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Financement des PME au Canada, 2003 - Partie IV : Profil du financement par capital de risque

5. Financement par quasi-actions

Le financement par quasi-actions (également appelé financement mezzanine ou secondaire, ou encore créance de rang inférieur ou dette de second rang) est un autre type de financement dont se servent souvent les PME. Il repose normalement sur un ensemble de formules de financement par emprunt et de financement par actions, qui permettent aux investisseurs de réaliser des gains par une plus-value en capital ainsi que de tirer des intérêts du remboursement des dettes. Le financement par quasi-actions est souvent plus attrayant pour les entreprises dont le potentiel de croissance est limité ou encore pour les entrepreneurs qui refusent de renoncer au contrôle de leur entreprise, en tout ou en partie, par la vente d'actions.

Le marché canadien du financement par quasi-actions est encore relativement jeune et restreint. Toutefois, les investissements en quasi-actions ont augmenté en tout de 77 p. 100, passant de 208 millions de dollars investis dans 347 entreprises en 1999 à des investissements de 369 millions dans 583 entreprises en 2002. Ce marché est demeuré vigoureux en 2002, et un certain nombre d'investisseurs de fonds mezzanine ont surgi dans la plupart des régions canadiennes, ce qui a contribué à l'accroissement de l'activité :

  • investissements totalisant 369 millions de dollars (contre 292 millions en 2001);
  • financement consenti à 583 entreprises (contre 550 en 2001);
  • investissements importants (5 millions de dollars et plus), accaparant 233 millions, soit 63 p. 100 de l'ensemble des investissements (contre 51 p. 100 en 2001).

Selon certains observateurs, le récent climat d'incertitude dans le marché peut avoir encouragé les intervenants de l'industrie à concentrer davantage leurs investissements dans des entreprises privées bien établies du marché intermédiaire124. En outre, il se peut que les entreprises de haute technologie connaissant une croissance rapide aient décidé de retarder leur sortie, au lieu d'attendre des modalités plus favorables de PAPE. Ces entreprises ont créé une plus forte demande de financement par créance de rang inférieur à titre d'option de financement intérimaire. Le nombre d'investissements de l'ordre de 5 millions de dollars et plus a augmenté de 55  p. 100 en 2002 par rapport à l'année précédente, ce qui pourrait témoigner de l'appétit des investisseurs en faveur de gros investissements.

Perspective régionale
En 2002, les entreprises ontariennes ont supplanté celles du Québec comme principales bénéficiaires d'investissements en quasi-actions, 166 millions de dollars (45 p. 100 du financement total par quasi-actions) ayant été investis dans 182 entreprises. En 2001, les entreprises québécoises ont attiré 27  p. 100 du financement par créance de rang inférieur. En ce qui a trait au nombre de financements, par contre, les entreprises du Québec ont davantage attiré de financement par quasi-actions, 277 entreprises ayant obtenu un financement (soit 39 p. 100 du total). Par contre, les sommes investies au Canada atlantique ont diminué de 92 p. 100.

En 2002, les investissements en quasi-actions ont atteint :

  • 166 millions de dollars (45 p. 100 du total) en Ontario, contre 76 millions (30 p. 100) en 2000;
  • 68 millions de dollars (19 p. 100) au Québec, contre 79 millions (27 p. 100) en 2001;
  • 53 millions de dollars (14 p. 100) en Colombie-Britannique, contre 11 millions (4 p. 100) en 2001;
  • 78 millions de dollars (21 p. 100) dans les Prairies, contre 42 millions (16 p. 100) en 2001;
  • 3,5 millions de dollars (0,9 p. 100) au Canada atlantique, contre 49 millions (19 p. 100) en 2001.

Les investissements étaient destinés à :

  • 182 entreprises de l'Ontario (contre 196 en 2001);
  • 227 entreprises du Québec (contre 211 en 2001);
  • 75 entreprises de la Colombie-Britannique (contre 47 en 2001);
  • 78 entreprises des Prairies (contre 108 en 2001);
  • 20 entreprises du Canada atlantique (contre 23 en 2001).

