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Financement des PME au Canada, 2003 - Partie II : Structure financière des PME canadiennes

7. PME à forte croissance

Caractéristiques de la PMEC typique en 2000

  • Pourcentage par rapport au nombre d'entreprises : 12 p. 100 des 1,4 million de PME
  • Total des capitaux propres : 254 500 $ en moyenne
  • Demande de financement : 31 p. 100 des PMEC ont fait une demande de financement par emprunt; 80 p. 100 de ces demandes ont été approuvées
  • Secteurs prédominants : 17 p. 100 des PME manufacturières, puis 16 p. 100 des entreprises de l'industrie du savoir
  • Taille de l'entreprise : 22 p. 100 des moyennes entreprises (de 100 à 499 employés)
  • Présence régionale : homogène partout au Canada, variant de 11 p. 100 des PME au Québec à 13 p. 100 en Alberta

Un petit sous-ensemble de PME contribue de façon énorme à la croissance économique du Canada — les PMEC57. Ces entreprises ont pour caractéristique d'être en mesure de maintenir des taux de croissance supérieurs à la moyenne pendant de longues périodes. En plus d'être en grande partie responsables de la création de nouveaux emplois, les PMEC contribuent considérablement à l'innovation.

Types formels et informels de financement

Types formels de financement en 2000

  • 50 p. 100 des PMEC ont fait appel aux prêts commerciaux et aux marges de crédit (semblable à la moyenne nationale de 49 p. 100).
  • 32 p. 100 ont fait appel aux cartes de crédit commercial (la moyenne nationale étant de 26 p. 100).
  • 20 p. 100 ont fait appel au crédit-bail (pourcentage supérieur à la moyenne nationale de 16 p. 100).

Types informels de financement en 2000

  • 47 p. 100 des PMEC ont fait appel au crédit commercial des fournisseurs (pourcentage supérieur à la moyenne nationale de 39 p. 100).
  • 37 p. 100 ont fait appel aux cartes de crédit personnelles des propriétaires (pourcentage supérieur à la moyenne nationale de 33 p. 100).
  • 35 p. 100 ont fait appel aux économies personnelles des propriétaires (pourcentage semblable à la moyenne nationale).
  • 13 p. 100 ont fait appel à des emprunts auprès de parents et amis des propriétaires (pourcentage supérieur à la moyenne nationale de 10 p. 100).

Principales constatations relatives aux PMEC en 2000

  • Les structures financières des PMEC reflètent l'utilisation élevée d'instruments formels (50 p. 100 des PMEC ont fait appel aux prêts commerciaux, et 20 p. 100 au crédit-bail) et d'instruments informels (46 p. 100 ont fait appel au crédit commercial, et 35 p. 100 aux économies personnelles).
  • Les PMEC ont davantage fait appel au capital de risque que toutes les autres PME — faisant deux fois plus appel aux investissements providentiels et six fois plus aux investissements de CR.
  • Font partie des PMEC :
    • 17 p. 100 des entreprises manufacturières (utilisation élevée de prêts commerciaux et de crédit commercial).
    • 16 p. 100 des entreprises de l'industrie du savoir (utilisation élevée des bénéfices xnon répartis, du capital de risque et des économies).

Le graphique 30 indique que les taux d'utilisation des types formels et informels de financement des PMEC équivalent ou sont supérieurs à ceux de toutes les PME. Par contre, tel que précisé un peu plus loin, l'utilisation de sources formelles et informelles de financement par emprunt n'entraîne pas les mêmes dépenses que le financement à même l'avoir propre. Les PMEC font aussi grandement appel au capital de risque, ce qui est associé au secteur d'activité des PMEC et à leur fort potentiel de croissance.

Graphique 30
Types d'instruments financiers utilisés par les PMEC en 2000*

Types d'instruments financiers utilisés par les PMEC en 2000

Influence du secteur sur la structure financière des PMEC

Les industries du savoir représentaient 16 p. 100 des entreprises de ce secteur, comparativement à 12 p. 100 des PME globalement. Tel que précisé à la section 3.2.1 de la présente partie, les PME des industries du savoir faisaient partie des entreprises à moins forte intensité de financement par emprunt de tous les secteurs en 2000 et avaient tendance à compter sur les ressources internes de l'entreprise (p. ex., bénéfices non répartis) ou le financement externe par actions.

