa, Calgary, Winnipeg) en vue d'engager les investisseurs institutionnels cibles à potentiel élevé. L'ILPA a montré un intérêt à aider au parrainage et à la tenue de ces séminaires. D'autres associations représentant les intérêts des investisseurs institutionnels – tels que l'ACGFR, l'ACPAU ou la FCM – pourraient aussi être intéressées à appuyer les séminaires.
Ces événements serviraient de tribune pour engager les investisseurs dans un contexte constructif et éducationnel, en permettant aux institutions canadiennes de se réseauter et de tirer des leçons des institutions américaines de taille et de portée similaires qui ont obtenu un succès dans le domaine des capitaux propres. L'ILPA est une association dont les membres comprennent les investisseurs canadiens, américains et internationaux actifs dans les capitaux propres. Elle servirait donc de plateforme neutre pour attirer les intervenants qui – pour une raison quelconque – hésitent à participer.
Il serait important d'assurer que ces séminaires soient différents des autres récents événements de table ronde destinés aux investisseurs institutionnels canadiens qui n'investissent pas actuellement dans les capitaux propres (comme l'événement Rotman/ICPM). Lors d'un bon nombre de ces événements précédents, les petits investisseurs institutionnels pour qui l'échelle et les coûts étaient un problème avaient l'impression que les grands investisseurs en capitaux propres n'avaient pas les mêmes défis. De plus, dans les cas où ces événements sont commandités et organisés, directement ou indirectement, par l'ACCR, les investisseurs institutionnels potentiels peuvent les considérer comme ayant un intérêt de « marketing » trop marqué.
Les séminaires proposés devraient être structurés de manière à encourager l'engagement des investisseurs canadiens dans un dialogue entre pairs sur les avantages de la catégorie d'actifs des capitaux propres. Idéalement, les conférenciers américains représenteraient une combinaison de régimes de retraite et de fondations privés et publics. Ces séminaires serviraient de tribune où les associés commanditaires potentiels pourraient rencontrer les associés commanditaires actifs dans le domaine des capitaux propres qui sont de taille et de nature similaires - des associés commanditaires qui ont fait face aux mêmes enjeux et qui ont surmonté les mêmes défis avec succès; des associés commanditaires qui se sont familiarisés et qui sont maintenant à l'aise avec la catégorie d'actifs des capitaux propres. La promotion de l'ILPA et/ou d'autres associations similaires serait un autre facteur sécurisant pour les institutions canadiennes, car l'orientation et le point de mire de ces associations sont alignés plus étroitement avec leurs intérêts et leurs préoccupations.
Chaque séminaire se présenterait sous forme d'un petit déjeuner ou d'un déjeuner en table ronde. La participation se ferait sur invitation seulement, avec un maximum de 20 participants par séance. Chaque séance serait animée par un professionnel industriel reconnu ayant une bonne réputation auprès des participants.
La séance devrait porter sur deux grands thèmes : (i) les possibilités et les défis sur le marché canadien des capitaux propres; et (ii) les pratiques exemplaires et les leçons tirées par les investisseurs institutionnels en capitaux propres. L'annexe 4 présente un ordre du jour générique provisoire d'une telle séance.
Il est prévu que chacune de ces séances coûte, au plus, 5 000 $, selon l'endroit et les autres facteurs de logistique.
Principales priorités et mesures :
3. Évaluer la faisabilité des mécanismes de facilitation pour améliorer la participation des investisseurs institutionnels aux capitaux propres
Il existe un intérêt considérable et croissant envers un nouveau concept qui pourrait s'avérer utile pour favoriser l'engagement des investisseurs institutionnels dans la catégorie d'actifs des capitaux propres. Le concept est ce qu'on appelle une « entité de mise en commun » qui pourrait être axée sur les besoins des nouveaux investisseurs institutionnels dans le domaine des capitaux propres – et surtout ceux qui sont de petite taille.
