Le financement par quasi-actions (également appelé financement mezzanine ou secondaire, ou encore créance de rang inférieur ou dette de second rang) est un autre type de financement dont se servent souvent les PME. Il repose normalement sur un ensemble de formules de financement par emprunt et de financement par actions, qui permettent aux investisseurs de réaliser des gains par une plus-value en capital ainsi que de tirer des intérêts du remboursement des dettes. Le financement par quasi-actions est souvent plus attrayant pour les entreprises dont le potentiel de croissance est limité ou encore pour les entrepreneurs qui refusent de renoncer au contrôle de leur entreprise, en tout ou en partie, par la vente d'actions.
Le marché canadien du financement par quasi-actions est encore relativement jeune et restreint. Toutefois, les investissements en quasi-actions ont augmenté en tout de 77 p. 100, passant de 208 millions de dollars investis dans 347 entreprises en 1999 à des investissements de 369 millions dans 583 entreprises en 2002. Ce marché est demeuré vigoureux en 2002, et un certain nombre d'investisseurs de fonds mezzanine ont surgi dans la plupart des régions canadiennes, ce qui a contribué à l'accroissement de l'activité :
Selon certains observateurs, le récent climat d'incertitude dans le marché peut avoir encouragé les intervenants de l'industrie à concentrer davantage leurs investissements dans des entreprises privées bien établies du marché intermédiaire124. En outre, il se peut que les entreprises de haute technologie connaissant une croissance rapide aient décidé de retarder leur sortie, au lieu d'attendre des modalités plus favorables de PAPE. Ces entreprises ont créé une plus forte demande de financement par créance de rang inférieur à titre d'option de financement intérimaire. Le nombre d'investissements de l'ordre de 5 millions de dollars et plus a augmenté de 55 p. 100 en 2002 par rapport à l'année précédente, ce qui pourrait témoigner de l'appétit des investisseurs en faveur de gros investissements.
Perspective régionale
En 2002, les entreprises ontariennes ont supplanté celles du Québec comme principales bénéficiaires d'investissements en quasi-actions, 166 millions de dollars (45 p. 100 du financement total par quasi-actions) ayant été investis dans 182 entreprises. En 2001, les entreprises
québécoises ont attiré 27 p. 100 du financement par créance de rang inférieur. En ce qui a trait au nombre de financements, par contre, les entreprises du Québec ont davantage attiré de financement par quasi-actions, 277 entreprises ayant obtenu un financement (soit 39 p. 100 du total). Par contre, les sommes investies au
Canada atlantique ont diminué de 92 p. 100.
En 2002, les investissements en quasi-actions ont atteint :
Les investissements étaient destinés à :
Graphique 64
Financement par quasi-actions par région, de 2001 à 2002
Les investissements étaient concentrés dans le secteur des produits de consommation
Comme c'était le cas en 2001, l'industrie canadienne du financement par quasi-actions a axé ou accru ses investissements dans les secteurs du marché intermédiaire parvenus à maturité, comme les produits et services de consommation
et la fabrication. En 2002 :
Gros investissements privilégiés dans le cadre des investissements en quasi-actions
Les financements importants par quasi-actions (de 5 millions de dollars et plus) s'élevaient à 233 millions (63 p. 100 du total des investissements en quasi-actions) et étaient destinés à 21 entreprises en 2002, contre 150 millions investis dans 9 entreprises en 2001, soit 51 p. 100 du financement par créance de rang
inférieur. Les gros investissements s'établissaient en moyenne à 11,1 millions en 2002, contre 11,5 millions de $ en 2001.
Un financement intermédiaire (de 1 à 5 millions de dollars) s'élevant à 55 millions a été consenti à 37 entreprises, soit 15 p. 100 du total des investissements en quasi-actions en 2002, contre 52 millions investis dans 37 entreprises, soit 18 p. 100 du total en 2001. La valeur moyenne des investissements était de 1,5 million en 2002 et de 1,6 million en 2001.
Les petits financements (de un million de dollars ou moins) ont continué d'intéresser les investisseurs, les investissements totalisant 81 millions (22 p. 100 du total) répartis entre 529 entreprises, soit 90 p. 100 des entreprises qui ont reçu un financement par quasi-actions en 2002. En 2001, ces transactions s'élevaient à 90 millions, soit 31 p. 100 du total, investis dans 510 entreprises. Comme par les années passées, les petits investissements (de moins de 500 000 $) constituaient la plupart des investissements en quasi-actions dans la catégorie inférieure à un million de dollars, 63 millions (78 p. 100) ayant été investis dans 498 entreprises; en 2001, ces entreprises ont attiré 66 millions (73 p. 100) dans 475 entreprises. En 2002, la moyenne des petits financements inférieurs à 500 000 $ s'établissait à 126 000 $ et celle de la catégorie des financements de moins de un million s'élevait à 152 550 $.
Rôle de la Banque de développement du Canada
La BDC est le plus important fournisseur de financement par quasi-actions au Canada. Tout comme les années précédentes, la BDC a mis l'accent sur les transactions de moins de un million de dollars, continuant ainsi de jouer un rôle de chef de file dans cette catégorie d'investissement. En 2002, la BDC :
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Financement par quasi-actions par secteur, de 2001 à 2002
Toute proportion gardée, l'économie canadienne a bénéficié virtuellement du même niveau de capital de risque et d'activité relative au CR que l'économie américaine. Néanmoins, certains écarts régionaux existent en matière d'investissements de CR, notamment dans les Prairies et, dans une moindre mesure, dans les provinces de l'Atlantique. Ces écarts, qui devront être examinés de façon détaillée, peuvent s'expliquer par la nature et les rouages des processus d'investissements de CR et par la structure de l'activité économique régionale. Il faut également étudier à fond le faible taux de survie des petites entreprises qui lancent des PAPE, car cela pourrait éventuellement compromettre le développement et la croissance de l'économie canadienne. À la lumière des résultats présentés plus tôt, il faudra répondre à un certain nombre de questions, notamment :