Graphique 31
Répartition sectorielle des PMEC en 2000

Répartition sectorielle des PMEC en 2000

Les entreprises à forte croissance ne font pas exclusivement partie des secteurs de haute technologie. Tel qu'illustré au graphique 31, 17 p. 100 des PMEC font partie du secteur manufacturier, ce qui concorde avec les résultats d'une étude58 du ministère du Développement économique et du Commerce de l'Ontario portant sur les entreprises à forte croissance de la province. L'étude a démontré que la structure financière des PMEC reflète le fait qu'une part importante de ces entreprises font partie du secteur manufacturier. Tel que précisé à la section 3.1.2 de la présente partie, les PME manufacturières étaient parmi les plus grands utilisateurs de sources tant formelles qu'informelles de financement par emprunt et préféraient notamment les instruments financiers souples, comme les cartes de crédit commercial et le crédit-bail, les deux prévalant dans la composition du capital des PMEC.

Avoir propre des PMEC en 2000

  • L'avoir propre des PMEC s'élevait en moyenne à 120 500 $.
  • 57 p. 100 appartenait au propriétaire-exploitant de l'entreprise (proportion inférieure par rapport à 86 p. 100 pour les PME globalement).
  • 5 p. 100 appartenait aux investisseurs en capital de risque étrangers et canadiens (proportion plus élevée par rapport à 0,3 p. 100 pour les PME globalement).
  • 4 p. 100 appartenait à des investisseurs étrangers et canadiens privés (comparativement à 1 p. 100 pour les PME globalement).

Outre les sources formelles et informelles de financement par emprunt, les PMEC font davantage appel à des capitaux externes que les autres PME. Cette différence est plus marquée en ce qui a trait à la participation au capital de l'entreprise par le propriétaire-exploitant. Alors que 86 p. 100 des capitaux propres des entreprises canadiennes appartenaient directement aux propriétaires d'entreprise, cette proportion était de 72 p. 100 dans le cas des PMEC, indiquant une plus grande propension à accepter un apport de capital. En fait, les investisseurs providentiels et les investisseurs en capital de risque ont investi près de 2 milliards de dollars dans les PMEC en 2000, soit deux fois plus que le montant des investissements informels (providentiels) et six fois plus que le montant de capital de risque investi dans les PME globalement.

D'autres études de Statistique Canada portant sur les petites entreprises innovatrices au Canada ont révélé qu'un grand nombre de petites entreprises des milieux à forte intensité de savoir (ce qui est le cas de nombreuses PMEC) comptent sur le capital de risque et les bénéfices non répartis plutôt que sur le financement par emprunt. Une de ces études laisse entendre que les structures de capital à forte intensité de financement par emprunt limitent les possibilités de croissance et la R-D, alors que le financement par actions offre plus de souplesse et de soutien à l'investissement59.

Ces données commencent à brosser le tableau des contributions des PMEC à l'économie et touchent à la question d'éventuelles imperfections (écarts) du marché pouvant compromettre l'accès des PMEC à des types et à des niveaux appropriés de financement60. À la lumière des résultats concernant les premiers appels publics à l'épargne des sociétés dont il est question à la partie IV, une préoccupation demeure, à savoir si les fournisseurs de capital de risque présents sur le marché ont accès à un volume suffisamment important de capitaux d'investissement pour appuyer l'expansion des PMEC à long terme. L'accès en temps opportun au capital de risque peut être un facteur déterminant, permettant à une entreprise d'exploiter pleinement son potentiel sur le marché et de développer des produits dans un contexte en évolution rapide. Sans cela, on risque d'entraîner son échec, sa vente et la cessation de ses activités au Canada. Une surveillance continue est essentielle afin d'assurer que de tels écarts ne compromettent pas les perspectives de croissance de ces entreprises, surtout en raison de leur énorme contribution à l'économie canadienne.


57. Dans la présente analyse, les PMEC (également appelées gazelles) désignent les entreprises dont les taux de croissance annuels cumulatifs des ventes sont de 50 p. 100 ou plus au cours de la période de trois ans, s'échelonnant de 1997 à 2000.

58. Ministère du Développement économique et du Commerce, The Universe of Ontario's Leading Growth Firms, gouvernement de l'Ontario, 1999.

59. John Baldwin, Guy Gellatly et Valérie Gaudreault, Financement de l'innovation dans les nouvelles petites entreprises : Nouveaux éléments probants provenant du Canada, rapport préparé par la Division de l'analyse micro-économique de Statistique Canada, 2002.

60. Industrie Canada a également entrepris une importante étude sur les PMEC couvrant une période de 15 ans (1985-1999), dont on s'attend d'obtenir des résultats complémentaires révélateurs qui seraient disponibles plus tard en 2003.