Tel qu'il en a été question à la section précédente, les données sur les investissements en CR pour 1996-2002 révèlent non seulement des niveaux accrus d'activités de financement par CR, mais aussi la préférence de plus en plus marquée des investisseurs canadiens et américains pour les transactions de CR de plus grande valeur, ce qui a contribué à une augmentation de la valeur moyenne des transactions dans les deux paysNote 59. Nombre de facteurs influent sur les décisions d'investissement en CR, mais la valeur du financement semble être, plus que jamais, un facteur déterminant dans la conclusion d'une transaction de CR. Cela s'explique sans doute par le fait que les fonds de CR, notamment les fonds américains, disposent de plus de capitaux à investir, mais il n'empêche que les besoins plus grands en capital des entreprises de haute technologie et que les coûts fixes associés aux processus de diligence raisonnable pour les propositions d'investissement et de surveillance des sociétés qui bénéficient d'investissements en CR contribuent à une plus grande syndication et à des transactions de plus grande valeur.
Malheureusement, tel qu'il a été précisé précédemment, l'on manque d'information sur la demande de CR, en particulier sur le capital requis par les PME canadiennes, par rapport aux montants de financement par CR qu'elles ont obtenus. Par conséquent, il est difficile de dégager des conclusions générales permettant de déterminer si, compte tenu de la valeur moyenne actuelle des transactions de CR au Canada, les besoins en capital des PME canadiennes et, plus précisément, si les montants et la valeur moyenne des financements consentis dans le cadre des transactions de très faible, de faible, de moyenne et de grande valeurs sont adéquats.
Quoi qu'il en soit, la présente section porte sur les tendances relatives à la valeur des transactions visant à combler les importants besoins en capital de la plupart des entreprises de haute technologie (en particulier celles spécialisées en sciences de la vie), de même que sur la valeur moyenne relativement moindre des transactions au Canada par rapport aux États-Unis. Les questions de politique à régler découlant de ces tendances sont présentées et abordées à la section 9 et à la partie IV.
Faits saillants
Les données sur les investissements en CR pour 1996-2002 révèlent deux tendances clés relatives à la valeur des transactions.
Tel qu'il a été expliqué à la section 1.2, plusieurs facteurs connexes sont à l'origine des tendances relatives à la valeur des transactions de 1996 à 2002.
Par conséquent, il semble que la tendance à la hausse en faveur de transactions de plus grande valeur et que l'augmentation de la valeur moyenne des transactions ont été stimulées par l'éclosion et la réussite d'entreprises de haute technologie canadiennes (et américaines). Au Canada, ces entreprises étaient pour la plupart établies à Ottawa, à Vancouver et à Montréal. En revanche, la croissance des secteurs technologiques dans ces villes a été tributaire du soutien de l'industrie du CR. D'autres tendances sectorielles et régionales sont présentées dans les sections 5 et 6.
Figure 15 : Tendances relatives aux investissements en capital de risque, selon la valeur des transactions, 1996-2002
Transactions de très faible valeur
En dépit de l'augmentation de la valeur et du nombre de transactions de très faible valeur (inférieures à 500 000 $) de 1996 à 2002, il se dégage des données que cette catégorie de transactions n'a pas beaucoup profité de l'augmentation globale des investissements en CR au cours de cette période.
En fait, alors que l'augmentation des sommes investies dans les transactions de très faible valeur n'était que de 26 p. 100 (passant de 45 millions de dollars en 1996 à 57 millions en 2002), elle s'élevait à 274 p. 100 dans le cas des transactions de grande valeur (passant de 470 millions à 1,8 milliard). En outre, au cours de cette période, le nombre de transactions de très faible valeur a augmenté de 21 p. 100 (passant de 232 à 281) et celui de transactions de grande valeur, de 154 p. 100 (passant de 57 à 145). Même si au cours des dernières années les mises de fonds relatives aux transactions de très faible valeur ont été plus élevées, le capital total investi dans ces transactions est demeuré relativement modeste par rapport aux sommes investies dans les transactions de grande valeur. Par conséquent, au cours de la période 1996-2002, la part des transactions de très faible valeur par rapport au total des investissements en CR a chuté de 47 p. 100, la moyenne sur sept ans s'établissant à 3 p. 100 des investissements en CR.
