Faits saillants
Les tendances sectorielles relatives aux activités de financement par CR confirment l'importance du CR pour les entreprises de haute technologie
Comme on l'a précisé ci-dessus, les entreprises de haute technologie ont stimulé la croissance de l'industrie canadienne du CR ces dernières années. En effet, les données pour 1996-2002 confirment que l'industrie canadienne du CR était axée sur les entreprises de haute technologie (voir la figure 27). Les entreprises du secteur des technologies de l'information, des sciences de la vie et d'autres secteurs technologiques ont obtenu, en moyenne, près de 80 p. 100 du total des investissements en CR de 1996 à 2002. Leur part est passée de 87 p. 100 (5 milliards de dollars) en 2000 à 91 p. 100 (3,5 milliards) en 2001, avant de diminuer à 89 p. 100 (2,2 milliards) en 2002 et à 78 p. 100 au cours des neuf premiers mois de 2003. Cette baisse est probablement attribuable à la diminution des investissements dans les entreprises du secteur des technologies de l'information, bien que les chiffres pour le troisième trimestre de 2003 semblent indiquer que ces investissements ont repris et que la situation pourrait être meilleure au quatrième trimestre.
Figure 27 : Part moyenne des investissements et des financements en capital de risque, par secteur, 1996-2002
Confirmant l'importance des entreprises du secteur des technologies de l'information, la figure 28 révèle que ce secteur a stimulé les activités de financement par CR au Canada ces sept dernières années, attirant 33 p. 100 du total des investissements en 1996 et 71 p. 100 en 2000, soit 65 p. 100 pour l'ensemble de la période. Davantage de précisions sont fournies ci-dessous dans la présente section. Bien que les entreprises du secteur des technologies de l'information aient bénéficié de la plus grande part des investissements, celles du secteur des sciences de la vie et d'autres secteurs technologiques ont aussi attiré d'importants montants de financement en CR ces dernières années.
Figure 28 : Investissements en capital de risque par secteur, 1996-2002
Les activités régionales, telles qu'illustrées à la figure 29, étaient également axées sur les entreprises de haute technologie dans la plupart des provinces et des régions. En effet, la part du total des investissements en CR de ces entreprises s'établissait en moyenne à 88 p. 100 en Colombie-Britannique, à 82 p. 100 en Ontario, à 61 p. 100 au Canada atlantique, à 67 p. 100 au Québec et à 62 p. 100 en Alberta. Dans les Prairies, surtout au Manitoba et en Saskatchewan, la plupart des activités de financement par CR étaient centrées sur les entreprises des secteurs traditionnels, de l'ordre en moyenne de 68 p. 100 et de 60 p. 100, respectivement, de 1996 à 2002 (comparativement à 11 p. 100 et à 7 p. 100 pour les entreprises du secteur des technologies de l'information ainsi qu'à 20 et à 29 p. 100 pour les entreprises du secteur des sciences de la vie). Des précisions sur les tendances relatives aux activités régionales de financement par CR sont fournies à la section 6.
Figure 29 : Part moyenne des investissements en capital de risque, par secteur et région, 1996-2002
Liens entre les grappes et les activités de financement par CR dans certains secteurs et certaines régions en particulier
On ne sait trop encore quels sont les effets des grappes industrielles sur les niveaux d'activités de financement par CR dans certains secteurs ou certaines régions. Cependant, vu le lien entre les entreprises de haute technologie et ces activités, il n'est pas surprenant de constater un certain dynamisme en ce qui a trait aux investissements en CR dans les secteurs et les régions où sont établies des grappes de technologie prospères. En fait, tel que décrit dans l'encadré suivant et à la figure 4, les grappes constituent, avec le marché des capitaux propres, l'un des éléments clés du système d'innovation. D'une part, les grappes stimulent les activités de financement par CR et le développement économique dans certains secteurs ou certaines régions et, d'autre part, ces activités contribuent grandement à la création et au succès des entreprises de haute technologie, condition essentielle à la formation et à la réussite des grappes industrielles.
Qu'est-ce qu'une grappe?
Comment les grappes sont-elles formées?
Les grappes ne sont qu'un des éléments du système d'innovation, qui comprend :
Quels sont les avantages des grappes?
En quoi consiste l'action actuelle du gouvernement?
En raison de l'importance de l'innovation et des entreprises à forte croissance pour stimuler le développement économique régional, les initiatives gouvernementales contribuent au développement de grappes sectorielles et régionales. Parmi ces initiatives, mentionnons Génome Canada, les centres de technologie du CNRC, les centres nationaux d'excellence, Precarn et les cartes routières technologiques. Par exemple, l'approche du CNRC qui consiste à développer des grappes permet à l'esprit d'entreprise des secteurs industriels locaux d'utiliser les éléments clés du système d'innovation : compétences en R-D, ressources d'information scientifique et technique, et programmes d'aide à l'innovation. Le CNRC aide également les entreprises canadiennes à tirer pleinement profit de ses réseaux nationaux et internationaux.
L'encadré suivant offre un aperçu des grappes sectorielles actuelles du CNRC par secteur cléNote 61. Étant donné les forces actuelles dans des secteurs clés et l'intérêt accru des investisseurs nationaux et mondiaux, de nombreuses collectivités canadiennes sont en bonne position pour pénétrer avec force l'économie mondiale du savoir.
Grappes sectorielles du CNRC
Technologies de l'information, sciences de la vie et photonique — Ottawa — contribuer aux activités des grappes dans les domaines des technologies de l'information, des sciences de la vie, de la R- D et de la formation en photonique.
Technologies de l'information et commerce électronique — Fredericton, Moncton, Saint John et Sydney — intégrer les atouts régionaux afin de créer une grappe de technologies de l'information et du commerce électronique concurrentielle.