Le facteur de motivation de base pour ce concept est le fait que de nombreux petits investisseurs institutionnels s'intéressent à l'idée des capitaux propres, mais ne disposent pas de la capacité interne – sur le plan de l'expertise technique, des ressources financières et de la tolérance aux risques – pour poursuivre la catégorie d'actifs d'une manière efficace. Une entité de mise en commun peut s'avérer une façon d'aider les institutions à traiter et à surmonter ces obstacles à l'entrée.
Il faut noter qu'il y a au moins deux segments de « petits » investisseurs institutionnels pour lesquels le concept de mise en commun pourrait avoir un intérêt. Un des deux groupes est constitué des institutions de taille moyenne ayant des actifs entre 5 et 10 milliards de dollars. Ces institutions sont généralement assez grandes et sophistiquées pour faire leur propre investissement direct dans les fonds de capitaux propres (au lieu d'utiliser une approche de fonds de fonds), mais elles pourraient quand même bénéficier d'une association officielle avec d'autres institutions afin de partager l'information et de répartir les coûts et les risques liés à la gestion des activités d'investissement en capitaux propres.
Un autre groupe est constitué des très petites institutions, ayant des actifs de moins de 1 milliard de dollars. En raison de leur taille, elles ne disposent souvent pas de la capacité de ressources internes pour gérer et surveiller les activités d'investissement en capitaux propres. Bien qu'une approche de fonds de fonds puisse s'avérer une option, l'approche de mise en commun serait plus attrayante à cause de sa capacité de représenter plus efficacement les intérêts d'un groupe de petits associés commanditaires et de « mutualiser » les coûts et les risques entre eux.
Sur le plan structurel, une « mise en commun » est une collection de fonds d'investisseurs institutionnels qui est gérée par un tiers (comme un gardien). Le gestionnaire tiers identifie les participants et les aide à accéder aux possibilités d'investissement d'un fonds de capitaux propres (ou, de façon plus probable, un fonds de fonds). Essentiellement, le gestionnaire de l'entité de mise en commun peut être considéré comme un « gardien multilatéral », car il offre bon nombre des mêmes services qu'un gardien d'un seul client; sous le scénario de la mise en commun, toutefois, il fournirait ces services à un certain nombre d'institutions en même temps. Selon les besoins des institutions, les approches possibles de mise en commun peuvent varier, allant des modèles de type virtuel axés sur le partage de l'information et les pratiques exemplaires, jusqu'aux fonds d'investissement réels mis en commun avec un gestionnaire de fonds officiellement engagé.
Le diagramme ci-dessous illustre de façon conceptuelle les avantages potentiels d'une approche de mise en commun pour les investisseurs. Dans des circonstances normales (c.-à-d., sans mise en commun), les investisseurs sollicitent individuellement des canaux d'investissement, parfois directement avec les gestionnaires de fonds, mais souvent en engageant des intermédiaires du marché tels que des gardiens ou des fonds de fonds. À moins que l'institution n'ait une très grande allocation d'actifs en capitaux propres, elle n'occupe pas une position d'influence ou de contrôle; cela relève principalement des intermédiaires du marché. De plus, il existe seulement une capacité et des possibilités limitées pour le partage de l'information entre les investisseurs.
Selon le scénario de mise en commun, les investisseurs peuvent exercer une influence et un contrôle accrus sur leurs activités d'investissement, car la masse critique des fonds d'investissement est transférée des intermédiaires et des mécanismes traditionnels du marché au bassin d'investisseurs. Comme les investeurs collaborent à la structure de mise en commun, il y a une plus grande possibilité de partage de l'information et de diffusion des renseignements sur le marché.
Flux d'investissement – Sans mise encommun
Flux d'investissement – Avec mise en commun
Pour les investisseurs institutionnels, voici quelques avantages potentiels de la structure de mise en commun : (i) une plus grande capacité de partager l'information, l'expertise et les pratiques exemplaires entre les différents investisseurs institutionnels, qu'ils soient petits ou grands; (ii) une réduction des obstacles à l'entrée sur le marché des capitaux propres, surtout pour les petites institutions, car les frais, les coûts et les risques seraient répartis entre un certain nombre de participants à la mise en commun; et (iii) comme résultat, une amélioration des économies d'échelle opérationnelles pour les investisseurs en capitaux propres. Pour les intermédiaires du marché existants (comme les gardiens et les gestionnaires de fonds de fonds) qui seraient intéressés à aider à la gestion des structures de fonds mis en commun, le concept présente le potentiel d'augmenter leurs modèles d'affaires en mettant de nouveaux capitaux d'investissement et de nouvelles institutions à leur disposition.
