Des interviews ont été réalisées auprès d'entrepreneurs dont l'entreprise correspondait à la définition de gazelle à dimension internationale, c'est-à-dire auprès d'entrepreneurs dans des PME à forte croissance ou dans des divisions d'entreprises plus grandes répondant entre autres au critère suivant : PME ou divisions d'entreprises plus grandes dont les revenus sont réalisés et/ou dont les produits sont achetés dans une proportion d'au moins 50 % dans un ou plus d'un marché étranger.
Les entreprises ont été choisies à partir de listes sur Internet des entreprises qui progressent le plus rapidement de PROFITguide.com17 et de BC Business Magazine18. Les entreprises sont présentes entre autres dans les industries de la fabrication, des produits pharmaceutiques et de la technologie. Six entrepreneurs dont l'entreprise connaissait une forte croissance sur le marché mondial ont été interviewés.
Cinq des six entreprises dont l'entrepreneur a été interviewé sont maintenant cotées en bourse, ce qui signifie qu'elles appartiennent à un grand nombre d'actionnaires. L'autre appartient en propriété privée à un petit nombre de personnes.
Les entreprises ont en commun qu'elles ont été démarrées par une ou plus d'une personne qui avait déjà de l'expérience dans l'industrie et qui a vu une occasion à saisir à l'étranger dans un des créneaux de l'industrie.
Les principales raisons du démarrage de l'entreprise sont essentiellement les mêmes que pour les PME traditionnelles. Selon les responsables du programme d'études menant au University Certificate in New Business Enterprise by e-Learning19, voici les principales raisons pour démarrer une entreprise :
Grâce aux progrès réalisés ces dernières années dans les technologies des communications, les entreprises qui exercent leurs activités sur les marchés mondiaux peuvent plus facilement soutenir la concurrence des autres et survivre car les nouvelles technologies leur confèrent plus de souplesse et la capacité de réagir plus rapidement. L'approvisionnement à l'étranger est maintenant possible grâce à un vaste réseau mondial de fournisseurs disposés à faire des affaires, par exemple dans les domaines de la fabrication des produits ou de la fourniture de services professionnels d'experts. L'approvisionnement à l'étranger aide les entreprises à créer des chaînes de valeur plus rapides, plus souples et plus efficientes que jamais.
Ce nouveau cadre commercial incite les employés à quitter leur emploi, à démarrer une entreprise à dimension internationale, à profiter des occasions qui se présentent sur la scène internationale et à jouir du prestige d'être un entrepreneur (ce qui est beaucoup plus excitant que d'être seulement un employé).
Chez les gazelles, selon les personnes interviewées, les actionnaires fondateurs travaillaient déjà dans l'industrie et étaient d'âge moyen au moment de la création de l'entreprise.
En juin 2005, le Boston Consulting Group a publié une étude intitulée The New Agenda for Minority Business Development dans laquelle il concluait que si de nombreuses entreprises à participation minoritaire ne deviennent pas des entreprises à forte croissance, c'est essentiellement parce que leurs propriétaires comptent sur les prêts personnels et des prêts de leurs proches plutôt que de recourir à d'autres sources de capital comme les prêts bancaires et les marchés boursiers.
Chez les gazelles, les répondants ont indiqué que leur entreprise avait démarré il y a sept à treize ans et qu'elle avait maintenu une croissance élevée chaque année. Le taux de croissance variait au fil des ans – en général, les entreprises ont une croissance rapide au début jusqu'à ce qu'elles parviennent à maturité, puis la croissance ralentit (sauf lorsque de nouveaux produits, de nouveaux services ou des acquisitions s'ajoutent).
Les répondants ont indiqué que les revenus avaient augmenté de 354 à 1 206 % environ sur cinq ans – la croissance étant due aux acquisitions, à l'expansion de la ligne de produits et au développement de nouveaux marchés.
Les recherches ont montré que les ventes des entreprises qui ont progressé le plus rapidement au Canada ont augmenté en moyenne de 1 609 % sur cinq ans et que ces entreprises ont tiré 41 % de leurs revenus des ventes à l'étranger en 2004 (2 milliards de dollars), ce qui représente une augmentation de 25 % par rapport à 1999 (118 millions de dollars)20.