Aérospatiale, produits biopharmaceutiques et matériel industriel — Montréal — créer une infrastructure en vue d'aider les PME des plus importantes grappes de l'aérospatiale et des produits biopharmaceutiques du Canada et étudier de nouveaux matériaux et de nouvelles techniques de fabrication.
Sciences de la vie — Halifax — mettre au point des technologies habilitantes et intégrer les joueurs des domaines des biosciences marines et de la régénération du cerveau.
Matériels médicaux — Winnipeg — faire avancer les technologies médicales ainsi que la fabrication de précision et virtuelle.
Agrobiotechnologie et produits nutraceutiques — Saskatoon — donner plus d'ampleur à la plus importante grappe d'agrobiotechnologie du monde.
Nanotechnologies — Edmonton — renforcer la capacité de R-D, l'infrastructure et les programmes du Canada dans ce nouveau domaine.
Génie océanologique — St. John's — créer des débouchés dans la région, au pays et à l'étranger.
Technologies de l'aluminium — Ville Saguenay — créer un secteur manufacturier à valeur ajoutée dans une région comptant 95 p. 100 des intervenants du secteur de l'aluminium du Canada.
Piles à combustible — Vancouver — appuyer le développement des piles à combustible et des technologies propres aux énergies de remplacement.
Astronomie — Victoria et Penticton — créer des débouchés dans les domaines du génie civil, du radiogénie et de l'instrumentation de précision.
Bien que la présence de grappes prospères puisse avoir contribué à la vitalité de certains secteurs, de même qu'aux activités de financement par CR dans ces secteurs et ces régions, des questions et des enjeux clés de politique publique sont associés à l'établissement de grappes. Mentionnons entre autres le rôle du gouvernement en vue du développement de grappes. Selon Michael Porter, les gouvernements peuvent améliorer le rendement économique en travaillant de concert avec les participants aux grappes pour connaître leurs besoins et investir dans des programmes de formation, des institutions de recherche et une infrastructure propres à chaque grappe.
La participation directe du gouvernement à la création de grappes peut toutefois être contre-indiquée, même si celui-ci participe déjà à des grappes, notamment celles du CNRC. Le gouvernement doit-il en faire davantage? Il y a lieu de considérer les grappes comme un élément susceptible de contribuer au bon fonctionnement des marchés financiers et qui peut aider ces marchés à stimuler l'innovation et à commercialiser les produits et services qui en sont issus. Ces aspects sont envisagés dans le cadre de l'analyse des lacunes à la partie IV.
Tendances globales en 1996-2002 — les technologies de l'information stimulent nettement les activités de financement par CR
Les tendances sectorielles globales en faveur des technologies de l'information correspondent généralement à la nature du CR et aux critères d'investissement des investisseurs de CR (tel qu'expliqué à la partie I). En raison de l'intérêt accru des investisseurs de CR (surtout ceux de l'étranger) à l'égard des investissements dans les technologies de l'information dernièrement, ce secteur a connu la plus forte augmentation des investissements en CR depuis 1996, de l'ordre de 368 p. 100 (passant de 340 millions de dollars en 1996 à 1,6 milliard en 2002). Cette augmentation a été étayée par les rendements élevés dans les secteurs des communications et du réseautage (augmentation de 567 p. 100, passant de 101 millions en 1996 à 673 millions en 2002), du logiciel (augmentation de 129 p. 100, passant de 157 millions en 1996 à 358 millions en 2002), des semi-conducteurs (augmentation de 2 178 p. 100, passant de 11 millions en 1996 à 247 millions en 2002) et des industries Internet (augmentation de 943 p. 100, passant de 14 à 154 millions durant la même période).
Cette activité accrue a projeté le secteur des technologies de l'information au premier plan des activités de financement par CR au Canada depuis 1996, auquel étaient destinés 53 p. 100 du total des investissements en CR et 42 p. 100 des transactions de CR (voir la figure 30). Au Canada, la prédominance des entreprises du secteur des technologies de l'information était encore plus manifeste en 2001 et en 2002, alors que 70 p. 100 et 65 p. 100 des investissements en CR ainsi que 53 p. 100 et 44 p. 100 des transactions de CR respectivement leur étaient destinés.
De plus, la valeur moyenne des transactions de CR dans le domaine des technologies de l'information était de 179 p. 100 plus élevée en 2002 qu'en 1996. La valeur moyenne des transactions dans ce domaine était nettement plus élevée que la valeur moyenne nationale des transactions de CR au cours de cette période : 3,5 millions de dollars pour les investissements en technologies de l'information (6,2 millions, à leur plus haut niveau, en 2000) comparativement à la moyenne nationale de 2,7 millions.
Figure 30 : Tendances relatives aux activités de financement par capital de risque dans le secteur des technologies de l'information, 1996-2002
Situation récente — malgré une forte diminution des activités de financement par CR, les technologies de l'information dominent toujours en 2002 et en 2003
Malgré l'éclatement de la bulle technologique, les technologies de l'information continuent toujours de stimuler les investissements en CR au Canada (et dans la plupart des pays, y compris les États-Unis). Le regain d'activité dans les domaines des communications et du réseautage, de l'industrie du logiciel et dans d'autres sous-secteurs des technologies de l'information est en grande partie responsable de l'augmentation récente des investissements de capital au Canada.