Malgré la diminution du total des montants investis, en dollars, dans les transactions de très faible valeur (comparativement à celles de grande valeur), le marché canadien du CR a été relativement dynamique pour ce qui est du nombre de transactions de très faible valeur, leur part moyenne du nombre total de transactions de CR s'établissant à 38 p. 100 de 1996 à 2002. En fait, les entreprises canadiennes, en particulier au Québec, semblent jouir d'un bon accès aux transactions de très faible valeur, peut-être parce que la BDC a récemment créé des fonds de départ spécialisés et que le nombre de financements augmente au Québec, où les financements sont généralement de moindre valeur. Par conséquent, la valeur moyenne des transactions dans cette catégorie est demeurée relativement stable, à 203 000 $, au cours de cette période.
Transactions de faible valeur
Les transactions de faible valeur (de 500 000 $ à 1 million de dollars) ont connu la plus faible croissance en ce qui a trait au montant de dollars investis et au nombre de transactions, de 1996 à 2002. Les investissements de faible valeur n'ont augmenté que de 5 p. 100 (passant de 64 à 67 millions) et le nombre de transactions a augmenté de 10 p. 100 (passant de 96 à 106) au cours de cette période. En raison de cette croissance plus lente (par rapport à d'autres catégories de valeurs des transactions), la part des transactions de faible valeur par rapport au total des investissements et des transactions de CR a affiché une baisse au cours de la période.
En 1996, la part des transactions de faible valeur par rapport au total des investissements et des transactions de CR s'élevait annuellement en moyenne à 6 p. 100 et à 16 p. 100 respectivement, comparativement à 3 p. 100 et à 13 p. 100 respectivement en 2002. En fait, de 1996 à 2002, la part des transactions de faible valeur par rapport au total des investissements et des transactions de CR s'établissait annuellement en moyenne à 4 p. 100 et à 16 p. 100 respectivement. En raison de cette faible augmentation des montants investis et du nombre de transactions depuis 1996, la valeur moyenne des transactions est demeurée relativement stable, à 656 000 $, ce qui se situe au bas de l'échelle de la catégorie de 500 000 $ à 1 million de dollars.
Ces tendances révèlent que le marché canadien du CR a été quelque peu moins dynamique au chapitre du financement de transactions de faible valeur de CR, par rapport au financement des transactions de très faible valeur.
Transactions de valeur moyenne
À l'instar des transactions de très faible valeur, les transactions de valeur moyenne de CR n'ont pas beaucoup profité de l'augmentation globale des activités de financement par CR entre 1996 et 2002. Les transactions de valeur moyenne (de 1 à 5 millions de dollars) ont augmenté de 28 p. 100 en valeur (passant de 453 à 581 millions) et de 40 p. 100 en nombre (passant de 202 à 282), comparativement à 274 p. 100 et à 154 p. 100 respectivement en ce qui concerne les transactions de grande valeur. Leur part annuelle moyenne par rapport au total des investissements en CR a donc baissé de 46 p. 100 entre 1996 et 2002 (passant de 44 p. 100 à 24 p. 100), pour s'établir à 30 p. 100. Leur part annuelle moyenne par rapport au total des transactions est demeurée relativement stable, entre 30 et 35 p. 100 (avec 33 p. 100 du nombre total des transactions au cours de la période).
L'accroissement des activités de financement par CR depuis 1996 semble avoir eu peu d'effet sur l'accès des PME aux financements de valeur moyenne. En outre, malgré la modeste augmentation du nombre de transactions de valeur moyenne et des montants investis dans cette catégorie de transactions, le montant de financement disponible y est demeuré relativement stable, s'établissant en moyenne à 2,2 millions de dollars, ce qui se situe au milieu de l'échelle de la catégorie de 1 à 5 millions de dollars.
Transactions de grande valeur
En ce qui a trait aux financements de grande valeur, la tendance en matière d'investissement confirme la préférence de plus en plus marquée des investisseurs de CR pour les transactions de grande valeur, soit plus de 5 millions de dollars. La croissance inouïe de cette catégorie de transactions, de 1996 à 2002, a contribué en grande partie à l'expansion de l'industrie canadienne du CR depuis 1999. La valeur totale de ces transactions s'élevait à 471 millions (46 p. 100 du total des investissements en CR) en 1996, a atteint son plus haut niveau, soit 4,6 milliards (80 p. 100 du total), en 2000 et s'établissait à 1,8 milliard (71 p. 100 du total) en 2002. De 1996 à 2002, la valeur de ces investissements a augmenté de 274 p. 100. En outre, le nombre de transactions de grande valeur a augmenté de 154 p. 100, passant de 57 en 1996 à 145 en 2002.
