Les petites et moyennes entreprises (PME) représentent une composante dynamique et diversifiée de l'économie canadienne et couvrent un vaste éventail d'activités commerciales. Ces entreprises jouent un rôle vital et en constante évolution dans l'économie canadienne en créant de l'emploi et en stimulant la croissance économique. En 2001, plus de 1,5 million d'entreprises au pays étaient considérées comme des petites ou des moyennes entreprisesNote 2.
Importants moteurs de la croissance au sein de l'économie canadienne, les PME contribuent à déterminer le rendement actuel et l'essor futur de l'économie. Le secteur des services financiers joue un rôle de premier plan pour favoriser cet essor en fournissant aux PME le financement nécessaire à leur réussite sur le marché. Le financement leur permet par ailleurs d'investir dans la recherche-développement (R-D), ce qui contribue à stimuler l'innovation et la productivité et, ainsi, à stimuler la croissance future de l'économie canadienne par la création d'emplois et une plus grande prospérité. Or, en raison de l'hétérogénéité des PME, la demande de financement n'est pas uniforme d'une région ou d'un secteur à l'autre et diffère selon la taille ou l'étape de développement de l'entreprise. Il est donc primordial d'aborder en premier lieu la question de la répartition des PME à l'échelle du pays pour comprendre le rôle du financement dans la croissance et le développement des PME. Cela contribuera à mieux renseigner les responsables de l'élaboration des politiques en vue d'appuyer ou d'accroître l'accès au financement des PME.
La présente partie du rapport propose une description du marché des PME en 2001 en trois sections :
Tel qu'illustré au graphique 7, les PME ne sont pas uniformément réparties au pays :
Concentration des PME dans les régions densément peuplées
La répartition régionale des PME relève principalement de la densité de la population ainsi que d'autres facteurs, comme la concentration sectorielle. Le graphique 7 indique que plus de la moitié des PME au Canada en 2001 étaient établies en Ontario et au Québec, suivies des provinces de l'Ouest et du Canada atlantique. Tel que démontré tout au long du présent rapport, ces variations régionales quant au nombre de PME exercent une influence sur le secteur d'activité des entreprises, la structure financière (voir la partie II) et l'accès au financement. Afin d'attribuer les variations régionales au phénomène de marché approprié, des comparaisons régionales seront établies par rapport aux moyennes nationales (s'il y a lieu).
Variation des structures économiques d'une région à l'autre au pays
Certaines régions dépendent de l'agriculture et du secteur primaire, alors que dans d'autres régions, les entreprises manufacturières, de services ou de l'industrie du savoir dominent. Tel que précisé dans la partie II, les besoins de ces secteurs en matière de services financiers diffèrent, ce dont témoignent également les différences
régionales. Par exemple, comparativement à d'autres régions, l'agriculture est un secteur d'une grande importance au Manitoba et en Saskatchewan (voir le tableau 9). Puisque les entreprises agricoles ont généralement besoin d'importants montants de financement par emprunt (les biens durables dont disposent couramment la plupart des exploitations agricoles pouvant servir de garantie), les résultats propres aux PME de ces régions peuvent être attribuables au fait que le secteur
agricole y est prédominant.
[Description du graphique 8]Les données sur la répartition sectorielle des PME à l'échelle du Canada en 2001 correspondent aux résultats de l'enquête de 2000Note 3. Près de la moitié (47 p. 100) des PME en activité faisait partie de la catégorie « autres secteursNote 4 », laquelle comprend un certain nombre d'industries de services, dont les services sociaux et de soins de santé, les services d'hébergement et de restauration ainsi que les services d'entreposage et de messageries (voir le graphique 8). Un très grand nombre de PME exploitent des entreprises agricoles ou manufacturières. Tel qu'indiqué tout au long du rapport, le secteur d'activité est l'un des principaux facteurs déterminants de la structure financière des PME (voir la partie II) et de la possibilité d'accès à certains types de financement (p. ex., prêt commercial).