En 2002, les entreprises du secteur des technologies de l'information attiraient 65 p. 100 du total des investissements en CR (1,6 milliard de dollars) et 44 p. 100 des financements (dans le cadre de 358 transactions). Il s'agit d'une baisse par rapport à 2001, année où 2,7 milliards, soit 70 p. 100 des investissements, ont été investis dans le cadre de 511 transactions (représentant 53 p. 100 des transactions). Dans le secteur des technologies de l'information, les investissements en CR en 2002 étaient en grande partie destinées aux sous-secteurs des communications (42 p. 100), du logiciel (22 p. 100), des industries Internet (11 p. 100) et des semi-conducteurs (15 p. 100). Toutefois, il y a eu une diminution du capital investi dans l'ensemble des sous-secteurs des technologies de l'information entre 2001 et 2002, sauf dans celui des semi-conducteurs, lequel a affiché une augmentation de 17 p. 100 du capital investi en 2002, qui est passé de 211 millions dollars en 2001 à 247 millions en 2002.
Parmi les principaux investisseurs canadiens dans des entreprises du secteur des technologies de l'information en 2002, mentionnons les suivants : la BDC, Innovatech Montréal, GrowthWorks, Desjardins Capital de risque, VenGrowth Capital Partners, Innovatech Québec et Chaudière-Appalaches, la Caisse de dépôt et placement du Québec (CDP), le Fonds de solidarité des travailleurs du Québec (FTQ), Covington Capital Corporation et CDP Capital Technologies. Parmi les investisseurs étrangers (dont la plupart sont établis en Californie et au Massachusetts), les principaux étaient Venture Investment Management Company LLC (VIMAC), Kodiak Venture Partners, Morgenthaler Ventures, Technology Crossover Ventures, Flagship Ventures, Pilgrim Baxter, Norwest Venture Partners, Prism Venture Partners, Menlo Ventures et Newbury Ventures.
Au cours des neuf premiers mois de 2003, la baisse des investissements en CR dans les entreprises du secteur des technologies de l'information s'est poursuivie. En fait, même si les technologies de l'information attiraient toujours la plus grande part des investissements en CR au Canada, soit 53 p. 100 du total des investissements et 42 p. 100 des transactions en 2003, la part du CR de ce secteur baisse depuis 2000. Ces premières données, toutefois, ne portent que sur neuf mois de l'année. Encore faut-il voir si cette tendance est une anomalie ou une tendance à long terme.
Bien que les investissements dans le secteur des technologies de l'information aient baissé au cours des dernières années, ce marché est toujours viable et se porte bien. Étant donné que les entreprises de ce secteur surveillent de plus près leurs coûts et leurs marges bénéficiaires, leur avenir est toujours prometteur. D'autres initiatives publiques ou privées pourraient entraîner une augmentation des investissements dans ce secteur. Par exemple, la société CR Draper Fisher Jurvetson (DFJ), de Silicon Valley, fait front commun avec Primaxis Technology Ventures Inc. dans le but de mobiliser 100 millions de dollars américains pour cibler des occasions d'investissement au CanadaNote 62. Ce type de partenariat (de même que les tendances telles que l'augmentation sensible des investissements étrangers en CR) indique qu'on reconnaît de plus en plus la viabilité des occasions d'investissement dans le secteur des technologies de l'information au Canada.
Bilan régional — l'Ontario est sans contredit le chef de file des investissements en technologies de l'information
Bien que le secteur des technologies de l'information bénéficie de la plus grande part des investissements en CR dans la plupart des régions depuis 1996 (voir la figure 29), cette tendance a été plus évidente en Ontario, au Canada atlantique, en Colombie-Britanniqu e et au Québec, où les parts des investissements en CR des entreprises de ce secteur étaient respectivement en moyenne de 67 p. 100, de 48 p. 100, de 42 p. 100 et de 39 p. 100 de 1996 à 2002. Voir la section 6 pour obtenir plus de détails sur chaque région.
Tendances globales en 1996-2002 — part constante des activités de financement par CR malgré l'augmentation remarquable des montants investis
Bien que les investissements dans les sciences de la vie ne soient pas en tête des activités de financement par CR au Canada depuis 1996, ce secteur a connu une forte croissance des investissements en CR. Son importance relative est demeurée à peu près la même au cours des sept dernières années, sauf pour une légère augmentation en 2002 et pendant les neuf premiers mois de 2003. Comparativement au secteur des technologies de l'information, le secteur des sciences de la vie n'a pas subi une baisse aussi marquée. Les activités de financement par CR dans le secteur des sciences de la vie au Canada sont le fruit d'une mobilisation de fonds réussie parmi des groupes d'investisseurs spécialisés dans ce secteur. Lorsque surgit un nouveau secteur innovateur important dans l'industrie du CR, on constate habituellement un plus grand nombre de fonds spécialisés bien capitalisés, comptant des spécialistes de l'investissement et possédant le savoir-faire requis. Ces dernières années, d'importantes activités de mobilisation de fonds au Canada ont aidé les fonds nationaux et régionaux spécialisés en sciences de la vie, notamment le Fonds de découvertes médicales canadiennes inc., T2C2 Capital et Genesys Capital Partners. Ces fonds ont donc pu investir davantage dans le secteur.
Selon les données de 1996 à 2002, ce secteur a connu une augmentation des investissements en CR de 103 p. 100, lesquels sont passés de 228 à 463 millions de dollars, et une hausse de 80 p. 100 des transactions de CR, qui sont passées de 95 à 171 (voir la figure 31). À l'instar des tendances globales relatives aux investissements en CR, cette augmentation a surtout eu lieu en 2000 et en 2001, alors que la valeur des investissements dans les sciences de la vie a atteint respectivement 826 millions (253 transactions) et 650 millions (184 transactions).