L'augmentation de la valeur moyenne des transactions au Canada est en grande partie attribuable à cette catégorie de transactions. De 1996 à 2002, la valeur moyenne des transactions dans cette catégorie était de 12,4 millions de dollars. De l'ordre de 8,3 millions en 1996, elle est montée à 18,9 millions en 2000 et a baissé à 12,2 millions en 2002. La valeur moyenne des transactions est plus élevée, et l'accent porte davantage sur les transactions de plus grande valeur, de sorte qu'on pourrait en conclure que les entreprises à la recherche de montants moins importants éprouvent relativement de plus en plus de difficultés à avoir accès au financement. Cependant, la préférence de plus en plus marquée des investisseurs de CR envers les transactions de grande valeur a aidé l'industrie du CR en général et peut être attribuable à leur intérêt accru pour des secteurs plus capitalistiques, par exemple les technologies de l'information et les sciences de la vie. Il s'agit d'un signe évident de la croissance de l'industrie canadienne du CR, qui a permis aux entreprises de haute technologie de profiter de capitaux plus importants.
Par contre, l'on dispose de peu d'information permettant de connaître la demande de CR et de savoir si les montants fournis dans le cadre de transactions d'une valeur de plus en plus grande répondent aux besoins de la plupart des entreprises canadiennes. Sans cette information, il est très difficile de déterminer si, effectivement, des lacunes existent en ce qui concerne les transactions de moindre valeur. Par conséquent, il semble que la principale difficulté n'est pas tant l'accès à des financements en CR de plus faible valeur, mais plutôt l'obtention de montants plus importants, essentiels à la commercialisation de produits issus de travaux de recherche-développement (R-D). Plus précisément, il se peut que ce soit le cas d'entreprises de certains secteurs précis, entre autres du secteur de la biotechnologie, qui ont besoin de suffisamment de capitaux et de temps pour lancer un produit sur le marché.
Bilan sectoriel — les tendances relatives aux transactions de plus grande valeur sont principalement attribuables aux technologies de l'information
Tant le secteur des technologies de l'information que celui des sciences de la vie ont profité d'une forte augmentation des investissements en CR de 1996 à 2002, mais c'est le secteur des technologies de l'information qui a contribué davantage à stimuler la croissance globale des activités de financement par CR au Canada. Les importants besoins en capital associés à ces transactions ont favorisé la prédominance de transactions de plus grande valeur. En moyenne, 66 p. 100 des transactions de grande valeur avaient trait aux technologies de l'information (comparativement à 17 p. 100 pour les sciences de la vie, à 14 p. 100 pour les secteurs traditionnels et à 3 p. 100 pour les autres technologies). En fait, les transactions relevant des secteurs traditionnels (p. ex. les services aux consommateurs et aux entreprises, la fabrication et la vente au détail) ont fait contrepoids aux tendances dans les secteurs des technologies de l'information et des sciences de la vie, en freinant l'augmentation de la valeur des transactions au cours de la période. La part de ces secteurs s'établit en moyenne à 40 p. 100 des financements de très faible valeur et à 33 p. 100 des financements de faible valeur. D'autres tendances sectorielles sont expliquées à la section 5.
L'éclosion des entreprises du secteur des technologies de l'information est à l'origine de transactions de plus grande valeur et d'une augmentation de la valeur moyenne des transactions au cours des dernières années. En conséquence, la création et l'éclosion d'autres entreprises de ce secteur et de celui des sciences de la vie stimuleront la croissance de l'industrie canadienne du CR.
Cependant, les données sur la valeur des transactions ne font pas état des préoccupations propres aux entreprises du secteur des sciences de la vie, lesquelles ont généralement besoin de capitaux importants pour financer les activités de recherche, de développement et de commercialisation de nouveaux produits. Cependant, selon les données, la valeur moyenne des transactions relatives à ces entreprises (2,7 millions de dollars) était de beaucoup inférieure à celle ayant trait aux entreprises du secteur des technologies de l'information (3,5 millions) de 1996 à 2002.
