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Faire croître les entreprises de demain : Les investissements en capital de risque dans les entreprises en début de croissance au Canada – obstacles et perspectives

II. Tendances des investissements en capital de risque dans les entreprises en début de croissance au Canada, 1996-2004

II.1 Survol de l'analyse statistique

La présente section donne un aperçu des principaux éléments de la section II.2, Analyse des statistiques du capital de risque.

Dans l'industrie canadienne du CR, les investissements en début de croissance ont connu une augmentation exceptionnelle pendant la seconde moitié des années 1990. Durant cette période, les investissements effectués au prédémarrage, au démarrage et aux autres étapes préliminaires ont enregistré une forte progression au chapitre du nombre d'entreprises financées et du capital investi, et ont même surpassé les tendances générales du marché.

Si les investissements en début de croissance ont commencé à diminuer avec le ralentissement du marché au Canada, à partir de 2001, leur part du total des investissements en CR est sensiblement la même qu'avant 2000, à tout le moins à l'échelle nationale. En 2004, les investissements en début de croissance ont enregistré leur première augmentation annuelle en chiffres absolus en trois ans au pays.

Voici d'autres éléments clés qui ressortent de l'analyse des données de la période 1996-2004 de Macdonald & Associates.

  • En Ontario, les investissements en début de croissance ont généralement suivi la tendance nationale depuis 1996, bien qu'ils aient été encore plus importants durant les années d'expansion.
  • Les transactions de prédémarrage et de démarrage ont enregistré une croissance très solide au Canada à la fin des années 1990. Le CR affecté à ces transactions a atteint un niveau sans précédent, en partie du fait que le montant des financements était de plus en plus élevé.
  • Avant 2000, les investissements en début de croissance représentaient environ le tiers des mises de fonds effectuées annuellement dans l'industrie canadienne du CR. À partir de 2000, cette proportion est passée à près de la moitié.
  • Avant 1999, les transactions de prédémarrage mobilisaient à peine plus de 1 p. 100 des montants investis chaque année dans l'industrie du CR au Canada; cependant, ce pourcentage a été supérieur à 2 p. 100 au cours des années subséquentes. De même, durant les dernières années du dernier siècle, les démarrages ont obtenu un peu plus de 10 p. 100 des fonds de l'industrie, mais leur part a, en moyenne, avoisiné les 18 p. 100 depuis.
  • Encore une fois, l'Ontario a suivi la tendance canadienne relative aux investissements en début de croissance, entre autres de prédémarrage et de démarrage, quoique la part du total des investissements en CR correspondant à chaque catégorie ait diminué ces dernières années.
  • La tendance relative aux entreprises en début de croissance a généralement été façonnée par les investissements nationaux dans les secteurs de la technologie, et tout particulièrement dans les télécommunications et les autres technologies de l'information, ainsi que dans les sciences de la vie; les importantes transactions de financement d'entreprises ont un impact sur les flux de mise de fonds durant les années de pointe.
  • En raison de la relation existant entre les grappes d'innovation sectorielles et les entreprises naissantes, le gros des investissements en début de croissance a été effectué en Colombie-Britannique, en Ontario et au Québec, de même que dans les grands centres urbains du pays tels que Vancouver, le grand Toronto, Ottawa et Montréal.
  • En raison des investissements capitalistiques en début de croissance effectués dans les secteurs des technologies de l'information, la part du total national correspondant à l'Ontario a été supérieure à la moyenne pendant les années d'expansion.
  • Dans l'industrie canadienne, les SCRT/fonds de détail et les fonds privés indépendants ont généralement été les participants qui ont le plus investi en début de croissance durant les cycles du marché en 1996-2004. Les fonds gouvernementaux ont également joué un rôle prépondérant, tout particulièrement depuis le repli du marché amorcé en 2001.
  • Les fonds privés indépendants ont été indissociables de la croissance des investissements de prédémarrage jusqu'en 2000 et ont continué à exercer une influence déterminante sur les tendances, alors que les SCRT/fonds de détail et les fonds gouvernementaux ont constamment augmenté leur part du total des investissements, surtout après 2001.
  • Les fonds américains de CR et les autres investisseurs étrangers en CR ont injecté des ressources considérables dans les consortiums d'investissement en début de croissance au Canada depuis 1999, qui représentaient entre le quart et le tiers du total des investissements annuels. Cependant, seulement 5 à 6 p. 100 des entreprises en début de croissance qui ont obtenu du CR en ont bénéficié.
  • Les investisseurs américains et étrangers en CR ont eu une influence particulièrement marquée sur les tendances relatives aux investissements en début de croissance en Ontario.
  • En général, le montant moyen investi par entreprise canadienne en début de croissance correspond à moins de la moitié de ce qui est injecté dans les entreprises américaines comparables.
  • La capitalisation des entreprises ontariennes en début de croissance a généralement excédé la moyenne nationale annuelle, mais était inférieure à celle enregistrée aux États-Unis.