Figure 31 : Tendances relatives aux activités de financement par capital de risque dans le secteur des sciences de la vie, 1996-2002
Le CR investi dans le secteur des sciences de la vie est normalement en grande partie destiné aux entreprises de biotechnologie. En ce qui a trait à l'augmentation des investissements en CR dans ce secteur, elle a été de 192 p. 100 pour les matériels et équipements médicaux, passant de 44 millions de dollars en 1996 à 127 millions en 2002; de 163 p. 100 pour les logiciels médicaux et de biotechnologie, passant de 13 à 35 millions; de 76 p. 100 pour la biopharmaceutique, passant de 163 à 286 millions; et de 65 p. 100 pour les soins de santé, passant de 8 à 14 millions.
En raison de ce niveau plus élevé d'activité, les entreprises du secteur des sciences de la vie ont attiré 19 p. 100 du total des investissements en CR et 18 p. 100 des financements en CR entre 1996 et 2002. De même, la part du total des investissements en CR des entreprises de ce secteur en 2001 et en 2002 — 17 p. 100 et 19 p. 100 respectivement — correspond dans l'ensemble à la tendance globale depuis 1996. D'autres formes de financement (p. ex. les EIA et le financement secondaire) dans ce secteur ont aussi augmenté de la même manière au cours de cette période, mais la fermeture presque complète du marché des EIA depuis 2001 a fait en sorte que le financement par CR a représenté une plus grande part du financement global.
Les entreprises du secteur des sciences de la vie ont besoin de capitaux importants pour passer de l'étape de la recherche à celle du développement ou de la précommercialisation. Ainsi, 65 p. 100 des financements en sciences de la vie en 2001 étaient des transactions de grande valeur, qui ont fait passer la valeur moyenne des transactions à 3,5 millions de dollars en 2001, laquelle a baissé à 2,7 millions en 2002 en raison de la baisse générale de l'activité. De 1996 à 2002, la valeur moyenne des transactions de CR dans le secteur des sciences de la vie était de 2,7 millions, ce qui est semblable à la moyenne nationale.
Compte tenu, toutefois, des besoins importants en capital de ces entreprises, cette valeur moyenne des transactions soulève un certain nombre de questions relatives au financement et aux politiques ayant trait au secteur des sciences de la vie, surtout si l'on considère que la valeur moyenne des transactions dans le domaine est bien plus élevée aux États-Unis. En raison de la conjoncture économique actuelle, les mouvements de trésorerie sont sérieusement grevés, d'autant plus que la valeur moyenne des financements au Canada, qui est inférieure à celle des financements États-Unis, accentue le problème. Par exemple, la valeur moyenne des transactions de CR en biotechnologie au Canada était de 2,7 millions de dollars canadiens en 2002, comparativement à 16 millions de dollars canadiens aux États-Unis. Il en est de même aux étapes avancées de financement dans les marchés publics, où la valeur moyenne des EIA en biotechnologie au Canada est de 6,4 millions de dollars canadiens, comparativement à 83 millions de dollars canadiens aux États-UnisNote 63.
Entreprises de biotechnologie
Selon les plus récentes données de Statistique Canada sur les entreprises de biotechnologie au Canada en 2001, ce secteur comptait 375 entreprises, dont les revenus s'élevaient à 3,7 milliards de dollars et qui consacraient 1,3 milliard à la R-DNote 64. Il s'agissait pour la plupart de PME (71 p. 100 de petites entreprises, 17 p. 100 de moyennes entreprises et 12 p. 100 de grandes entreprises). Ces dépenses de 1,3 milliard en R-D privée, auxquels s'ajoutent plus de 400 millions en R-D réalisée par le gouvernement fédéral, représentent un important effort collectif dans le domaine de la biotechnologie.
Selon Statistique Canada, les entreprises de biotechnologie sont financées en grande partie au fil des ans par du CR. Par exemple, en 2001, le CR représentait 43 p. 100 de leur financement (dont seulement un septième environ provenait de sources américaines); 23 p. 100 provenait d'EIA et de placements privés; 15 p. 100, d'investisseurs providentiels; 13 p. 100, des gouvernements et 7 p. 100, des banques. Le CR canadien a fourni la plus grosse part des fonds aux PME, soit 37 p. 100 et 46 p. 100 respectivement. Les grandes entreprises ont obtenu 54 p. 100 de leur financement auprès de sources traditionnelles et du gouvernement et 14 p. 100, auprès de sources de financement par CR.
En 2001, les entreprises de biotechnologie canadiennes ont mobilisé 980 millions de dollars en capital de financement pour des activités liées à la biotechnologie, ce qui comprenait 517 millions (53 p. 100) pour les petites entreprises, 374 millions (38 p. 100) pour les moyennes entreprises et 89 millions (9 p. 100) pour les grandes entreprises. Le secteur de la santé a eu droit à 858 millions des 980 millions mobilisés. Ce financement était surtout destiné au Québec (467 millions), suivi de l'Ontario (216 millions), de l'Alberta (139 millions) et de la Colombie-Britannique (127 millions). En ce qui a trait aux activités internes des entreprises, les petites entreprises ont mobilisé proportionnellement plus de fonds pour des activités liées à la biotechnologie que les grandes entreprises, dont les activités sont généralement plus diversifiées.
Seulement 50 p. 100 des petites entreprises de biotechnologie ont atteint leurs objectifs de financement, comparativement à 80 p. 100 des moyennes entreprises et 66 p. 100 des grandes entreprises. Les difficultés de ces entreprises à mobiliser le capital requis étaient attribuables à trois grands facteurs : le capital n'était pas disponible en raison de la conjoncture du marché (78 cas), les prêteurs exigeaient un développement plus avancé des produits ou la démonstration du bien-fondé de la conception (43 cas) ou on considérait que les produits de biotechnologie ou les processus n'étaient pas suffisamment avancés pour accorder du financement (42 cas). Les connaissances insuffisantes en gestion et des gammes de produits limitées ont été évoquées dans 13 et 12 cas respectivement.