En l'absence de données qualitatives et quantitatives supplémentaires sur la demande de CR par les entreprises du secteur des sciences de la vie, il est très difficile de déterminer s'il existe des lacunes quant à la valeur des transactions dans ce secteur. Par ailleurs, d'autres facteurs pourraient empêcher ces entreprises d'obtenir du capital, par exemple la qualité des propositions d'affaires, l'expérience et le savoir-faire de l'équipe de gestion ou la longue période d'incubation associée aux investissements dans le domaine des sciences de la vie.
Bilan régional — les transactions de très faible et de faible valeur sont concentrées au Québec et les transactions de grande valeur, en Ontario
De 1996 à 2002, la plupart des activités de financement par CR — les transactions de très faible valeur, de faible valeur, de valeur moyenne et de grande valeur — avaient trait aux secteurs émergents de l'informatique et de la haute technologie dans la région métropolitaine de Toronto, la vallée de l'Outaouais et la région métropolitaine de Montréal. Cependant, la valeur des transactions varie considérablement d'une région à l'autre.
Comme le montrent les figures 16, 17, 18 et 19, les transactions de très faible et de faible valeur étaient concentrées au Québec, la part moyenne de cette province s'élevant à 60 et à 50 p. 100 respectivement de 1996 à 2002 (comparativement à 22 et à 26 p. 100 pour l'Ontario et à 7 et à 9 p. 100 pour la Colombie-Britannique). Le Québec a dominé jusqu'en 1998 la scène canadienne du CR, si l'on en juge par le nombre de transactions, la valeur des transactions et le capital investi. Depuis 1999, le Québec a continué à devancer les autres provinces pour ce qui est du nombre de transactions, mais s'est laissé distancé quant à la valeur des transactions et au capital investi.
Au Québec, l'accent porte nettement sur les entreprises du secteur des sciences de la vie, de sorte qu'il est difficile d'expliquer pourquoi la valeur moyenne des transactions y est inférieure, car normalement, l'éclosion d'entreprises du secteur des sciences de la vie ainsi que leurs besoins plus importants en capital devraient se traduire par des transactions de plus grande valeur. Il y a un grand nombre de transactions de faible valeur au Québec, ce qui fait baisser la valeur moyenne des transactions. Des renseignements supplémentaires sur les besoins en capital des entreprises du secteur des sciences de la vie permettraient de préciser s'il existe des lacunes relativement à la valeur des transactions dans ce secteur au Canada, d'autant plus que la valeur moyenne des transactions de CR pour les entreprises américaines du secteur des sciences de la vie était beaucoup plus élevée (16 millions de dollars canadiens aux États-Unis, comparativement à 2,7 millions au Canada, en 2002).
En ce qui concerne les transactions de valeur moyenne, la part de l'Ontario et du Québec était dans chaque cas de 39 p. 100, celle de la Colombie-Britannique, de 10 p. 100 et enfin celle de l'Alberta, de 5 p. 100.
Par contre, les transactions de grande valeur ont été concentrées en Ontario, la part de cette province étant de 59 p. 100 en moyenne de 1996 à 2002, comparativement à 23 p. 100 pour le Québec et à 12 p. 100 pour la Colombie-Britannique. L'Ontario a également obtenu une plus grande part des financements de grande valeur, de l'ordre de 64 p. 100 en 2000, de 62 p. 100 en 2001 et de 60 p. 100 en 2002.
Figure 16 : Répartition régionale des transactions de très faible valeur (< 500 000 $), 1996-2002
Figure 17 : Répartition régionale des transactions de faible valeur (de 500 000 $ à 1 million de dollars), 1996-2002
Figure 18 : Répartition régionale des transactions de valeur moyenne (de 1 million à 5 millions de dollars), 1996-2002
Figure 19 : Répartition régionale des transactions de grande valeur (5 millions de dollars et plus), 1996-2002
Pour illustrer ces tendances, le tableau 9 montre que les financements de plus grande valeur dans les secteurs technologiques en Ontario et en Colombie-Britannique (par rapport aux financements plus nombreux et de moindre valeur qui l'emportent au Québec) ont continuellement surclassé la valeur moyenne des transactions au Canada au cours des sept dernières années. Veuillez vous reporter à la section 5 pour obtenir plus de précisions sur les tendances régionales.