II.2   Analyse des statistiques du capital de risque

Investissements en CR en début de croissance au Canada depuis 1996

Figure 2 : Montants investis et entreprises financées en début de croissance au CanadaD

Avant le milieu des années 1990, les investissements en CR effectués au Canada étaient principalement destinés aux entreprises en expansion ou parvenues à un stade avancé de développement. Un changement de cap s'est amorcé à la fin des années 1990, lorsque les professionnels de l'industrie ont commencé à s'intéresser davantage aux entreprises en prédémarrage et en démarrage et aux autres entreprises en début de croissance, et à leur octroyer un volume sans précédent de ressources.

À des fins d'illustrations, mentionnons que durant la période 1996-1999, les financements d'entreprises en début de croissance ont représenté environ le tiers des mises de fonds totales; toutefois, en 2000, cette proportion est passée à 44 p. 100.

Il est vrai que les investissements en capital de risque ont culminé en 2000 à l'échelle mondiale, y compris en Amérique du Nord. Au Canada, le capital investi et le nombre de transactions ont progressé de façon soutenue durant la seconde moitié des années 1990, mais ont atteint de nouveaux sommets lors du boom de 1999-2000. En effet, les investissements en CR ont plus que doublé pendant cette période, passant de 2,6 milliards à 5,8 milliards de dollars.

Dans ce contexte, il allait de soi que les investissements en début de croissance allaient augmenter au même rythme que le marché dans son ensemble. Cependant, ils ont enregistré une progression particulièrement robuste, supérieure aux tendances générales. Entre 1999 et 2000, les mises de fonds dans les entreprises en début de croissance ont presque triplé (passant de 912 millions à 2,6 milliards de dollars). Dans cette catégorie, les investissements de démarrage ont été multipliés par 3,8 (passant de 282 millions à 1,1 milliard de dollars).

Comment expliquer ce revirement spectaculaire dans les préférences du marché canadien du CR? Aux dires des gestionnaires professionnels que nous avons interviewés dans le cadre de la présente étude, plusieurs tendances convergentes ont joué un rôle à cet égard.

Premièrement, mentionnons l'augmentation du nombre de transactions au profit des nouvelles générations d'entreprises des secteurs des technologies de l'information, des sciences de la vie, etc. Lors du cycle d'expansion qui a culminé en 2000, la création d'une multitude d'entreprises – le produit de plusieurs années de R-D et de l'entrepreneurship du système d'innovation canadien – a coïncidé avec la croissance du CR disponible.

Deuxièmement, l'éventail de fonds de CR spécialisés dans les entreprises en début de croissance et de fonds équilibrés qui misent beaucoup sur ce segment s'est élargi au Canada. Bon nombre de ces fonds ont été créés durant les années qui ont précédé l'expansion (pour la plupart, entre 1995 et 2001 d'après les données de Macdonald & Associates).

Troisièmement, les membres de l'industrie canadienne ont trouvé de nouveaux partenaires bailleurs de fonds pour les consortiums d'investissement en début de croissance. Par exemple, l'essor fulgurant des technologies a amené les grandes sociétés d'investissement et les investisseurs institutionnels à injecter de l'argent frais dans le marché. Un autre élément, qui revêt sans doute une plus grande importance stratégique, doit être pris en compte à long terme : la poussée des investissements transfrontières, qui a été particulièrement évidente lorsque les fonds américains de CR ont constaté – ou découvert dans bien des cas – que le Canada offrait de bonnes possibilités.

Lors du ralentissement observé après 2000, les investissements dans les entreprises en début de croissance ont eu tendance à fléchir au même rythme que le marché dans son ensemble. Cette baisse a été moins évidente la première année du cycle baissier, lorsque les facteurs à l'origine d'un niveau d'activité historiquement élevé (suite à la création de fonds et à l'augmentation des mouvements transfrontières) étaient toujours présents. Quoi qu'il en soit, la baisse de régime annuelle a été constante jusqu'en 2004, année où l'augmentation des montants injectés dans les entreprises en démarrage a laissé entrevoir une stabilisation des tendances des investissements en CR en début de croissance.

Toutefois, pour une troisième année consécutive, les mobilisations de fonds ont diminué dans l'industrie canadienne du CR en 2004. Les nouveaux engagements de capitaux ont alors totalisé 1,7 milliard de dollars, en baisse de 15 p. 100 par rapport aux 2,0 milliards de 2003. Selon les professionnels de l'industrie, l'état actuel de l'offre est cruciale pour les fonds de prédémarrage et les autres fonds d'investissement en début de croissance qui cherchent à maintenir le même niveau d'activité en 2005 et au-delà (voir également à la section III.3, Les fonds d'investissement enCR en début de croissance manquent d'envergure et Trop peu de fonds de CR ciblent les entreprises en début de croissance).

Financement par CR des entreprises ontariennes en début de croissance depuis 1996

Figure 3 : Montants investis et entreprises en début de croissance, financées en OntarioD

Au chapitre des investissements en début de croissance, l'Ontario a généralement suivi la tendance nationale entre 1996 et 2004.