Les entreprises du secteur des sciences de la vie qui font appel à la biotechnologie passent plus rapidement de l'étape de l'investissement en CR à celle des EIA que d'autres entreprises de haute technologie. Cela s'explique par le fait que les entreprises du secteur des sciences de la vie ont besoin de montants de financement beaucoup plus considérables et que la période de développement des produits est beaucoup plus longueNote 65. La plupart de ces entreprises lancent une EIA à l'étape du développement, alors que d'autres entreprises de haute technologie ne le font que lorsque les produits sont mis au point et en vente. Cela s'est répercuté non seulement sur les entreprises canadiennes et leur capacité de soutenir la concurrence sur le marché international, mais aussi sur leur capacité de profiter des programmes et des politiques de R-D actuels de la même manière qu'ont pu le faire d'autres entreprises de R-D. Par exemple, en 1999, le crédit d'impôt pour la recherche scientifique et le développement expérimental inutilisé qu'avaient accumulé les entreprises de biotechnologie était en moyenne le double de celui des entreprises des autres secteurs, ce qui représentait 500 millions de dollars ou 10 p. 100 de tous les crédits d'impôt inutilisés des entreprises de R-D canadiennesNote 66.
Selon l'étude la plus exhaustive réalisée à ce jour sur les besoins financiers des entreprises canadiennes de produits biothérapeutiques (qui représentent 80 p. 100 de la demande totale de capital en biotechnologie), la demande de capital entre 2001 et 2006, si l'on s'en tient aux produits actuellement en cours de développement, sera de l'ordre de 4,8 milliards de dollars annuellement et l'offre de capital sera probablement, en moyenne, de 4,2 milliards, laissant entrevoir un déficit annuel de 600 millionsNote 67. Cette estimation prudente ne comprend pas les coûts indirects et ne tient pas compte des découvertes qui exigent du financement pour passer à l'étape du développement. Selon l'étude, ces exigences supplémentaires entraîneraient un déficit annuel d'au moins 3,3 milliards.
Le défi que doivent relever les entreprises de biotechnologie consiste à attirer d'importants investissements de nouveau capital. Le processus d'engagement de la Stratégie d'innovation, des enquêtes de Statistique Canada, des rapports nationaux et régionaux, des déclarations des dirigeants des milieux de la recherche en santé au Canada, des initiatives des gouvernements provinciaux (notamment les initiatives budgétaires du Québec et de l'Ontario) et des discussions directes avec des intervenants du milieu de la biotechnologie ont permis de cerner les difficultés de financement propres aux entreprises de biotechnologie.
La grande majorité des 375 entreprises de biotechnologie du Canada sont des PME dont les ressources en matière de gestion sont limitées et qui éprouvent des difficultés importantes à mobiliser du capital. Comparativement à d'autres entreprises, la R-D en biotechnologie est trop coûteuse et exige un trop long délai de commercialisation. Ces entreprises ne peuvent pas se passer d'un financement par CR limité et de courte durée et d'autres sources de financement non traditionnelles (p. ex. Partenariat technologique Canada et le Programme d'aide à la recherche industrielle). Dans le milieu de la biotechnologie, l'on est d'avis que seule la moitié de ces entreprises tout au plus sont viables. La majorité d'entre elles sont des entreprises dérivées d'universités à leurs tout débuts, qui n'ont pas encore dressé des plans d'affaires assez solides pour leur recherche.
De nombreuses entreprises de biotechnologie canadiennes entreprennent de plus en plus des activités de développement découlant de leurs recherches, certaines passent à l'étape de la commercialisation et de nombreuses entreprises plus récentes continuent de mettre l'accent sur la recherche et le pré-développement. Les programmes gouvernementaux doivent tenir compte de ce virage dans le domaine des activités de développement et de commercialisation en biotechnologie. Les politiques et les programmes gouvernementaux suivront-ils le rythme de l'innovation dans ce domaine? Le gouvernement pourra-t-il travailler de concert avec le secteur privé pour contribuer au développement et à la commercialisation dans le domaine de la biotechnologie au Canada?
Situation récente — malgré une baisse des activités de financement par CR en 2003, le secteur des sciences de la vie a obtenu une part croissante des investissements
Les activités de financement par CR dans le secteur des sciences de la vie ont augmenté en 2001 et en 2002, une tendance qui peut être attribuable à des stratégies d'investissement de plus en plus prudentes dans le secteur des technologies de l'information. Elles ont été importantes tout au long de 2001, de 2002 et de 2003, malgré la diminution du CR total investi comparativement à 2000. En 2002, les entreprises du secteur des sciences de la vie ont obtenu 19 p. 100 du total du CR investi, soit 463 millions de dollars, et 171 transactions (21 p. 100 des transactions). En tout, 62 p. 100 des investissements en CR dans le secteur des sciences de la vie en 2002 étaient destinés aux entreprises biopharmaceutiques.
Parmi les principaux investisseurs canadiens en ce qui a trait aux montants investis en 2002, mentionnons la FTQ, la BDC, Desjardins Capital de risque, Innovatech Montréal, Innovatech Québec et Chaudière-Appalaches, le Fonds de découvertes médicales canadiennes inc., Genesys Capital Partners, CDP Capital Technologies, T2C2 Capital et CDP Capital. Les investisseurs étrangers les plus actifs ont été Kinetic Capital Partners, Seaflower Ventures, Sanderling, Softbank Venture Capital (Mobius Venture Capital), Qwest Emerging Biotech Fund Ltd., ProQuest Investments, IDEC Pharmaceuticals Corporation, Hearthstone Investments Ltd., Shire Pharmaceuticals Group et BioFund de la Finlande. Bien que la plupart de ces sociétés d'investissement soient établies en Californie et au Massachusetts, quelques-unes proviennent du Royaume-Uni, de la Finlande et d'autres États américains.