Graphique 64
Financement par quasi-actions par région, de 2001 à 2002

Financement par quasi-actions par région, de 2001 à 2002

Les investissements étaient concentrés dans le secteur des produits de consommation
Comme c'était le cas en 2001, l'industrie canadienne du financement par quasi-actions a axé ou accru ses investissements dans les secteurs du marché intermédiaire parvenus à maturité, comme les produits et services de consommation et la fabrication. En 2002 :

  • le secteur des produits et services de consommation a attiré des investissements de 195 millions de dollars (53 p. 100 du total des investissements) dans 366 entreprises;
  • le secteur de la fabrication a capturé des investissements de 67 millions de dollars (18 p. 100) dans 78 entreprises;
  • les secteurs technologiques ont bénéficié d'un autre 21 p. 100 des investissements (soit 79 millions de dollars), qui gagne les technologies de l'information et des communications avec 50 millions de dollars (13 p. 100) investis dans 67 entreprises;
  • les sciences de la vie avec 29 millions de dollars (8 p. 100) investis dans 11 entreprises.

Gros investissements privilégiés dans le cadre des investissements en quasi-actions
Les financements importants par quasi-actions (de 5 millions de dollars et plus) s'élevaient à 233 millions (63  p. 100 du total des investissements en quasi-actions) et étaient destinés à 21 entreprises en 2002, contre 150 millions investis dans 9 entreprises en 2001, soit 51 p. 100 du financement par créance de rang inférieur. Les gros investissements s'établissaient en moyenne à 11,1 millions en 2002, contre 11,5 millions de $ en 2001.

Un financement intermédiaire (de 1 à 5 millions de dollars) s'élevant à 55 millions a été consenti à 37 entreprises, soit 15 p. 100 du total des investissements en quasi-actions en 2002, contre 52 millions investis dans 37 entreprises, soit 18 p. 100 du total en 2001. La valeur moyenne des investissements était de 1,5 million en 2002 et de 1,6 million en 2001.

Les petits financements (de un million de dollars ou moins) ont continué d'intéresser les investisseurs, les investissements totalisant 81 millions (22 p. 100 du total) répartis entre 529 entreprises, soit 90 p. 100 des entreprises qui ont reçu un financement par quasi-actions en 2002. En 2001, ces transactions s'élevaient à 90 millions, soit 31 p. 100 du total, investis dans 510 entreprises. Comme par les années passées, les petits investissements (de moins de 500 000 $) constituaient la plupart des investissements en quasi-actions dans la catégorie inférieure à un million de dollars, 63 millions (78 p. 100) ayant été investis dans 498 entreprises; en 2001, ces entreprises ont attiré 66 millions (73 p. 100) dans 475 entreprises. En 2002, la moyenne des petits financements inférieurs à 500 000 $ s'établissait à 126 000 $ et celle de la catégorie des financements de moins de un million s'élevait à 152 550 $.

Rôle de la Banque de développement du Canada
La BDC est le plus important fournisseur de financement par quasi-actions au Canada. Tout comme les années précédentes, la BDC a mis l'accent sur les transactions de moins de un million de dollars, continuant ainsi de jouer un rôle de chef de file dans cette catégorie d'investissement. En 2002, la BDC :

  • a investi 107 millions de dollars dans 523 entreprises;
  • a été responsable de 89 p. 100 (72 millions de dollars) du total des investissements de l'industrie dans la catégorie des petits investissements (inférieurs à un million de dollars);
  • était régionalement diversifiée, investissant partout au pays;
  • a accordé 88 p. 100 de ses investissements aux secteurs traditionnels

Graphique 65
Financement par quasi-actions par secteur, de 2001 à 2002

Financement par quasi-actions par secteur, de 2001 à 2002

Conclusion

Toute proportion gardée, l'économie canadienne a bénéficié virtuellement du même niveau de capital de risque et d'activité relative au CR que l'économie américaine. Néanmoins, certains écarts régionaux existent en matière d'investissements de CR, notamment dans les Prairies et, dans une moindre mesure, dans les provinces de l'Atlantique. Ces écarts, qui devront être examinés de façon détaillée, peuvent s'expliquer par la nature et les rouages des processus d'investissements de CR et par la structure de l'activité économique régionale. Il faut également étudier à fond le faible taux de survie des petites entreprises qui lancent des PAPE, car cela pourrait éventuellement compromettre le développement et la croissance de l'économie canadienne. À la lumière des résultats présentés plus tôt, il faudra répondre à un certain nombre de questions, notamment :

  • Quelle est l'incidence d'une piètre performance des émissions de faible valeur au Canada sur la liquidité du marché?
  • Doit-on mettre l'accent sur la facilitation au stade précédant le financement par un PAPE?
  • Quelles solutions de rechange peut-on trouver pour retarder les PAPE jusqu'à ce que les entreprises aient une chance raisonnable d'assurer leur survie?

124. Voir la définition dans le glossaire.