Il faut noter que le concept de la mise en commun n'est pas nouveau. Il a été utilisé aux États-Unis pour aider à introduire et à augmenter la participation des dotations universitaires au marché des capitaux propres (le Commun Fund, voir l'encadré ci-dessus). Il existe aussi des modèles canadiens qui ont été utilisés dans les catégories d'actifs de rechange autres que les capitaux propres, comme l'immobilier.
Dans le cadre des discussions avec les divers investisseurs institutionnels, il semble se dégager un intérêt à convoquer un groupe de travail pour identifier un ou plusieurs « champions » institutionnels pour l'initiative de mise en commun. Certains candidats éventuels ont été identifiés.
Principales priorités et mesures :
Voici un tableau des échéances et des responsabilités proposées pour exécuter les diverses priorités et mesures clés qui sont associées à chaque objectif stratégique.
1. Veiller à ce que les outils et les canaux d'engagement ne soient pas biaisés et à ce qu'ils soient équilibrés
Au moment d'envisager une participation à la catégorie d'actifs des capitaux propres, les investisseurs institutionnels – tant au niveau opérationnel qu'au niveau de supervision et d'approbation – ont besoin d'information, de conseils et d'encadrement. Inévitablement, les investisseurs institutionnels font l'objet de nombreuses approches de la part des gestionnaires de fonds, des fonds de fonds et des gardiens à la recherche de leur intérêt à l'égard des investissements. L'ACCR s'engage également dans diverses activités de sensibilisation, soit directement ou indirectement (p. ex., la séance Rotman vers la fin de 2005). Bien que ces sources offrent des conseils et des idées utiles aux investisseurs institutionnels, les institutions considèrent inévitablement que bon nombre d'entre elles ont leur propre programme et qu'elles interprètent les faits et les données à leur propre manière.
Par conséquent, les investisseurs institutionnels cherchent souvent à augmenter cette information et ces conseils par l'entremise d'autres sources qui sont considérées comme plus objectives et crédibles. Les réponses au sondage et les commentaires reçus dans le programme d'appel ont fourni un message clair et cohérent : les investisseurs institutionnels qui sont intéressés à participer éventuellement à la catégorie d'actifs des capitaux propres souhaitent obtenir des faits et des données objectifs à partir de sources fiables. Fait peut-être le plus intéressant, ce sont les canaux d'information et d'engagement qu'ils privilégient. En grande partie, les institutions ne favorisent pas l'obtention de ces renseignements ou conseils par le truchement de réunions individualisées. Elles préfèrent plutôt participer à des séminaires et à des tables rondes, ou recevoir de l'information sur papier. De plus, le type d'information est à noter : la plupart des institutions indiquent une forte préférence pour l'obtention d'études de cas qui soulignent des modèles de réussite et des leçons tirées d'institutions ayant les mêmes intérêts, particulièrement au chapitre de la valeur de l'actif. Les événements en groupe et les documents imprimés qui offrent ces renseignements seraient donc bien accueillis. Dans la même veine, les petites institutions ne voient pas l'utilité d'entendre les points de vue d'investisseurs institutionnels plus grands et plus établis, car ils ne font pas face aux mêmes défis et contraintes.
2. Les stratégies doivent être adaptées aux différents segments d'investisseurs institutionnels
Durant la mise en oeuvre de la stratégie d'engagement, il est important de reconnaître que différentes institutions ont différentes préférences en matière d'engagement et différents besoins d'information. Un élément essentiel dans l'élaboration d'une stratégie d'engagement est le fait d'essayer d'organiser et de segmenter les divers besoins, préférences et autres facteurs liés à l'univers potentiel des institutions ciblées.