Au cours des neuf premiers mois de 2003, alors que les investissements en CR étaient à la baisse dans le secteur des sciences de la vie, le rendement général de ce secteur est demeuré élevé comparativement à celui d'entreprises d'autres secteurs. En fait, les entreprises du secteur ont obtenu une part croissante des investissements, soit 22 p. 100 du total des investissements (200 millions de dollars dans 83 entreprises) et 19 p. 100 des financements (ou 97 transactions).
Bilan régional — le Québec et la Colombie-Britannique étaient au premier plan des activités de financement par CR dans le secteur des sciences de la vie au Canada
Entre 1996 et 2002, le secteur des sciences de la vie en Colombie-Britannique a obtenu en moyenne 42 p. 100 des investissements en CR dans cette province (comparativement à 24 p. 100 au Québec, à 20 p. 100 au Canada atlantique et à 22 p. 100 dans les Prairies). Étant donné que les investissements en Ontario avaient tendance à privilégier les entreprises du secteur des technologies de l'information, celui des sciences de la vie a toujours obtenu une plus faible part des mises de fonds dans cette province, de l'ordre en moyenne à 12 p. 100 de 1996 à 2002.
Ces données correspondent, dans l'ensemble, avec celles de l'enquête menée en 2001 par Statistique Canada sur le secteur de la biotechnologie, selon laquelle les activités de financement par CR dans le domaine de la biotechnologie étaient plus répandues au Manitoba, au Québec et en Colombie-Britannique, mais représentaient une plus faible proportion du financement global en Ontario. D'autre part, l'enquête a permis d'établir que l'Alberta et la Saskatchewan ont reçu la plus forte proportion de financement d'investisseurs providentiels. Veuillez vous reporter à la section 6 pour obtenir des précisions sur chaque région.
Tendances globales, 1996-2002 — ce secteur représente une part faible, mais constante, des activités de financement par CR
Comme on peut le constater à la figure 32, le capital investi dans d'autres secteurs technologiques (principalement les technologies énergétiques et environnementales) a augmenté modérément de 56 p. 100 au cours des sept dernières années, passant de 86 à 134 millions de dollars. Toutes proportions gardées par contre, la part du total des investissements en CR de ce secteur a baissé de 35 p. 100 entre 1996 et 2002, soit une moyenne de 4 p. 100 du total des investissements en CR de 1996 à 2002 (et au cours des neuf premiers mois de 2003Note 68. Le nombre de transactions dans ce secteur a augmenté de 118 p. 100 — la plus forte augmentation de tous les secteurs — passant de 28 en 1996 à 61 en 2002, leur part du nombre total de transactions étant passé de 5 p. 100 des transactions en 1996 à 7 p. 100 des transactions en 2002, une augmentation de 57 p. 100. Par conséquent, la valeur moyenne des transactions a baissé de 28 p. 100, passant de 3 millions de dollars en 1996 à 2,2 millions en 2002, pour une valeur moyenne des transactions de 2 millions au cours de la période. Cette valeur de transaction moyenne était inférieure à la valeur moyenne nationale, de 2,7 millions de dollars.
Au nombre des investisseurs canadiens les plus actifs dans ces autres secteurs technologiques en 2002, mentionnons Innovatech Québec et Chaudière-Appalaches, la FTQ, CDP Capital, The Quantum Leap Company Limited, GrowthWorks, Skylon Capital Corporation, Fullarton Capital Corporation, Innovatech du sud du Québec, Hydro-Québec CapiTech et la BDC. Parmi les principaux investisseurs étrangers dans ces secteurs, mentionnons Shell Hydrogen B.V. (Pays-Bas), BTG Ventures (Pennsylvanie et Royaume-Uni), Royal Dutch/Shell Group (Pays-Bas), Aretê Corporation (New Hampshire) et JohnsonDiversey (Wisconsin).
Figure 32 : Tendances relatives aux activités de financement par capital de risque dans le secteur des autres technologies, 1996-2002
Malgré cette baisse relative des investissements en CR et la diminution de l'importance de ce secteur par rapport à ceux des technologies de l'information et des sciences de la vie, l'avenir peut réserver des occasions d'investissement intéressantes aux investisseurs de CR. De nouvelles technologies environnementales et d'autres technologies connexes pourraient prendre de l'importance dès l'entrée en vigueur du Protocole de Kyoto.
Les entreprises spécialisées en technologies énergétiques et environnementales ont aussi profité, à l'instar de celles du secteur des sciences de la vie, de la croissance récente des fonds de CR axés sur un secteur et possédant un savoir-faire dans le domaine à l'interne (p. ex. ARC Financial | ARC Energy venture Funds, Chrysalix Energy Management et OPG Ventures Inc.). Grâce à leur savoir-faire, ces fonds peuvent investir davantage dans ces secteurs. En effet, le secteur de l'énergie et de l'environnement est le seul domaine technologique dans lequel les activités de financement par CR sont demeurées relativement stables pendant le ralentissement du marché. Cela permet d'entrevoir leur potentiel de croissance au Canada, surtout dans certains domaines comme les piles à combustible.