Jusqu'en 1999, les entreprises ontariennes en début de croissance ont obtenu entre le quart et le tiers des mises de fonds de l'industrie du CR. En 2000, les capitaux injectés dans les entreprises en prédémarrage ou en démarrage et dans les autres entreprises en début de croissance ont monté en flèche pour atteindre 1,5 milliard de dollars, soit un montant plus de trois fois supérieur à celui de l'année précédente (424 millions de dollars), et 44 p. 100 du montant global.

Les professionnels du CR interviewés ont indiqué que bon nombre des facteurs influençant la tendance nationale étaient également présents en Ontario – élargissement de l'éventail de fonds équilibrés et spécialisés qui investissent dans les entreprises en début de croissance, et augmentation des possibilités de transactions dans les secteurs d'innovation, surtout les technologies de l'information. Cependant, à compter de 2000, l'Ontario a reçu une plus grande part du total national des investissements en début de croissance, dans une large mesure du fait que la participation étrangère a été supérieure à la moyenne dans cette province (voir Concentration des investissements en début de croissance en C.-B., en Ontario et au Québec).

Si le financement par CR dans son ensemble a diminué sensiblement lors du repli du marché, l'industrie a, en termes relatifs, continué à s'intéresser surtout aux entreprises en début de croissance en Ontario. Toutefois, la croissance enregistrée à l'échelle provinciale en 2004 n'a pas trouvé d'écho dans le segment des investissements en début de croissance, comme ce fut le cas à l'échelle nationale.

Forte croissance des investissements dans les entreprises en prédémarrage et en démarrage avant le ralentissement

La figure 4 fait ressortir la trajectoire des transactions de prédémarrage et de démarrage au Canada vers la fin des années 1990 et lors du ralentissement subséquent.

Figure 4 : Montants investis et entreprises financées au prédémarrage et au démarrage au CanadaD

Selon les professionnels de l'industrie interviewés, le lancement de fonds spécialisés a généré un volume inégalé de mises de fonds et de transactions de prédémarrage durant la seconde moitié de la décennie. Mentionnons les Eastern and Western Technology Seed Investment Funds, qui sont gérés par Ventures West Management; les trois fonds québécois gérés par T2C2 Capital; des fonds tels que Foragen Technologies LP, Milestone Medica LP et Primaxis Technology Ventures, qui ont été créés dans le cadre d'une initiative sectorielle de RBC; les activités de Capital de risque BDC.

L'augmentation du financement de prédémarrage a été constatée pour la première fois en 1998, année où le nombre d'entreprises financées a doublé sur une base annuelle. Le CR investi a également doublé cette année-là, mais s'est accru encore plus en 1999 et a poursuivi sa croissance en 2000, lorsque les mises de fonds ont atteint 107 millions de dollars.

Les investissements de prédémarrage sans précédent s'expliquent principalement par la création d'entreprises de technologie de l'information ayant besoin d'un apport massif de capital, par exemple Inkra Networks de Burnaby, en Colombie-Britannique (26,5 millions de dollars américains en 2000). Au terme de telles transactions, le montant moyen accordé à chaque entreprise a franchi le cap du million de dollars en 1999, pour ensuite s'établir à 2,3 millions de dollars en 2001.

La croissance enregistrée par les investissements de démarrage avant 2000 est encore plus impressionnante. Elle s'explique également, aux dires des gestionnaires professionnels, par l'augmentation du nombre de fonds équilibrés et spécialisés de CR disposés à effectuer ces investissements.

Comme nous l'avons dit précédemment, les investissements de démarrage ont fortement contribué à la bonne vitalité du marché en 2000, et leur influence sur les tendances du CR au Canada en 2001-2002 ne s'est guère démentie. Encore une fois, l'accroissement du montant moyen investi par entreprise, qui a progressé de façon spectaculaire entre 1999 et 2000 – passant de 1,9 million à 5,0 millions de dollars –, a été déterminant. Comme dans le cas des entreprises en prédémarrage, l'augmentation des fonds injectés dans les entreprises en démarrage est principalement attribuable aux besoins colossaux des entreprises de technologie de l'information, tout particulièrement dans le secteur des télécommunications.

Malgré le ralentissement observé après 2000, les investissements de prédémarrage et de démarrage sont demeurés assez importants – à tout le moins selon les normes historiques – jusqu'en 2003. Le climat était alors moins favorable, car les membres de l'industrie sont devenus plus prudents et, dans certains cas, ont ciblé d'autres segments. Cependant, en 2004, le capital investi dans les entreprises en démarrage a augmenté pour la première fois en trois ans, pour atteindre 306 millions de dollars, et les investissements de prédémarrage ont également fait un bond de 40 millions de dollars.

Les tendances relatives à ces investissements en Ontario sont illustrées à la figure 16 de l'annexe C.

