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Financement des PME au Canada, 2003 - Partie II : Structure financière des PME canadiennes

2. Stade de développement de l'entreprise

Principales constatations relatives aux PME en démarrage

  • Deux nouvelles entreprises sur cinq ne survivent pas à leur deuxième année en affaires.
  • Le financement de démarrage provient en grande partie des économies personnelles, des marges de crédit ou des cartes de crédit du propriétaire.
  • À peine 29 p. 100 des PME en démarrage sont financées par des prêts commerciaux ou des marges de crédit consentis par des établissements financiers, comparativement à 49 p. 100 des PME établies.
  • Il existe des variations semblables quant à la structure financière des PME en démarrage et des entreprises établies, selon la région, le secteur et la taille de l'entreprise.

Le défi de l'accès au financement pour les entreprises en démarrage

La création et le développement d'une entreprise reposent normalement sur divers stades de financement et une variété d'instruments de financement par emprunt et par actions. Ces instruments varient en fonction du type d'entreprise, de ses perspectives de croissance et des conditions qui prévalent sur le marché35. Souvent, par contre, les taux élevés d'échec des entreprises qui viennent de faire leur entrée sur le marché (voir l'encadré) sont symptomatiques d'un degré de risque supérieur au goût du risque d'un grand nombre d'établissements financiers. Selon une étude réalisée en 1997 par la société Thompson Lightstone, par exemple, les taux de refus des demandes d'entreprises en démarrage par les établissements financiers dépassaient 40 p. 100, comparativement à 13 p. 100 pour l'ensemble des PME36. Une étude antérieure (1994) de Riding et Haines a révélé que les nouvelles entreprises constituaient moins de 5 p. 100 de la clientèle des établissements financiers. C'est pourquoi les entreprises en démarrage font appel à des sources informelles externes de financement et tendent à compter davantage sur le crédit et les économies personnelles des propriétaires d'entreprise.

Le « va-et-vient » des entreprises qui font leur entrée sur le marché des PME

En réalité, la plupart des entreprises qui font leur entrée sur le marché ne survivent pas au stade du démarrage, ce que plusieurs qualifient de phénomène de « va-et-vient » (ou de porte tournante). En fait, selon un récent rapport de Statistique Canada, les taux d'échec de ces entreprises étaient extrêmement élevés, 40 p. 100 d'entre elles se retirant du marché avant la fin de leur seconde année en affaires. Cette étude a révélé que le temps de survie des nouvelles entreprises s'établissait en moyenne à environ six ans. Il est vrai que les entreprises qui viennent d'entrer sur le marché doivent relever de nombreux défis à leurs débuts, mais leurs chances de survie augmentent à mesure qu'elles acquièrent de la maturité.

Source : Baldwin, John, Lin Bian et Richard Dupuy, Taux d'échec des nouvelles entreprises canadiennes : Nouvelles perspectives sur les entrées et les sorties, Statistique Canada, 2000.

Types formels et informels de financement utilisés durant le démarrage

Le graphique 21 montre les instruments financiers utilisés par les PME en démarrage37. Les tendances en ce qui a trait au financement des entreprises en démarrage diffèrent nettement de celles relatives au financement des PME globalement au pays (voir le graphique 18).

Graphique 21
Types d'instruments financiers utilisés par les PME en démarrage*

Types d'instruments financiers utilisés par les PME en démarrage

Types formels de financement utilisés durant le démarrage

  • 29 p. 100 des PME en démarrage ont fait appel aux prêts commerciaux et aux marges de crédit (comparativement à 49 p. 100 pour les PME globalement).
  • 12 p. 100 ont fait appel au crédit-bail (comparativement à 16 p. 100 pour les PME globalement).
  • 8 p. 100 ont fait appel aux cartes de crédit commercial (comparativement à 26 p. 100 pour les PME globalement).
  • 5 p. 100 ont fait appel aux prêts ou aux subventions du gouvernement (comparativement à 7 p. 100 pour les PME globalement).

Types informels de financement utilisés durant le démarrage

  • 66 p. 100 des PME en démarrage ont fait appel aux économies personnelles des propriétaires (comparativement à 35 p. 100 pour les PME globalement).
  • 23 p. 100 ont fait appel aux marges de crédit personnelles des propriétaires (comparativement à 21 p. 100 pour les PME globalement).
  • 19 p. 100 ont fait appel aux prêts personnels des propriétaires (comparativement à 14 p. 100 pour les PME globalement).
  • 12 p. 100 ont fait appel à des emprunts auprès de parents ou amis des propriétaires (comparativement à 10 p. 100 pour les PME globalement).

Le schéma global du financement des PME dont il a été question à la section 1 était centré sur les prêts commerciaux, le crédit commercial et les bénéfices non répartis. Dans le cas des entreprises en démarrage, par contre, la capacité financière du propriétaire, plutôt que celle de l'entreprise, détermine davantage la structure financière de l'entreprise.

Portrait régional et sectoriel des entreprises en démarrage

Pour les entreprises en démarrage, les variations régionales et sectorielles ressemblaient à celles dont il a été fait état pour les PME globalement à la partie II, aux sections 1 et 3. Si les taux d'utilisation d'un instrument dans des régions ou des secteurs donnés étaient inférieurs parmi les PME globalement (voir le tableau 11), le financement d'entreprises en démarrage comparables avait tendance à suivre le même modèle (voir le tableau 10). La différence en ce qui a trait aux entreprises en démarrage est sur la plan de l'envergure. Les PME en démarrage font généralement beaucoup moins appel aux sources formelles de financement que les entreprises établies. Un exemple tiré du tableau 10 fait état des taux d'utilisation suivants de prêts commerciaux et de marges de crédit, répartis selon la région et le secteur.