Cela implique probablement que la même série d'institutions soit segmentée de différentes façons afin de cerner les segments distincts qui doivent être abordés au moyen de différentes activités et approches. En outre, cela signifie peut-être qu'il faut initialement identifier un nombre limité de grands segments, puis d'en dégager les sous-segments.
Par exemple, il serait utile de diviser initialement le groupe des investisseurs institutionnels selon la valeur d'actifs totale, notamment : plus de 10 milliards de dollars, entre 5 et 10 milliards de dollars, entre 1 et 5 milliards de dollars et moins de 1 milliard de dollars. À l'intérieur de chacun de ces grands segments, les institutions pourraient être divisées selon plusieurs volets différents, tels que : (i) le niveau d'intérêt envers les capitaux propres en tant que catégorie d'actifs; (ii) l'état de préparation à établir une allocation d'investissement dans les capitaux propres; et/ou (iii) les formes d'engagement préférées. Pour les grands investisseurs institutionnels, il peut s'avérer intéressant de segmenter selon qu'il sagit du secteur privé ou public, puis de segmenter davantage le secteur public en volets fédéral, provincial, municipal et autre. Il pourrait aussi être important de séparer les régimes de pension publics/privés des dotations/universités si l'on juge que cette dernière catégorie a certains besoins ou possibilités uniques.
Par ailleurs, une grande partie des efforts déployés jusqu'à présent ont surtout visé à identifier des investisseurs institutionnels ayant une valeur d'actifs totale importante (c.-à-d., plus de 1 milliard de dollars) qui seraient intéressés à participer à la catégorie d'actifs des capitaux propres. Toutefois, les résultats du sondage en ligne - qui a été envoyé à environ 700 investisseurs institutionnels canadiens - indiquent que les institutions beaucoup plus petites, ayant un total d'actifs de moins de 1 milliard de dollars, manifestent un intérêt important envers la catégorie d'actifs des capitaux propres.
Dans bien des cas, ces institutions ont été abordées bilatéralement par divers acteurs du marché, notamment les gardiens, les conseillers et les gestionnaires de fonds de fonds. Toutefois, il n'y a guère d'engagement de ces institutions par des intermédiaires « impartiaux ». Par conséquent, ces institutions doivent effectuer leur propre recherche et identifier leurs propres équivalents ayant des intérêts similaires.
En raison de leur petite taille, des ressources internes limitées et du manque relatif de sensibilisation au marché des capitaux propres, ces institutions pourraient être de bons candidats à considérer pour la participation à des initiatives de mise en commun ou d'autres initiatives concertées similaires. Certaines de ces entités sont déjà familières avec ces concepts dans l'ensemble et seraient intéressées à contribuer à des études de faisabilité dans ce domaine.
3. Les mécanismes de facilitation doivent être axés sur le marché et refléter les besoins élémentaires des investisseurs institutionnels
Au moment de considérer de nouveaux mécanismes de facilitation pour aider à accroître la participation des investisseurs institutionnels à la catégorie d'actifs des capitaux propres, il est important d'assurer que tout mécanisme proposé soit axé sur le marché et qu'il comble efficacement les principales lacunes du marché. De plus, le concept de lacune de marché et la façon de combler une lacune ne sont pas toujours évidents. Par exemple, il peut exister des lacunes simplement parce que la demande dépasse l'offre, ou encore l'offre peut exister mais à un coût que les investisseurs institutionnels canadiens ne sont pas disposés à payer.
Peu importe les approches poursuivies, elles doivent être conformes aux mécanismes et aux acteurs du marché existant. Dans le cas des capitaux propres, les intermédiaires existants du marché, comme les gardiens et les gestionnaires de fonds de fonds, ont des rôles essentiels à jouer dans la mobilisation du capital d'investissement et le travail avec les investisseurs institutionnels et les gestionnaires de fonds. Les nouveaux mécanismes de facilitation, s'ils sont introduits, doivent compléter ces entités et non être en concurrence avec celles-ci. Par conséquent, il est essentiel d'assurer une compréhension détaillée de ce que le marché existant est disposé à faire pour les petits investisseurs à la lumière de leurs besoins. Par exemple, un gestionnaire de fonds de fonds a indiqué qu'il serait en mesure d'accepter 20 investissements individuels de 5 millions de dollars chacun.