Chez les gazelles, les répondants ont indiqué que leur entreprise importait ou exportait des produits et/ou des services en provenance ou à destination de : Australie, Chine, Inde, Corée, Taïwan, France, Royaume-Uni, autres pays de l'Union européenne et États-Unis.
Le tableau ci-dessous indique que 72 des 100 entreprises les plus rentables au Canada exportent des biens et/ou des services – les exportations représentent 57 % des ventes totales de ces entreprises. Les trois principaux marchés d'exportation sont les États-Unis, le Royaume-Uni et l'Europe de l'Ouest.
| Nombre d'entreprises exportatrices dans le groupe de PROFIT | 72 |
| Exportations moyennes de ces entreprises en % de leurs ventes | 57% |
| Exportations totales en 2004 | 1 ,99 milliard $ |
| Nombre d'entreprises qui exportent vers : | |
| États-Unis | 68 |
| Royaume-Uni | 43 |
| Europe de l'Ouest | 43 |
| Mexique | 23 |
| Japon | 23 |
| Australie | 23 |
| Côte du Pacifique | 21 |
| Moyen-Orient | 18 |
| Afrique | 16 |
| Europe de l'Est | 16 |
| Chine | 15 |
| Amérique centrale | 16 |
| Amérique du Sud | 14 |
| Brésil | 13 |
| Inde | 12 |
| Russie | 10 |
| Asie centrale | 9 |
Profit 100 Overview: The Only Thing That Matters, Kim Shiftman, Profitguide.com, juin 2005
Chez les gazelles, les répondants ont indiqué qu'une organisation étrangère s'était associée à leur entreprise. Les organisations se trouvaient en France et au Royaume-Uni.
Les exemples de partenariats trouvés ailleurs dans la recherche montrent que :
Chez les gazelles, les répondants ont indiqué qu'ils avaient obtenu du capital de démarrage de sources différentes. Une gazelle avait financé son démarrage à partir d'une ligne de crédit personnelle, une autre, auprès d'investisseurs privés et une autre avait eu recours à une émission initiale d'actions.
Chez les gazelles, les répondants ont indiqué que les sources du financement courant étaient les établissements de crédit conventionnels, par exemple la Banque HSBC et la Banque Royale. Tous les répondants ont indiqué qu'ils n'avaient pas besoin de financement actuellement pour financer leur entreprise à forte croissance.
Selon des données se rapportant à 2000 qui proviennent du Royaume-Uni, les entreprises à forte croissance ont utilisé les types de financement institutionnels et individuels suivants :
Types de financement institutionnels, 2000
Types de financement individuels, 2000
Le tableau qui suit montre que le financement des entreprises à forte croissance au Canada a changé ces dernières années, étant passé du financement obtenu des banques commerciales conventionnelles en 2000 au financement en provenance des propriétaires des entreprises.
| Propriétaires | 82 |
| Banques à charte | 76 |
| Crédit-bail | 56 |
| Proches et amis | 34 |
| Marchés boursiers | 25 |
| BDC | 23 |
| Cartes de crédit | 21 |
| Investisseurs privés autres que providentiels | 20 |
| Investisseurs en capital de risque | 20 |
| Investisseurs providentiels | 15 |
| Banques étrangères | 12 |
| Employés | 9 |
| Fournisseurs | 9 |
| Autres institutions financières | 8 |
| Autres sources gouvernementales | 7 |
| Troc | 6 |
| Prêt reposant sur l'actif | 6 |
| Coopératives de crédit | 5 |
| Clients | 4 |
| Émissions d'obligations | 2 |
| Affacturage | 2 |
Profit 100 Overview: The Only Thing That Matters, Kim Shiftman, Profitguide.com, juin 2005
Chez les gazelles, les répondants ont indiqué qu'ils ont principalement eu besoin de fonds pour financer une expansion sur de nouveaux marchés ou le le développement de leurs produits.