Taux d'utilisation selon la région de prêts commerciaux et de marges de crédit par les entreprises en démarrage

  • 37 p. 100 des entreprises en démarrage du Canada atlantique ont fait appel aux prêts commerciaux et aux marges de crédit (comparativement à 54 p. 100 pour les PME globalement au Canada atlantique).
  • 26 p. 100 des entreprises en démarrage de l'Ontario y ont fait appel (comparativement à 44 p. 100 pour les PME globalement en Ontario).
  • 45 p. 100 des entreprises en démarrage au Manitoba, en Saskatchewan et au Nunavut y ont fait appel (comparativement à 61 p. 100 pour les PME globalement dans cette région).

Taux d'utilisation selon le secteur de prêts commerciaux et de marges de crédit par les entreprises en démarrage

  • 62 p. 100 des entreprises agricoles en démarrage ont fait appel aux prêts commerciaux et aux marges de crédit (comparativement à 72 p. 100 pour les PME agricoles globalement).
  • 40 p. 100 des entreprises en démarrage du secteur manufacturier y ont fait appel (comparativement à 51 p. 100 pour les PME manufacturières globalement).
  • 8 p. 100 des entreprises en démarrage des secteurs de l'industrie du savoir y ont fait appel (comparativement à 21 p. 100 pour les PME des industries du savoir globalement).

Incidence de la taille de l'entreprise sur le type de financement utilisé par les entreprises en démarrage38

La taille de l'entreprise influe sur la structure financière des entreprises en démarrage. Deux exemples tirés des tableaux 10 et 11 permettent de comparer les taux d'utilisation de prêts commerciaux, de marges de crédit et des économies personnelles des propriétaires des PME établies à ceux des entreprises en démarrage.

Taux d'utilisation de prêts commerciaux et de marges de crédit parmi les entreprises en démarrage selon la taille de l'entreprise

  • 21 p. 100 des entreprises en démarrage sans employés ont fait appel aux prêts commerciaux et aux marges de crédit (comparativement à 34 p. 100 des entreprises établies faisant partie de cette catégorie d'entreprises).
  • 32 p. 100 des entreprises en démarrage comptant de 1 à 4 employés y ont fait appel (comparativement à 50 p. 100).
  • 42 p. 100 des entreprises en démarrage comptant de 5 à 19 employés y ont fait appel (comparativement à 66 p. 100).
  • 45 p. 100 des entreprises en démarrage comptant de 20 à 99 employés y ont fait appel (comparativement à 69 p. 100).
  • 71 p. 100 des entreprises en démarrage comptant de 100 à 499 employés y ont fait appel (comparativement à 86 p. 100).

Taux d'utilisation des économies personnelles des propriétaires parmi les entreprises en démarrage selon la taille de l'entreprise

  • 64 p. 100 des entreprises en démarrage sans employés ont fait appel aux économies personnelles des propriétaires (comparativement à 36 p. 100 des entreprises établies faisant partie de cette catégorie d'entreprises).
  • 69 p. 100 des entreprises en démarrage comptant de 1 à 4 employés y ont fait appel (comparativement à 32 p. 100).
  • 66 p. 100 des entreprises en démarrage comptant de 5 à 19 employés y ont fait appel (comparativement à 33 p. 100).
  • 66 p. 100 des entreprises en démarrage comptant de 20 à 99 employés y ont fait appel (comparativement à 17 p. 100).
  • 37 p. 100 des entreprises en démarrage comptant de 100 à 499 employés y ont fait appel (comparativement à 11 p. 100).

La taille de l'entreprise est un facteur déterminant du taux d'utilisation des types formels de financement par les PME — une corrélation directe existant entre l'utilisation de prêts commerciaux ou de marges de crédit et la taille de l'entreprise. Ce schéma est à l'inverse en ce qui a trait au financement informel, le recours aux économies personnelles du propriétaire étant un phénomène plus courant parmi les petites entreprises. Tel que précisé à la section 4, le fait que les petites entreprises comptent davantage sur les types informels de financement n'a rien à voir avec l'âge de l'entreprise. Tant les petites entreprises en démarrage que les petites entreprises établies font davantage appel au financement informel que les plus grandes entreprises. On ne peut toutefois conclure, à partir d'une seule observation, qu'il s'agit d'un tableau fidèle ou que ces résultats sont attribuables à des facteurs sectoriels ou économiques. Ces différences laissent entrevoir un écart important au sein des marchés financiers quant au financement formel du début de croissance, mais il faudra obtenir d'autres données sur l'incidence relative des divers facteurs (p. ex., risque d'échec de l'entreprise, absence d'antécédents bien établis en matière de crédit, insuffisance d'actifs à fournir en garantie pour obtenir du financement ou encore d'autres facteurs sectoriels ou économiques).


35. Se reporter à la partie IV pour obtenir des précisions sur l'éventail d'options de financement par capital de risque employées par les PME canadiennes durant leurs divers cycles de croissance.

36. Thompson Lightstone & Company Ltd., Les PME au Canada : Énoncé de leurs besoins, de leurs attentes et de leur satisfaction envers les institutions financières, rapport préparé pour l'Association des banquiers canadiens, 1997.

37. Aux fins de comparaison, les PME en démarrage désignent les entreprises lancées par les propriétaires en partant de zéro avant la première vente de produits ou services, en tout temps entre 1996 et 2000. Les PME établies sont celles qui ont été lancées avant 1998, et les seules données disponibles les concernant sont réparties selon la taille de l'entreprise. Les expressions l'ensemble des PME et les PME globalementcomprennent à la fois les entreprises en démarrage et les entreprises établies.

38. La taille de l'entreprise, définie par le nombre d'employés, reflète la taille de l'entreprise en 2000, plutôt qu'au moment où l'entreprise a démarré.