Tendances globales, 1996-2002 — diminution de l'importance des activités de financement par CR dans les secteurs traditionnels
Les investissements en CR dans les secteurs traditionnels (ce qui comprend les services aux consommateurs et aux entreprises, les produits de consommation, la fabrication, diverses autres entreprises et la vente au détail) ont diminué de 27 p. 100, passant de 379 millions de dollars en 1996 à 278 millions en 2002, ce qui confirme que les investisseurs de CR s'intéressent surtout aux entreprises dont le potentiel de rendement est élevé. La part du total des investissements en CR que les secteurs traditionnels a attiré a diminué, passant de 37 p. 100 en 1996 à 11 p. 100 en 2002 (voir la figure 33). Ce secteur figurait toutefois au deuxième rang quant à la part moyenne du total des investissements en CR, soit 24 p. 100, devançant ainsi le secteur des sciences de la vie (19 p. 100) et celui des autres technologies (4 p. 100), mais surpassé par le secteur des technologies de l'information (53 p. 100). Au chapitre du nombre de financements, la part de ce secteur a également diminué, passant de 43 p. 100 (251 transactions) en 1996 à 28 p. 100 (224 transactions) en 2002.
Les investissements en CR dans des secteurs traditionnels ont tendance à être de moins forte intensité en capital que les investissements dans la plupart des entreprises de haute technologie, dont les besoins de capitaux sont généralement plus importants. Par conséquent, le montant moyen d'investissement dans les secteurs traditionnels (1,6 million de dollars) était de loin inférieur à la valeur moyenne des transactions (3,5 millions) dans le secteur des technologies de l'information et à la valeur moyenne globale des transactions de 1996 à 2002 (2,7 millions).
Figure 33 : Tendances relatives aux activités de financement par capital de risque dans les secteurs traditionnels, 1996-2002
Situation récente — baisse de l'importance des secteurs traditionnels en 2002
Conformément aux tendances observées de 1996 à 2002, la part du marché des entreprises des secteurs traditionnels a continué de diminuer en 2002, celle-ci s'élevant à 278 millions de dollars, soit 11 p. 100 du total des investissements en CR. Le nombre de financements est toutefois demeuré stable, soit de 223 en 2001 et de 224 en 2002. Après avoir baissé à 27 p. 100 en 2000 et à 23 p. 100 en 2001, la part des financements des secteurs traditionnels est passée à 28 p. 100 en 2002.
Cette stabilité permet toutefois d'entrevoir que, même si les investisseurs de CR s'intéressaient moins aux entreprises des secteurs traditionnels, quelques-unes des ces entreprises peuvent offrir des occasions d'investissement viables, surtout pour des transactions de moindre valeur. En fait, pendant les neuf premiers mois de 2003, les investissements dans ces secteurs représentaient 21 p. 100 des investissements, augmentation importante par rapport aux années précédentes. Toutefois, cette hausse peut être attribuable non pas à l'augmentation des investissements, mais bien à la baisse marquée des investissements dans les secteurs des technologies de l'information et d'autres secteurs.
En 2002, les principaux investisseurs canadiens des secteurs traditionnels étaient la FTQ, CDP Capital, Fondaction, Desjardins Capital de risque, le Fonds régional de solidarité FTQ, le Fonds de placement Crocus, Crown Capital Partners Inc., Innovatech Montréal, Crown Investments Corporation of Saskatchewan et la BDC. On comptait aussi trois investisseurs étrangers (de la Californie et du Texas) qui ont investi dans six entreprises des secteurs traditionnels en 2002 : Prospect Venture Partners, VentureLink Holdings et Claridge/Andell Group.
Bilan régional — les secteurs traditionnels sont toujours en tête des investissements en CR au Manitoba et en Saskatchewan
Entre 1996 et 2002, les investissements au Manitoba et en Saskatchewan étaient nettement axés sur les secteurs traditionnels. Ces secteurs obtenaient respectivement 68 p. 100 et 60 p. 100 des investissements en CR en moyenne dans ces provinces, comparativement à 11 p. 100 et à 7 p. 100 pour le secteur des technologies de l'information ainsi qu'à 20 et à 29 p. 100 pour le secteur des sciences de la vie. Par contre, en moyenne, 33 p. 100 des investissements en CR au Québec et au Canada atlantique étaient destinés aux secteurs traditionnels de 1996 à 2002. Les investisseurs de CR se sont intéressés de plus en plus aux entreprises de haute technologie, de sorte que les investissements en CR dans les secteurs traditionnels ont baissé constamment dans la plupart des régions au cours de cette période. Ce n'est qu'en Saskatchewan que d'importants investissements en CR se sont poursuivis dans les secteurs traditionnels en 2002, 54 p. 100 du CR dans cette province étant destiné à ces secteurs. Veuillez vous reporter à la section 6 pour obtenir des précisions sur chaque région.
Tendances globales relatives au CR, 1996-2002 — les activités de financement par CR aux États-Unis sont un peu plus axées sur les technologies de l'information
Malgré quelques différences quant à la définition et à la ventilation des secteurs entre les deux pays, lesquelles peuvent compromettre la précision des comparaisons présentées ci-dessous, la répartition sectorielle des activités de financement par CR au Canada et aux États-Unis de 1996 à 2002 indique clairement que, dans les deux pays, les investissements en CR étaient nettement axés sur les technologies de l'information (surtout aux États-Unis) et les sciences de la vie.Veuillez vous reporter au tableau 13 pour obtenir un aperçu des montants investis dans chaque secteur dans les deux pays en 1996 et en 2002.
Situation récente — le secteur des sciences de la vie s'est démarqué en 2002
Aux États-Unis, chacun des secteurs a connu une baisse en 2002, la plupart de près de 50 p. 100. Le niveau d'activité a également diminué dans le secteur des sciences de la vie, mais il n'empêche que ce secteur s'est démarqué en 2002. En effet, les investissements en CR dans ce secteur s'élevaient à 7,1 milliards de dollars canadiens (4,7 milliards de dollars américains), ce qui représentait 22 p. 100 du total des investissements en CR (en hausse par rapport aux 13 p. 100 enregistrés en 2001), la plus forte proportion du total des investissements en CR en sept ans.