La part du total des investissements en CR qui correspond aux investissements en début de croissance est demeurée soutenue après 2000

La figure 5 fait état de la progression des investissements de l'industrie canadienne du CR dans les entreprises en début de croissance (prédémarrage, démarrage, etc.) durant les cycles haussier et baissier de 1996-2004, en pourcentage du financement total.

Figure 5 : Montants investis et entreprises financées selon le stade de développementD

Comme on l'a vu précédemment, le financement accordé aux entreprises en début de croissance a représenté environ le tiers du total des investissements annuels avant 2000 et 44 p. 100 cette année-là. Fait intéressant à souligner, lorsque le marché a commencé à se replier en 2001, cette part a tout de même atteint 61 p. 100. En 2002-2003, le repli s'est accentué; les ressources affectées aux entreprises en début de croissance ne sont pas revenues à leur niveau d'avant 2000 – à tout le moins par rapport aux autres segments du marché – mais ont continué à représenter près de la moitié des mises de fonds.

Par ailleurs, alors que les entreprises en prédémarrage ont obtenu à peine plus de 1 p. 100 de l'ensemble des investissements en CR avant 1999, leur part a atteint 2,8 p. 100 cette année-là et a eu tendance à se maintenir au-dessus de la barre des 2,0 p. 100 depuis. De même, entre 1996 et 1999, le financement de démarrage a représenté plus de 10 p. 100 du total, mais, en moyenne, a avoisiné les 18 p. 100 à partir de 2000.

En d'autres termes, depuis le début du cycle baissier, le CR investi en début de croissance a diminué en chiffres absolus, mais est dans une large mesure demeuré stable en termes relatifs.

Les gestionnaires professionnels interviewés ont soutenu que la stabilité de la part des investissements en début de croissance par rapport au financement total s'explique par l'influence constante des fonds équilibrés et spécialisés qui ciblent ce segment. Bien que ces fonds aient été confrontés à de graves difficultés ces dernières années, les professionnels du CR estiment qu'ils ont contribué à changer l'orientation du marché, éventuellement dans une optique à long terme.

Plusieurs professionnels de l'industrie croient également que les entreprises naissantes se sont accumulées à l'arrière dans les portefeuilles canadiens de CR en raison du ralentissement, les fonds ayant mis l'accent sur la survie des entreprises financées durant les années d'expansion.

Ontario : la part du financement total versé aux entreprises en début de croissance a récemment diminué

Figure 6 : Montants investis et entreprises financées en Ontario, selon le stade de développementD

Par rapport à l'industrie canadienne du CR dans son ensemble, le segment des investissements en début de croissance (prédémarrage, démarrage, etc.) en Ontario a réagi de façon quelque peu différente à l'évolution du marché au cours des dernières années.

Lorsque le cycle baissier s'est installé en 2001, les entreprises en début de croissance de la province ont continué à obtenir une bonne part – 67 p. 100, un sommet – du CR investi par l'industrie. De plus, durant les années subséquentes, ce pourcentage est demeuré relativement élevé par rapport à la période antérieure à 2000, comme ce fut aussi le cas à l'échelle du pays.

Au début, c'était le même scénario pour les transactions de prédémarrage conclues en Ontario. Celles-ci représentaient en moyenne de 3 à 4 p. 100 des ressources de l'industrie en 2001-2003, ce qui excédait largement les niveaux enregistrés avant 2000. Toutefois, en 2004, la part des entreprises en prédémarrage de la province s'est établie à 1 p. 100. De même, si les entreprises en démarrage ont obtenu environ le cinquième du total capital investi en 2000-2002, cela constitue un net recul par rapport à 2003 (10 p. 100) et à 2004 (13 p. 100).

La récente baisse des investissements dans les entreprises en démarrage et en prédémarrage de l'Ontario semble principalement attribuable à la diminution de la valeur des transactions. En 2004, le montant moyen investi dans les entreprises en prédémarrage s'est élevé à 1,1 million de dollars, comparativement à une moyenne de 2,3 millions l'année précédente; dans le cas des entreprises en démarrage, la moyenne a atteint 2,8 millions et 4,6 millions en 2003 et 2004, respectivement, contre 6,7 millions en 2002.

Les nouvelles technologies déterminent les tendances des investissements en CR dans les entreprises en début de croissance.

Figure 7 : Montants investis et entreprises financées en début de croissance au Canada, selon le secteurD

Durant les dernières années du XXe siècle, l'industrie canadienne du CR s'est intéressée davantage non seulement aux entreprises en début de croissance, au détriment des entreprises plus matures, mais aux technologies, par opposition aux secteurs traditionnels. Bien entendu, ces deux tendances sont liées, car depuis la fin des années 1990, les entreprises en début de croissance sont généralement associées aux technologies de l'information, aux sciences de la vie et à d'autres secteurs d'innovation.

En effet, en 1999, les entreprises en début de croissance étaient réparties entre un large éventail de nouvelles technologies au Canada.