À ce titre, tout mécanisme proposé devrait être une réponse mesurée aux lacunes du marché, et positionné de façon à ne pas fausser les caractéristiques du marché, à ne pas entraver les mécanismes existants et à ne pas viser une partie du marché qui fonctionne bien actuellement et dans lequel les joueurs existants seraient autrement diposés à fonctionner. De plus, il serait dangereux de prendre immédiatement les « grands moyens » (p. ex., une importante nouvelle structure de mise en commun) sans d'abord considérer les autres approches plus différentielles, car elles peuvent imposer des conséquences négatives non voulues sur le marché existant.
4. Les gouvernements ont un rôle à jouer sans fausser le marché.
Il faut reconnaître que les gouvernements de tous les paliers au Canada (c.-à-d., fédéral, provincial ou territorial, municipal) ont un rôle dans ce dossier, et que tous ont des rôles potentiels à jouer pour faire avancer les initiatives. Les gouvernements peuvent remplir de nombreuses fonctions, comme celles de servir d'intermédiaires honnêtes de renseignements sur le marché, d'entamer ou de renforcer les relations entre les différents groupes d'intervenants, de fournir une présence locale et un soutien et d'assumer certains coûts et risques.
Par exemple, les gouvernements pourraient potentiellement jouer un rôle (tant au niveau fédéral que provincial) en appuyant l'élaboration du concept de mise en commun. Ils seraient aussi un bon candidat pour animer une certaine forme de « portail » d'information pour les données et les personnes-ressources du marché des capitaux propres, si un tel forum d'information est jugé souhaitable.
Au moment de considérer les rôles qu'il est disposé à jouer, le gouvernement doit s'assurer qu'il ne fausse pas les caractéristiques ou les mécanismes du marché existant. Ainsi, selon la perception générale, le concept de mise en commun peut recevoir un soutien de gouvernement à condition que celui-ci s'assure que l'activité résultante des investissements institutionnels demeure au Canada. Par conséquent, si le gouvernement est impliqué, il devrait s'efforcer de jouer une fonction de facilitation ou de catalyseur, avec une implication limitée, s'il y a lieu, dans toute décision ou influence sur les aspects opérationnels réels.
L'équipe de projet a cerné huit investisseurs institutionnels qui prennent des mesures préliminaires pour entrer dans la catégorie d'actifs des capitaux propres. Ces institutions ont été identifiées dans le cadre des diverses activités d'engagement menées tout au long du projet, y compris le programme d'appel, le sondage en ligne et les discussions individualisées de suivi. Plusieurs de ces institutions sont incluses dans la liste cible initiale des 70 investisseurs institutionnels. Leur valeur d'actifs totale varie d'environ 100 millions de dollars à plus de 10 milliards de dollars; de plus, ces institutions varient au niveau de leur état de préparation à l'entrée dans la catégorie d'actifs des capitaux propres.
En plus des huits investisseurs institutionnels identifiés, plusieurs autres institutions ayant répondu au sondage en ligne se disent « très intéressés » à obtenir de plus amples renseignements sur la catégorie d'actifs des capitaux propres. Comme il n'était pas possible, durant la période du projet, de corroborer cette rétroaction grâce à des discussions directes avec ces institutions, celles-ci ne sont pas incluses dans la liste des huit. Toutefois, il est justifié de faire un suivi direct auprès d'elles pour mieux comprendre leur intérêt et perspectives futures en matière de capitaux propres.
Dans le cadre de ce projet, l'équipe a établi des relations de travail avec plusieurs groupes et associations pertinents. Les pages qui suivent présentent un aperçu de ces activités et des pistes à explorer.
Institutional Limited Partners Association
Basée à Toronto, l'Institutional Limited Partners Association (ILPA), est une organisation sant but lucratif qui dessert les investisseurs associés commanditaires des capitaux propres en offrant une tribune de communication et d'éducation et en assurant la promotion des recherches et des normes en matière de capitaux propres. Initiatialement fondée en tant que groupe de réseautage informel, l'ILPA est une association bénévole fondée par ses membres.