Concentration accrue de transactions de plus grande valeur depuis 2001, mais transactions de moindre valeur en 2003
Bien que les transactions de grande valeur aient représenté une part impressionnante du total des investissements en 2002, de l'ordre de 71 p. 100, et que la valeur moyenne des transactions ait atteint 3 millions de dollars, ces transactions de grande valeur étaient pratiquement inexistantes au cours des neuf premiers mois de 2003. Ainsi, la valeur moyenne des transactions a chuté radicalement, passant de 3 millions en 2002 à 1,8 million. Cette tendance, même si elle n'est pas nécessairement appelée à durer, est le résultat d'une baisse marquée des investissements en CR d'un certain nombre de sociétés. Selon Macdonald & Associates Limited, aucune mégatransaction n'a été conclue au cours des six premiers mois de 2003. Cependant, des faits nouveaux intéressants ont été enregistrés au cours du troisième trimestre, et le quatrième pourrait donner lieu à une croissance soutenue du niveau des activités de financement et de la valeur des transactions.
Le milieu du CR au Canada paraît minuscule en comparaison de celui des États-Unis. De 1996 à 2002, la valeur moyenne des transactions de CR au Canada a augmenté de 72 p. 100, passant de 1,8 à 3 millions de dollars, pour atteindre une valeur moyenne de 2,7 millions par transaction. En 2000 et en 2001, la valeur moyenne des transactions au Canada a atteint respectivement 4,3 et 4 millions, mais la valeur moyenne des transactions aux États-Unis a été, de façon continue, de trois à quatre fois supérieure — de l'ordre de 6,5 millions de dollars canadiens en 1996 et de 12,6 millions en 2002.
Trois facteurs peuvent probablement expliquer cet écart quant à la valeur des transactions.
La valeur moyenne plus élevée des transactions aux États-Unis donne souvent l'impression que les investisseurs canadiens de CR sont moins enclins à courir des risques que leurs homologues américains, ce qui n'est peut-être pas faux. Cependant, il est possible que les investisseurs américains disposent de trop de capital pour effectuer des transactions de faible valeur, ce qui pourrait témoigner d'un intérêt moins grand des investisseurs américains de CR envers les transactions de faible valeur et du fait que l'industrie redoute les risques (en particulier depuis l'effondrement dans le secteur technologique). En outre, il est possible que les investisseurs américains privilégient davantage la syndication, ce qui leur permet de partager les risques et de financer les transactions de plus grande valeur. Par conséquent, la perception générale selon laquelle les investisseurs canadiens de CR sont peu enclins à prendre des risques doit être examinée en fonction de la taille relative des deux marchés du CR, tout en tenant compte des pratiques de syndication. Malheureusement, ni la National Venture Capital Association ni Venture Economics ne font état des tendances relatives aux investissements en CR selon la valeur des transactions, de sorte qu'il est difficile de répondre à ces questions avec certitude.
Quoi qu'il en soit, il existe toujours un écart important quant à la valeur moyenne des transactions, lequel soulève des questions fondamentales pour les entreprises canadiennes, en particulier celles du secteur des sciences de la vie, qui ont tendance à avoir besoin de plus de capitaux pour lancer de nouveaux produits sur le marché. Les tendances sectorielles et les questions relatives à la valeur des transactions par secteur sont précisées à la section 5, alors qu'il est question des forces, des faiblesses et des enjeux de politique publique à la section 9. Ces aspects sont également abordés dans l'analyse des lacunes, à la partie IV.
Note 59 Il existe deux principales méthodes d'analyse des investissements en CR : diviser la valeur moyenne des financements ou transactions (c.-à-d. le montant total investi) par le nombre de transactions; ou diviser la valeur moyenne des investissements par société d'investissement (c.-à-d. le montant total investi) par le nombre d'entreprises financées. Avant 2002, Macdonald & Associates Limited utilisait la première méthode — valeur moyenne des transactions — pour rendre compte de la valeur moyenne des investissements en CR. Cependant, depuis 2002, la deuxième méthode — valeur moyenne des investissements par entreprise — est utilisée. Bien que cela n'influe pas sur les tendances en général, la valeur moyenne des investissements par entreprise est habituellement supérieure à la valeur moyenne des transactions, car certaines entreprises peuvent conclure plus d'une transaction et le nombre de transactions excède normalement le nombre d'entreprises financées.