Le tableau qui suit montre une analyse de l'investissement total en capital de risque au Canada (nombre de financements et montant total en dollars), selon le stade de développement, pour 2003, 2004 et 2005.
| Stade | 2005 Financements | Montant (millions $) | 2004 Financements | Montant (millions $) | 2003 Financements | Montant (millions $) |
|---|---|---|---|---|---|---|
| Démarrage | 319 | 901 | 339 | 919 | 376 | 851 |
| Expansion | 284 | 858 | 212 | 783 | 281 | 760 |
| Acquisition/rachat | 11 | 17 | 25 | 101 | 13 | 23 |
| Reprise | 8 | 15 | 22 | 18 | 20 | 18 |
| Autres | 17 | 38 | 9 | 14 | 15 | 22 |
Source : Association canadienne du capital de risque et d'investissement (ACCR), Venture Capital Investment Activity by Stage (http://www.cvca.ca/files/News/Table2.pdf, en anglais seulement)
Les répondants ont indiqué que leur entreprise aura besoin d'autres fonds pour développer de nouveaux marchés et financer de nouvelles technologies ou de nouveaux procédés et/ou des technologies ou des procédés existants.
La majorité des petites entreprises à forte croissance se considéraient comme des prospecteurs et non pas comme des défenseurs, des analyseurs ou des réacteurs22.
Selon Dent de la société Angio Tech Pharmaceuticals, l'entreprise prévoit maintenir la forte croissance des gains et des revenus par l'acquisition de produits et/ou de technologies complémentaires.
Winbald23 affirme que les investisseurs en capital de risque recherchent des entreprises (qui peuvent être d'une taille appréciable) qui ont un bon potentiel de croissance, une bonne feuille de route, des plans et de l'ingéniosité.
Les plus gros problèmes indiqués par les répondants chez les gazelles sont :
Ces réponses cadrent avec les commentaires formulés par les experts de l'industrie – pour qui les plus gros problèmes des entreprises à diminuer internationale et à forte croissance sont l'accès au financement, la gestion des ressources humaines et des devises étrangères et le développement de nouveaux produits et/ou de nouveaux services.
Ramsdale24 indique que le plus gros défi consiste à consacrer du temps au marketing sans se laisser distraire par les activités quotidiennes qu'exige l'exploitation d'une entreprise. Plus de temps devrait être consacré à l'élaboration de nouvelles stratégies et au développement de nouvelles méthodes de marketing.
Selon Charbonneau, la recherche a indiqué que les principaux obstacles à l'internationalisation au Canada (internationalisation étant définie comme l'ensemble des contraintes qui entravent la capacité des entreprises de lancer, de développer ou de soutenir des activités commerciales à l'étranger) sont :
Chez les gazelles, les répondants ont indiqué qu'ils pourraient croître davantage et être encore plus rentables s'ils avaient accès à plus de capital pour financer la croissance des ventes et s'ils formaient des partenariats pour pouvoir développer de nouvelles technologies.
Selon Dent, seuls de nouveaux progrès technologiques permettraient de croître encore plus. Les partenariats stratégiques formés avec des entreprises comme Boston Scientific, Baxter et Polymed aux premiers stades de développement des entreprises ont largement contribué à leur forte croissance.
Chez les gazelles, un seul répondant (Perry) était en mesure de dire si le gouvernement canadien ou les entreprises canadiennes étaient plus conviviaux ou moins conviviaux que le gouvernement et les entreprises dans les autres pays.
Les autres pays louent, encouragent et vantent l'entrepreneur plus qu'au Canada. Perry indique que le Canada ne loue pas l'entrepreneur autant que dans d'autres pays, comme en Asie et aux États-Unis où il est considéré comme une célébrité. Le Canada doit changer le système d'éducation pour encourager dès le secondaire les gens à démarrer une nouvelle entreprise.
Chez les gazelles, les répondants ne connaissent pas les politiques et les incitations gouvernementales actuelles ou éventuelles qui avantageraient ou désavantageraient leur entreprise par rapport aux autres.