Elle comprend plus de 155 membres en provenance de dix pays, dont une représentation de l'Amérique du Nord, du Royaume-Uni, de l'Europe, de l'Asie et du Moyen-Orient. Parmi les membres, on compte des régimes de retraite privés et publics, des dotations et des fondations, des compagnies d'assurances et d'autres investisseurs institutionnels dans les capitaux propres. Ces membres ont un total d'actifs gérés de plus de 5 billions de dollars américains, dont plus de 500 millions en investissements dans les capitaux propres.
L'ILPA se décrit comme la seule organisation mondiale dédiée aux intérêts des associés commanditaires institutionnels qui participent activement aux capitaux propres. Elle emploie un forum strictement réservé aux associés commanditaires pour l'échange privé d'information, le réseautage et l'établissement de relations. Cette approche est particulièrement pertinente dans le contexte de ce projet, car de nombreux investisseurs projet institutionnels canadiens jugent qu'il n'existe pas assez de sources d'information crédibles et impartiales sur le marché des capitaux propres et les possibilités d'investissement dans cette catégorie.
L'ILPA considère qu'il serait très utile d'aider à accroître la sensibilisation et les niveaux de participation des investisseurs institutionnels canadiens qui n'investissent pas actuellement dans la catégorie d'actifs des capitaux propres. À ce titre, elle a fourni de l'aide à l'équipe de projet en identifiant les investisseurs institutionnels américains pour les profils d'étude de cas et elle a contribué aux discussions sur les barrières informationnelles et autres qui empêchent une participation accrue des investisseurs institutionnels canadiens.
De plus, comme on le verra plus loin, l'ILPA a exprimé un intérêt à appuyer des séminaires ou des forums similaires conçus pour engager des investisseurs institutionnels cibles à potentiel élevé au Canada. Cela pourrait se présenter sous forme d'un événement sous l'égide de l'ILPA, qui aiderait aussi à identifier les participants et les modérateurs de l'événement. Le soutien de l'ILPA à l'égard de ces séminaires pourrait être un facteur essentiel à la réussite pour rendre les investisseurs institutionnels canadiens plus à l'aise avec la catégorie d'actifs des capitaux propres, en raison de la concordance claire entre les intérêts de l'association et ceux des associés commanditaires du marché.
Fédération canadienne des municipalités
D'après les commentaires du sondage en ligne et du programme d'appel, les municipalités semblent voulent en savoir plus sur les capitaux propres. À ce titre, l'équipe de projet a tenu une réunion initiale avec la Fédération canadienne des municipalités (FCM), basée à Ottawa, afin de déterminer la portée du travail avec la FCM en vue de fournir de l'information ou de tenir des séminaires pour ses membres et, en particulier, pour les municipalités qui ont exprimé un intérêt à l'égard des capitaux propres dans le cadre du sondage en ligne ou du programme d'appel.
La FCM compte plus de 1 400 membres et représente les intérêts des municipalités canadiennes sur les questions liées aux politiques et aux programmes qui relèvent du gouvernement fédéral. Parmi les membres figurent des grandes villes du Canada, des petites collectivités urbaines et rurales et 18 associations municipales provinciales et territoriales.
À l'heure actuelle, la FCM n'a aucune activité dans le domaine de sensibilisation ni de grandes leçons tirées dans le domaine des investissements dans les régimes de retraite municipaux. Toutefois, elle est prête à discuter des possibilités de mieux comprendre les besoins d'information et les besoins d'accès de ses électeurs dans ce domaine. Elle a demandé à recevoir plus d'information sur la répartition des activités de ses collectivités membres dans ce domaines, comme la valeur totale des actifs, la répartition provinciale, et ainsi de suite.
La FCM aimerait également mieux comprendre les activités d'investissement des régimes de retraite menées par les municipalités et coordonnées à une grande échelle (p. ex., à l'échelle provinciale). Par exemple, la ville de Hamilton gère certains investissements de retraite pour les employés municipaux avant la création d'OMERS, alors que l'OMERS gère toutes les autres pensions des employés d'Hamilton (ainsi que pour les autres municipalités en Ontario).