Presque toutes les entreprises canadiennes sont petites (selon le nombre d'employés)
Les travailleurs autonomes (sans employés) et les micro-entreprises (de 1 à 4 employés) forment plus de 80 p. 100 de l'ensemble des PME. Tel que précisé dans la partie II, la taille de l'entreprise est un facteur nettement déterminant de la structure financière d'une PME. Plus important encore, par rapport aux moyennes entreprises, les petites entreprises sont normalement moins rentables, possèdent moins d'éléments d'actif et leur ratio d'endettement est plus élevé. Par conséquent, elles éprouvent de la difficulté à accéder aux types de financement formel (p. ex., prêt commercial).
La taille des entreprises varie selon le secteur
[Description du graphique 9]Tel qu'illustré au graphique 9, la répartition des PME par nombre d'employés n'est pas uniforme d'un secteur à l'autre. En ce qui concerne les entreprises agricoles et celles du secteur des services (services professionnels, industrie du savoir ainsi que vente en gros et au détail), le pourcentage de micro-entreprises (de 1 à 4 employés) est plus élevé. Par comparaison, dans les secteurs primaire et manufacturier, entre autres, il s'agit généralement de grandes entreprises. Tel qu'expliqué dans la partie II, le lien entre la taille de l'entreprise et le secteur est important, puisque le secteur d'activité peut influer sur le type de propriété d'entreprises de certaines tailles. Par exemple, dans le secteur agricole, le fort pourcentage d'agriculteurs travaillant à leur compte risque d'avoir une incidence sur la structure financière de cette catégorie d'entreprises. De la même façon, le grand nombre de moyennes entreprises (de 100 à 499 employés) dans le secteur manufacturier semble influer sur la structure financière des moyennes entreprises. La partie II donne des précisions à ce sujet.
Moyennes entreprises : potentiel de croissance
Les moyennes entreprises représentent 2 p. 100 de l'ensemble des entreprises au Canada, alors qu'aux États-Unis elles constituent plus de 5 p. 100 de toutes les entreprises. Bien qu'il s'agisse d'une faible proportion de l'ensemble des PME, les
moyennes entreprises se distinguent des petites entreprises par des particularités qui leur sont propres, témoignant de leur potentiel de contribution positive nettement supérieur à l'économie canadienne. Par exemple, par rapport aux petites entreprises, les moyennes entreprises :
La plupart des moyennes entreprises font partie de fabrication. Comme il s'agit d'entreprises à forte croissance, on peut en tirer un meilleur rendement du capital investi. Leur rendement en R-D contribue à l'innovation en matière de produits et de stratégie d'entreprise et accroît la capacité du Canada de commercialiser les produits issus de la recherche. Enfin, puisqu'elles sont prêtes à exporter, elles bénéficient d'une longueur d'avance pour affronter la concurrence mondiale. Toutefois, au nombre des principaux défis que doivent relever les petites entreprises, l'un d'eux consiste à faire la transition et de passer de petite à moyenne entreprise. À ce jour, les recherches indiquent que très peu de petites entreprises (de 1 à 99 employés) parviennent à devenir des moyennes entreprises. De 1985 à 1999, à peine un peu plus de 3 p. 100 ont réussi à faire le saut.
[Description du graphique 10]Source : Statistique Canada, Enquête sur le financement des petites et moyennes entreprises, 2001.
2. La population visée par l'Enquête sur le financement des petites et moyennes entreprises, 2001 comprend les PME comptant moins de 500 employés équivalents à temps plein et dont le revenu annuel est inférieur à 50 millions de dollars. Ne font pas partie de cette population les entreprises non constituées en personne morale dont le revenu est inférieur à 30 000 $, les organismes sans but lucratif, les organismes publics, les écoles, les hôpitaux, les filiales, les coopératives ainsi que les sociétés de financement et de crédit-bail.
3. Industrie Canada, Le financement des petites et moyennes entreprises du Canada, 2002.
4. La catégorie « autres secteurs » comprend la construction, les transports, l'entreposage et les messageries, les industries culturelles et de l'information, l'immobilier, la location et le crédit-bail, les services administratifs et de soutien, la gestion des déchets et les mesures correctives, les services sociaux et de soins de santé, les arts, les spectacles et les loisirs, les services d'hébergement, de restauration et autres.
5. L'expression entreprise à forte croissance désigne une entreprise dont les revenus ont augmenté de plus de 50 p. 100 au cours de trois années consécutives.