Cette année-là, la biopharmaceutique et les autres sciences de la vie ont pris la tête au chapitre des investissements en début de croissance, représentant près du quart des entreprises financées et des mises de fonds. Depuis, la proportion d'entreprises financées par CR qui proviennent de ce secteur est restée sensiblement la même, mais, en 2000-2001, le secteur des technologies de l'information lui a livré une concurrence plus vive en vue de l'obtention des ressources de l'industrie du CR.

En 2002-2004, les sciences de la vie ont effectué une remontée, en partie grâce au financement important accordé à plusieurs entreprises en début de croissance telles que Xanthus Sciences de la vie, de Montréal (30,8 millions de dollars américains, 2003) et Aspreva Pharmaceuticals, de Victoria, en Colombie-Britannique (57,0 millions de dollars américains, 2004). Avant, la valeur de la plupart des transactions de financement réalisées dans le secteur des sciences de la vie n'était pas aussi grande que dans les technologies de l'information.

En 1999, la croissance du financement accordé aux entreprises en début de croissance du secteur des technologies de l'information ne faisait aucun doute. Les produits Internet, un des segments dont la progression était la plus rapide, a obtenu 21 p. 100 des investissements en début de croissance cette année-là. Cependant, cette tendance a été de courte durée : en 2002, les mises de fonds avaient chuté pour s'établir à 4 p. 100.

De plus, l'industrie s'est montrée de plus en plus enthousiaste à l'égard des nouvelles entreprises de communications et de réseautique en 1999, comme en témoignent les montants exceptionnellement élevés accordés à des entreprises de fibre optique et de photonique en début de croissance. En 2000-2001, les entreprises de ces secteurs, qui recevaient rarement plus de 10 p. 100 des investissements en début de croissance, ont récolté près du tiers des dollars investis. Mentionnons notamment Tropic Networks d'Ottawa, qui a obtenu 60 millions de dollars américains lors de son démarrage, en 2000.

Réalités du marché obligent, de nombreuses entreprises de télécommunications naissantes ont persévéré, tandis que d'autres (p. ex., Ceyba d'Ottawa) n'ont pas réussi à surmonter la volatilité qui a caractérisé 2002. Récemment, l'industrie a recommencé à s'intéresser aux entreprises en début de croissance du secteur des communications, tout particulièrement celles oeuvrant dans plusieurs segments clés tels que les produits sans fil.

Les tendances relatives aux autres jeunes entreprises des technologies de l'information ont fluctué de façon similaire. Malgré des variations cycliques, la part des investissements en début de croissance correspondant aux entreprises de produits électroniques et de semi-conducteurs est demeurée assez constante, comme celle des entreprises de logiciels.

En 2003 et en 2004, la conjoncture du marché nord-américain semblait plus propice aux acquisitions et aux placements initiaux de titres financés par CR. Plusieurs sociétés canadiennes de technologie qui avaient amorcé leur croissance depuis peu en ont bénéficié; en voici des exemples notoires : Akara Corporation et Catena Networks (télécommunications) d'Ottawa, Q9 Networks (Internet) et Workbrain Corporation (logiciels) de Toronto, Chantry Networks (télécommunications) de Mississauga et QuestAir Technologies (énergie de remplacement) de Burnaby, en Colombie-Britannique.

Les tendances relatives à ces investissements en Ontario sont illustrées à la figure 17 de l'annexe C.

Concentration des investissements en début de croissance en C.-B., en Ontario et au Québec

Les investissements en début de croissance sont étroitement liés aux tendances observées dans les grappes sectorielles des grands centres urbains du pays, par exemple Montréal (grappe des sciences de la vie) et Ottawa et Toronto (grappe des technologies de l'information et des télécommunications). À l'instar des grappes sectorielles, les flux de transactions de CR ont évolué au fil du temps.

La figure 8 illustre la ventilation du financement par CR selon les grappes sectorielles à l'échelle provinciale.

Figure 8 : Montants investis et entreprises financées en début de croissance, selon la province canadienneD

Entre 1996 et 2004, les investissements en début de croissance ont été concentrés dans les trois plus grandes provinces du pays : la Colombie-Britannique, l'Ontario et le Québec. Durant cette période, ces provinces regroupaient en effet de 85 à 90 p. 100 des entreprises financées et ont obtenu plus de 90 p. 100 du total investi.

Depuis le milieu des années 1990, près de la moitié des entreprises en début de croissance (prédémarrage, démarrage, etc.) qui sont financées par CR à l'échelle nationale sont situées au Québec. Pendant la même période, la part de l'Ontario s'est située entre 25 et 30 p. 100, sauf en 2000-2001, où elle s'est établie à quelque 35 p. 100.

Durant la période 1996-1998, l'Ontario et le Québec étaient presque à égalité au chapitre du total des investissements en début de croissance. La situation a changé en 1999, année où la conclusion de transactions de financement de plus en plus importantes dans les technologies de l'information a porté la part de l'Ontario à 46 p. 100. En 2000, 58 p. 100 des investissements en début de croissance de l'industrie canadienne du CR ont été canalisés vers cette province, un niveau qui n'a guère baissé jusqu'en 2004.