Il se peut que la FCM soit surtout efficace pour ce qui est de fournir un soutien et une sensibilisation à un nombre limité de grandes collectivités qui comptent une valeur d'actifs totale élevée mais qui ne participent pas actuellement à la catégorie d'actifs des capitaux propres.
Groupe de travail fédéral-provincial-territorial sur le capital de risque
L'équipe de projet a participé à plusieurs téléconférences du Groupe de travail fédéral-provincial-territorial (FPT) sur le capital de risque (présidé par IC). Cette activité visait à garder les agents gouvernementaux à l'affût des activités du projet et des principales constatations, ainsi qu'à solliciter des commentaires et de l'aide dans les principaux domaines du projet.
Par exemple, les membres FPT ont pris l'engagement de distribuer le sondage en ligne aux personnes-ressources provinciales qui n'étaient pas incluses dans la liste cible initiale. De plus, les membres FPT ont obtenu un compte rendu sur le potentiel d'un concept de mise en commun, y compris les structures et les modèles possibles, les considérations en matière de coûts et les différences entre l'approche de mise en commun et les intermédiaires existants du marché comme les gardiens et les fonds de fonds. L'équipe de projet a obtenu l'opinion et l'apport préliminaire des membres FPT sur ces questions.
L'équipe de projet a élaboré des études de cas concernant trois investisseurs institutionnels américains qui participent aux capitaux propres. Il s'agit des institutions suivantes :
Nous avons également inclus une étude de cas supplémentaire sur un régime canadien sans but lucratif qui est actif depuis plusieurs années.
Principaux thèmes et constatations
En ce qui concerne la décision initiale d'entrer dans la catégorie d'actifs des capitaux propres, les facteurs particuliers varient mais plusieurs thèmes constants se dégagent. Dans la plupart des cas, le conseil, le comité d'investissement ou la haute direction étaient animés par un désir de diversifier le portefeuille d'investissements tout en améliorant les rendements. De plus, il y avait souvent un ou plusieurs individus avantgardistes qui étaient sensibilisés aux autres catégories d'actifs –non seulement les capitaux propres, mais aussi les fonds spéculatifs, l'immobilier, les marchandises – et qui étaient disposés à s'engager dans un nouveau domaine d'investissement. Une institution a noté que sa décision de s'engager dans les capitaux propres était attribuable au fait que son comité d'investissement se rendait de plus en plus compte que sa combinaison traditionnelle d'actifs n'était plus à la hauteur et que l'investissement dans les capitaux propres (et dans les autres catégories d'actifs) était nécessaire pour garder le même rythme que les tendances de l'industrie.
Il y avait aussi une sensibilisation aux caractéristiques de l'investissement et du rendement de la catégorie d'actifs; par exemple, la nature de courbe en J des rendements des capitaux propres était comprise et prévue. Il a été noté que, du moins dans les régimes publics, même les plus petites institutions avaient généralement des allocations dans les capitaux propres.
De nombreuses institutions travaillent avec des consultants et des conseillers afin de minimiser la quantité de ressources internes requises pour maintenir les relations de gestionnaires de fonds, choisir les meilleurs gestionnaires de fonds, répartir le capital entre les différents types d'investissement de capitaux propres (c.-à-d., capital de risque, acquisition, etc.) et les secteurs industriels. De façon générale, ces consultants et conseillers recommandent d'investir dans un ou plusieurs fonds de fonds. Pour les régimes publics, un avantage potentiel de l'approche des fonds de fonds est d'aider à atténuer la tendance chez certains associés commandités, qui consiste à favoriser les investisseurs institutionnels du secteur privé par rapport aux investisseurs du secteur public en raison des préoccupations liées à l'examen plus rigoureux du public de la conformité des investisseurs publics aux lois (p. ex., « Freedom of Information Act », « Sudan Divestment Act », etc.).