Pour sa part, l'industrie de la biotechnologie a affiché un bon rendement et le taux d'investissement moyen le plus élevé par entreprise (17,3 millions de dollars canadiens) de même que des investissements s'élevant à 4,2 milliards de dollars canadiens (2,8 milliards de dollars américains) en 2002. Par conséquent, la part du CR total investi dans le secteur de la biotechnologie est passé de 3,5 p. 100 en 2000, à 8 p. 100 en 2001 et à 13 p. 100 en 2002. L'industrie des matériels médicaux a aussi affiché un bon rendement et a attiré 2,9 milliards de dollars canadiens (1,9 milliard de dollars américains) en 2002.
Selon la NVCA, la forte croissance des sous-secteurs de la biotechnologie et des matériels médicaux est probablement attribuable aux investissements des entreprises et au processus accéléré d'approbation des médicaments. Aussi, selon une étude réalisée par le Consulat général du Canada à New York, cette augmentation récente peut aussi être attribuable à un vaste éventail de débouchés créés à la suite de l'intégration de la technologie au développement des médicaments et aux percées continues dans les domaines de la génomique et de la protéomiqueNote 73.
Malgré l'éclatement de la bulle technologique, l'industrie américaine du logiciel a continué d'afficher un solide rendement tout au long de 2001 et de 2002, alors que celles du réseautage et des télécommunications sont demeurées relativement stablesNote 74. L'industrie du logiciel, qui se maintient toujours en tête de file, a conservé sa première place en 2002, en attirant 20 p. 100 du total des investissements en CR (799 transactions, d'une valeur de 4,3 milliards de dollars). Les télécommunications suivaient, avec 14 p. 100 du total annuel (335 transactions, d'une valeur de 2,9 milliards). Les investissements dans l'industrie du réseautage ont baissé de 61 p. 100 en 2002, passant alors à 2,2 milliards dans 209 entreprises, ou 11 p. 100 du total. D'autres secteurs des technologies de l'information ont subi une baisse marquée en 2002. Les investissements dans l'industrie des médias et du divertissement ont baissé de 70 p. 100, alors que ceux dans les services de technologies de l'information ont diminué de 60 p. 100.
Au cours des neuf premiers mois de 2003, la plupart des industries de pointe ont subi des baisses. L'industrie du logiciel s'est maintenue en tête de file, 790 millions de dollars ayant été investis dans 166 entreprises (une baisse de 13 p. 100 par rapport au trimestre précédent). Les investissements en biotechnologie ont été stables, mais sont passés au deuxième rang, 490 millions ayant été investis dans 49 entreprises, alors que les investissements dans les matériels médicaux ont baissé de 48 p. 100 (255 millions) par rapport au dernier trimestre de 2002.
Bien qu'il y ait des différences quant à la répartition des activités de financement par CR propre à chacun des secteurs, celui des technologies de l'information domine dans tous les pays membres de l'OCDE. Le secteur des sciences de la vie attire généralement moins d'investissements en CR, mais a récemment gagné en importance dans plusieurs pays, surtout aux États-Unis et au Canada. Ce phénomène, comme on l'a expliqué ci-dessus, peut être attribuable au potentiel de rendement plus élevé, ce qui a convaincu un plus grand nombre de gestionnaires de fonds de CR de se spécialiser dans la mobilisation de capital pour ces entreprises.
Cette tendance internationale en faveur d'investissements dans les secteurs des technologies de l'information et des sciences de la vie démontre bien le lien de symbiose, dans les économies occidentales, entre le CR, l'innovation et la haute technologie.
Note 61 Cette liste ne porte que sur les grappes sectorielles établies par le CNRC et ne fait pas nécessairement état de toutes les grappes au Canada. Vu que les grappes sont généralement établies dans une région, on présente aussi de l'information concernant les grappes à la section 6, qui porte sur les tendances régionales relatives aux investissements en CR.
Note 62 Primaxis Technology Ventures Inc. participe activement à l'industrie canadienne du CR depuis cinq ans et assurera la gestion du fonds depuis son bureau à Toronto. DFJ s'attend à tirer parti de son processus d'investissement à Silicon Valley pour permettre aux entreprises canadiennes en démarrage d'établir de précieuses relations d'affaires aux États-Unis.
Note 63 Les données de Ernst & Young ont été converties en dollars canadiens.
Note 64 Statistique Canada, Enquête sur le développement et l'utilisation de la biotechnologie, 2001.
Note 65 Houlihan Valuation Advisors et VentureOne, 1998.
Note 66 Conference Board du Canada, 2000.
Note 67 Université du Québec à Montréal, Demande et offre de capital pour les entreprises canadiennes de produits biothérapeutiques, 2002.
Note 68 Vu que ce secteur ne représente qu'une faible part du total des investissements en CR, seules les tendances globales sont décrites.
Note 69 Pour établir des comparaisons, les catégories suivantes ont été ajoutées à la catégorie des entreprises américaines du secteur des technologies de l'information : communications, logiciels informatiques, semi-conducteurs et produits électroniques ainsi que matériel et services informatiques.
Note 70 Pour établir des comparaisons, la biotechnologie et les technologies relatives aux soins de la santé ont été ajoutées à la catégorie américaine des sciences de la vie.
Note 71 Pour établir des comparaisons, le secteur industriel et le secteur de l'énergie ont été ajoutés au secteur américain « autres technologies ».
Note 72 Pour établir des comparaisons, les catégories suivantes ont été ajoutées à la catégorie des secteurs traditionnels américains : vente au détail, médias ainsi que services aux entreprises et services financiers.
Note 73 Consulat général du Canada à New York, Région des trois États, rapport sur le capital de risque, 2002.
Note 74 PricewaterhouseCoopers LLP, Venture Economics, National Venture Capital Association, MoneyTree Survey, 2003.