Les différences relatives à l'intensité du capital des différents secteurs contribuent à expliquer l'écart entre l'Ontario et le Québec depuis 1999. Par exemple, étant donné que les sciences de la vie représentent une plus grande proportion des transactions d'investissement en début de croissance au Québec et que la valeur des transactions réalisées dans ce secteur est souvent inférieure à celles des télécommunications et des technologies de l'information, il n'est pas étonnant que, lorsque ces investissements ont culminé à l'échelle nationale – en 2000 – le capital investi par entreprise s'établissait en moyenne à 3,1 millions de dollars dans cette province, comparativement à 8,5 millions de dollars en Ontario.

Entre 1996 et 2004, la proportion d'entreprises en début de croissance financées par CR à l'échelle nationale qui étaient exploitées en Colombie-Britannique a constamment été d'environ 10 p. 100. La part de la province du capital investi a cependant fluctué davantage (7 p. 100 en 2003 contre 21 p. 100 en 2004), mais s'est située en moyenne entre 10 et 15 p. 100.

Dans les Prairies, le pourcentage d'entreprises en début de croissance qui sont financées par CR est également demeuré assez constant durant cette période – environ 10 p. 100 du total national annuel –, et les mises de fonds ont généralement oscillé entre 5 et 8 p. 100.

Dans les provinces de l'Atlantique, le pourcentage d'entreprises en début de croissance financées par CR a représenté de 3 à 5 p. 100 du total canadien durant la période 1996-2004. Jusqu'en 2002, cette région a rarement obtenu plus de 2 p. 100 des mises de fonds totales; cependant, sa part a atteint 4 p. 100 en 2003 et en 2004.

Les grandes villes canadiennes obtiennent le gros des investissements en début de croissance

La figure 9 donne une idée plus précise de la répartition géographique des investissements en début de croissance au Canada en faisant ressortir les tendances selon la ville et la région. Les données montrent avant toutes choses que les investissements en CR sont concentrés dans les grands centres urbains et sont principalement aiguillés vers les grappes sectorielles locales ayant atteint une certaine masse critique.

Figure 9 : Montants investis en début de croissance, selon le centre urbainD

Si l'Ontario a obtenu la plus grande part des investissements en début de croissance (prédémarrage, démarrage, etc.), c'est traditionnellement la région métropolitaine de Toronto qui en a été le principal bénéficiaire. À la fin des années 1990, cette région a obtenu approximativement le cinquième du total national. Toutefois, durant cette période, la région de Montréal a pris le premier rang en attirant environ le quart des mises de fonds.

En 2000, le contexte a beaucoup changé, le climat d'investissement étant de plus en plus effervescent dans la vallée de l'Outaouais. Cette année-là, et jusqu'en 2003, les importantes transactions conclues avec des télécoms et d'autres entreprises de technologie de l'information en début de croissance ont assuré à la région environ 30 p. 100 du total du capital investi dans ce segment à l'échelle nationale.

Dans le cycle post-expansion, les investissements en début de croissance ont été mieux répartis entre les régions, des communautés telles que Kitchener-Waterloo et Québec ayant accru leur part des mises de fonds.

Après la région de Toronto et les régions de Montréal et d'Ottawa, c'est généralement Vancouver qui a obtenu la plus grande part des investissements en début de croissance. Voilà qui n'a rien d'étonnant, puisque cette ville a presque toujours été la plaque tournante du CR en Colombie-Britannique, comme la région de Calgary-Edmonton en Alberta.

Les fonds de détail et les fonds privés ont le plus investi dans les entreprises en début de croissance.

Figure 10 : Montants investis et entreprises financées en début de croissance au Canada, selon le type d'investisseurD

À des degrés divers, les entreprises en début de croissance intéressent tous les types de fonds qui composent l'industrie canadienne du CR : fonds de société, fonds gouvernementaux, fonds institutionnels, SCRT et autres fonds de détail, et fonds privés indépendants.

Cela dit, des changements importants sont survenus durant la période 1996-2004 relativement à l'importance accordée par les fonds canadiens aux entreprises en début de croissance (prédémarrage, démarrage, etc.), ainsi qu'à leurs sources nationales et étrangères de capital.

Dans l'industrie du CR, ce sont les SCRT/fonds de détail et les fonds privés indépendants qui ont été les moteurs des investissements en début de croissance depuis 1996, tant du point de vue du nombre d'entreprises soutenues que du capital injecté.

Les fonds privés indépendants et les fonds de détail ont souvent réalisé un pourcentage comparable du total des investissements en début de croissance. Par exemple, les fonds privés ont dominé l'industrie durant les années d'expansion de 2000 et de 2001, ayant à leur actif 27 et de 20 p. 100 du nombre total d'entreprises financées, respectivement, alors que la part des fonds de détail a augmenté progressivement, passant de 22 p. 100, en 2002, à 30 p. 100 en 2004.