Toutefois, certains investisseurs institutionnels ont également élaboré des mécanismes qui leur permettent d'investir, conjointement à un fonds de fonds, directement dans un fonds tiers (désigné comme une « relation de compte distinct »). Un avantage important de cette approche est de garder les frais de gestion à un niveau peu élevé par rapport aux frais des fonds de fonds.
Les investisseurs institutionnels prennent soin d'équilibrer les objectifs d'allocation en capitaux propres en fonction de la qualité des possibilités d'investissement et de partenariat disponibles. Une institution a noté que son comité des syndics a visé une allocation cible de 7 % du total d'actifs, mais la « zone de confort » actuelle de la direction se trouve entre 4 % et 5 % seulement.
Parmi les régimes publics interrogés, les niveaux de dotation variaient de trois professionnels d'investissement à temps plein pour les petits investisseurs (c.-à-d., un portefeuille d'actifs d'environ 800 millions de dollars américains) à sept professionnels à temps plein pour les investisseurs de plus grande taille (c.-à-d., un portefeuille d'actifs d'environ 14 milliards de dollars américains). L'institution de moyenne taille (portefeuille d'actifs d'environ 1,7 milliard de dollars américains) employait six professionnels à temps plein. Un des interviewés a noté que les régimes privés aux États-Unis souffrent souvent d'une dotation en personnel insuffisante : un régime ayant un portefeuille d'actifs de 9 milliards de dollars américains n'employait que trois professionnels d'investissement à temps plein, avec une seule personne dédiée aux investissements en capitaux propres.
De nombreux fonds utilisent des consultants et des conseillers externes pour diverses fonctions. Dans certains cas, ces parties aident à surveiller les activités d'investissement de l'institution et à identifier les nouveaux gestionnaires de fonds potentiels. Une institution a noté que dès qu'un investisseur devient à l'aise avec un associé commandité et son rendement, il peut alors simplement considérer d'investir dans les fonds auxiliaires offerts par le même associé commandité; dans pareil cas, il est moins nécessaire d'avoir recours à des consultants externes. Ou encore, l'institution peut chercher à solliciter d'autres associés commandités ayant un rendement de haut niveau, mais l'accès à ces fonds peut s'avérer difficile, surtout pour les petites institutions.
Une leçon importante dans le choix des nouvelles possibilités d'investissement (particulièrement au moment de considérer un nouveau fonds de fonds) est d'essayer de minimiser le potentiel de chevauchement dans les domaines cibles de divers fonds sous-jacents afin d'optimiser la diversification globale et la gamme des activités d'investissement. Une institution a noté que dans une même famille de fonds offerts par un associé commandité américain, il y avait un chevauchement d'environ 40 % de certains fonds.
Un service assez récent, mais de plus en plus populaire, fourni par certains conseillers est la capacité d'aider les associés commanditaires à vendre les investissements de fonds existants sur le marché secondaire, créant ainsi une stratégie de sortie rapide pour les associés commanditaires. Cette méthode peut s'avérer une tactique utile dans la gestion des activités d'investissement qui se recoupent.
En règle générale, les institutions mesurent la réussite de leur portefeuille des capitaux propres par rapport à des points de repère du marché boursier (S&P Index, Wiltshire 5000 Index, etc.) dans une certaine fourchette, souvent de l'ordre de 500 points de base. Certains investisseurs font une analyse comparative par rapport à l'analyse des rendements d'une année de référence. Un investisseur a mentionné qu'il utilisait un indice composé exclusif des capitaux propres, fourni par sa banque dépositaire.
Bon nombre de ces investisseurs sont engagés dans des associations industrielles d'associés commandités aux niveaux d'État, national et international. Ils considèrent que ces associations sont utiles pour partager des renseignements et des pratiques exemplaires, ainsi que pour établir des réseaux de contacts avec les investisseurs et les gestionnaires de fonds de toutes les tailles et de tous les types.
Résumé des principaux facteurs décisionnels
Les conclusions des études de cas laissent entendre que la décision pour les institutions américaines d'entrer dans la catégorie d'actifs des capitaux propres est le résultat d'une combinaison de facteurs qui sont généralement constants parmi les participants, notamment :