Les SCRT/fonds de détail ont eu tendance à dominer au chapitre du capital investi dans les entreprises en début de croissance, tout particulièrement avant 1999 et après 2001, lorsque les mises de fonds de détail ont représenté en moyenne quelque 30 p. 100 du total annuel. Les fonds privés sont généralement à l'origine de près d'un cinquième des investissements de CR en début de croissance, même si une légère baisse de régime a été constatée après les cycles d'expansion.

Règle générale, l'impact des fonds de détail sur les investissements en début de croissance pendant les cycles antérieurs et postérieurs à une expansion économique s'explique par les règles législatives qui les régissent. Ces règles ont eu tendance à assurer la constance des mises de fonds des SCRT en période de consolidation du marché.

En chiffres absolus, les fonds privés et de détail ont investi davantage dans les entreprises en début de croissance en 2004, comparativement à 2003.

La constance des investissements caractérise également les fonds gouvernementaux, par exemple Capital de risque BDC dans l'ensemble du pays, et les fonds Innovatech au Québec. Durant la période à l'étude, les fonds gouvernementaux ont généralement occupé le troisième rang de l'industrie canadienne au plan de l'importance des investissements en début de croissance; leur participation a enregistré sa plus forte hausse en 2002-2004, pour s'établir à quelque 14 p. 100 du total.

Une autre tendance importante est liée aux investisseurs non résidents (voir la figure 12). À partir de 1999, lorsqu'ils ont pour la première fois fait leur marque sur le marché canadien, les investisseurs étrangers ont donné de vastes ressources aux consortiums d'investissement en début de croissance. Ainsi, pour la période 1999-2001, les non-résidents représentaient le principal groupe d'investisseurs en pourcentage du total annuel et, de 2002 à 2004, étaient devancés uniquement par les fonds de détail.

Les tendances relatives à l'Ontario sont illustrées à la figure 18 de l'annexe C.

Les investissements de prédémarrage ont principalement été effectués par un noyau important de fonds de CR

Figure 11 : Montant investi en entreprises financées au Canada, selon le type d'investisseurD

Lorsqu'on analyse uniquement les investissements de prédémarrage, le profil de l'industrie canadienne est quelque peu différent. Par exemple, lorsque le dynamisme du marché a reposé sur les transactions de prédémarrage en 1998, ce sont les fonds privés indépendants qui étaient en tête de peloton, ayant à leur actif 72 p. 100 des entreprises financées et 61 p. 100 du capital investi. Ces fonds ont conservé leur longueur d'avance en 1999-2000.

Même durant le cycle baissier, les fonds privés ont continué à investir au même rythme : en 2003 et en 2004, leur part du total des investissements de prédémarrage s'est maintenue à 34 et à 37 p. 100, respectivement.

Les fonds gouvernementaux et les SCRT/fonds de détail ont également joué un rôle crucial dans le cadre de la conclusion des transactions de prédémarrage, surtout lorsque le marché a commencé à ralentir en 2001. Les fonds de détail ont été la principale source de financement de ces entreprises durant la période 2001-2003 – représentant 31, 49 et 38 p. 100 des investissements, respectivement – et les fonds gouvernementaux ont réalisé un fort pourcentage de financements d'entreprises pendant la même période et en 2004 (48 p. 100 du marché).

Comme nous l'avons mentionné précédemment, les investissements de prédémarrage majeurs qui ont été effectués depuis 1998 s'expliquent dans une large mesure par la création, au milieu et à la fin des années 1990, de fonds équilibrés et spécialisés qui s'intéressent aux entreprises en début de croissance.

Parmi les fonds de capital de risque qui ont été les plus actifs au Canada, mentionnons Axis Capital Corporation, Capital de risque BDC, Brightspark Ventures, Celtic House Venture Partners, Genesys Capital Partners, GrowthWorks, les fonds Innovatech du Québec, MedTech Partners, MSBi Capital, Skypoint Capital Corporation/Venture Coaches, T2C2 Capital, Tech Capital Partners, VenGrowth Capital Partners et Ventures West Management (qui gère également l'Eastern Technology Seed Investment Fund et le Western Technology Seed Investment Fund).

Cette liste est tirée de la base de données de Macdonald & Associates. Nous avons passé en revue les fonds qui ont effectué entre 4 et 29 transactions de prédémarrage durant la période 1999-2004. Capital de risque BDC est arrivée en tête de liste.

Les tendances relatives à l'Ontario sont illustrées à la figure 19 de l'annexe C.

Les investisseurs de CR américains ont contribué à la forte croissance de quelques entreprises naissantes.

Comme on l'a vu précédemment, les investisseurs étrangers ont joué un rôle prépondérant au chapitre des investissements en début de croissance au Canada, à tout le moins depuis 1999. Depuis, les non-résidents, principalement par l'entremise de fonds de CR ayant leur siège aux États-Unis, ont généralement réalisé entre le quart et le tiers de ces investissements.

Toutefois, quelques entreprises naissantes seulement ont bénéficié de ces capitaux considérables. Durant la même période, de 5 à 6 p. 100 des entreprises en début de croissance qui obtenaient du CR ont été financées par des sociétés étrangères. Cet écart est révélateur de l'importance des montants que les fonds américains ont injectés en tant que co-investisseurs dans certaines entreprises des secteurs des communications, d'autres technologies de l'information, et, ces dernières années, des sciences de la vie.

Comme le montre la figure 12, ce sont principalement les entreprises en démarrage et les autres entreprises naissantes qui ont bénéficié des investissements en début de croissance des fonds américains et des autres non-résidents, très souvent en partenariat avec un ou plusieurs fonds de CR canadiens. Les gestionnaires professionnels interviewés conviennent que cela pourrait donner une indication de la valeur de la participation étrangère aux transactions, étant donné que les entreprises naissantes à forte croissance gravissent l'échelle des investissements.

Figure 12 : Montants investis et entreprises financées au Canada par des investisseurs étrangers selon le stade de développementD

Les non-résidents ont moins réalisé de transactions de prédémarrage, malgré des exceptions notables, par exemple Inkra Networks en 2000, dont il a été question précédemment, et NewStep Networks d'Ottawa en 2002 (22,0 millions de dollars).

Certains des investisseurs étrangers qui ont le plus participé au financement d'entreprises canadiennes en début de croissance (là encore, d'après le nombre d'entreprises financées) sont situées en Nouvelle-Angleterre et en Californie. Mentionnons Draper Fisher Jurvetson, Intel Capital Corporation, InterWest Partners, Kodiak Venture Partners, Menlo Ventures, Morgenthaler Ventures, Siemens Venture Capital, et Venture Investment Management Company (VIMAC).

Les tendances relatives à l'Ontario sont illustrées à la figure 20 de l'annexe C.

L'industrie américaine du CR finance davantage les entreprises parvenues à un stade avancé

Figure 13 : Montants investis et entreprises financées aux États-Unis, selon le stade de développementD

Selon Thomson Venture Economics, l'industrie américaine du CR a beaucoup investi dans les entreprises en début de croissance, en prédémarrage et en démarrage notamment, dans les années 1980. Cependant, dans les années 1990 et depuis 2000, elle a généralement mis l'accent sur les entreprises en expansion ou arrivées à un stade avancé de développement.

Vers la fin des années 1990, les entreprises en début de croissance représentaient près de la moitié du nombre total d'entreprises financées aux États-Unis. De même, en 2000, lorsque le marché était à son plus haut, 46 p. 100 du nombre record (7 208) d'entreprises financées par CR dans ce pays étaient en début de croissance. Durant le ralentissement qui a suivi, l'industrie américaine dans son ensemble a très fortement réduit ses investissements, et ce pourcentage a également diminué pour s'établir en moyenne à 35 p. 100 par année.

C'est sensiblement la même tendance qui se dégage du capital investi dans les entreprises en début de croissance pendant cette période. Durant les dernières années du XXe siècle, ces entreprises ont obtenu environ 30 p. 100 du total annuel, et en 2000, 27 p. 100. Par la suite, elles ont généralement attiré tout au plus le cinquième des ressources de l'industrie américaine du CR.

Comme au Canada, les investissements en début de croissance ont augmenté aux États-Unis en 2004, 4,2 milliards de dollars américains ont été injectés au total, comparativement à 3,8 milliards l'année précédente.

Les entreprises américaines en début de croissance ont obtenu plus de deux fois plus d'argent

Depuis un certain temps, les comparaisons entre les industries canadienne et américaine du CR au chapitre du montant investi par entreprise font ressortir un écart important. Par exemple, en 2004, le financement total (tous les stades de croissance confondus) s'est établi en moyenne à 3,0 millions de dollars au Canada, soit de trois à quatre fois moins qu'aux États-Unis (10,9 millions de dollars canadiens).

Comme le montre la figure 14, l'écart relatif aux investissements en début de croissance est un peu moins grand. Depuis 2000, le capital injecté dans ce segment au Canada a généralement correspondu à moins de la moitié de la moyenne américaine.

Figure 14 : Montant moyen investi par entreprise en début de croissance, Ontario, Canada et États-UnisD

La situation est un peu plus rose en Ontario, où les importantes transactions conclues avec des entreprises naissantes de technologie de l'information ont fait grimper la moyenne provinciale aux deux tiers de la moyenne américaine en 2000, et même à un niveau plus élevé en 2001. Cependant, durant la période 2002-2004, le financement moyen des entreprises ontariennes en début de croissance a généralement été inférieur à celui de leurs homologues américaines d'au moins 30 p. 100.

Les professionnels du CR interviewés ont accordé beaucoup d'importance à cette question (voir la section III.3, Les entreprises en début de croissance sont sous-capitalisées par rapport à leurs concurrents). De l'avis de certains, des transactions moins importantes confèrent des avantages à l'industrie canadienne (réduction des coûts); cependant, la plupart ont reconnu que cela la désavantageait nettement face à la concurrence à long terme, compte tenu de l'importance du délai de mise en marché pour les nouvelles entreprises novatrices.