Investissement informelNote 18 au Canada : L'enquête sur le financement des petites et moyennes entreprises, 2000, a révélé que 18 % des propriétaires d'entreprises ont investi à titre privé dans d'autres entreprises. Dans le cadre du Programme de recherche sur le financement des PME, des données supplémentaires seront recueillies pour déterminer leur contribution totale au financement des PME. Les renseignements sur les investissements informels en capital de risque au Canada sont rares, en partie parce que les investisseurs informels préfèrent souvent demeurer anonymes et ne cherchent pas à agir dans des réseauxNote 19 visibles. Les estimations concernant l'investissement informel au Canada varient largement, entre 1 milliardNote 20 et 20 milliards de dollars annuellement, dont 60 % sont destinés à des PME aux premiers stades de leur croissanceNote 21. Aux États-Unis, ces investisseurs ont été identifiés comme étant la plus importante source de capital de risque pour les PMENote 22.
Valeur ajoutée par les investisseurs informels : Les investisseurs informels fournissent aux entreprises plus que du financement. Des propriétaires de PME dans la région d'Ottawa ont cité, lors d'une étude effectuée par Industrie CanadaNote 23, six autres façons par lesquelles les investisseurs informels ont contribué à leur croissance et à leur succès. Comme l'indique le graphique 17, l'étude a révélé que les deux contributions non financières les plus courantes des investisseurs informels sont de prodiguer des conseils et de faire connaître des relations. Les investisseurs informels mettent à profit leur expérience et leur connaissance des affaires pour aider les entrepreneurs dans la planification stratégique et le marketing et pour leur fournir des conseils d'ordre administratif et général utiles à leur entreprise. Il arrive que les investisseurs informels participent au conseil d'administration et fournissent des renseignements sur l'industrie, ce qui permet à l'entreprise d'acquérir une crédibilité fort utile au moment d'une demande de financement.
Graphique 17 – Contributions faites aux PME par les investisseurs informels
Stade de croissance : Les investisseurs informels investissent habituellement au cours des stades précoces de croissance des entreprises. D'après une étude récente menée par Equinox Management Consultants Ltd.Note 24, 50 % des investisseurs ont répondu qu'ils avaient investi au stade de prédémarrage des projets et 60 % ont dit avoir investi au stade de démarrage (voir le graphique 18).
Occasions d'investir : La plupart des investisseurs informels utilisent leurs propres réseaux, y compris des relations professionnelles comme les comptables, les banquiers, les avocats et d'autres investisseurs afin de dénicher des occasions d'investissement.
Graphique 18 – Stade(s) préféré(s) par les investisseurs informels pour leurs investissements dans les entreprises
Choix d'investir : En général, les investisseurs informels considèrent trois facteurs dans l'évaluation d'un investissement potentiel : les personnes concernées, le produit ou la technologie en question et la valeur non financière qu'ils se voient eux-mêmes ajouter à l'entreprise.
Taux d'acceptation : Les investisseurs informels, qui examinent en moyenne 24 propositions par année, se tournent relativement rarement vers cette forme de financement en comparaison d'autres formes de financement : selon une étude récente, seulement 12 % des propositions ont été acceptées.Note 25
Causes de rejet : Les investisseurs informels croient généralement que la majorité des PME ne sont pas « prêtes à recevoir de l'investissement », soit parce que le plan d'affaires n'est pas au point et que la connaissance du marché est insuffisante, soit parce que les chefs d'entreprises ont du mal à renoncer au contrôle de leur entreprise. En fait, comme l'illustre le graphique 19, les investisseurs informels invoquent le manque de préparation des PME à l'investissement comme étant le principal facteur qui entrave l'investissement informel au Canada, détrônant les impôts et la réglementation.
Graphique 19 – Inhibiteurs de l'investissement selon les investisseurs informels
Stratégies de sortie : Afin de réaliser un gain en capital élevé, les investisseurs informels négocient habituellement, et d'entrée de jeu, des stratégies de sortie. Les conditions de la stratégie sont généralement précisées dans le texte de l'entente des actionnaires. Les stratégies typiques de sortie incluent l'achat par un fonds de capital de risque, l'acquisition par un tiers, le rachat par la direction ou un premier appel public à l'épargne.
18. Bien que tous les investisseurs informels risquent leur propre argent, ils n'appartiennent pas tous au même type. Certains cherchent des occasions d'investissement à taux de rendement élevé, comme le font les investisseurs professionnels, d'autres sont sollicités pour faire des investissements qui soutiendront le développement de leur industrie, ce qui serait bénéfique tant pour leurs propres entreprises que pour celles dans lesquelles ils investissent. Il peut exister plusieurs types d'investisseurs informels qu'il reste à comprendre et à décrire. Le Programme de recherche sur le financement des PME ainsi que d'autres travaux commencent à peine à saisir cette importante source d'investissement en capital de risque. Quelqus-unes des premières études sur les investisseurs informels sont disponibles à : http://strategis.ic.gc.ca/prf.
19. Les estimations actuelles des investissements annuels cumulésont été établies à partir de méthodes qui extrapolent les résultats des études régionales sur la taille de la communauté locale d'anges investisseurs à l'échelle nationale, avançant ainsi de nombreuses hypothèses qu'il reste à tester et à affiner.
20. Riding & Short, "On the Estimation of the Investment Perspectives of Informal Investors : A Capture-Recapture Approach," Journal of Small Business and Entrepreneurship, Vol. 5, 1998, p. 26-40.
21 E. Farrell, Informal Venture Investments in Atlantic Canada : A Representative View of Angels. Atlantic Canada Opportunities Agency and St. Mary's University, Halifax, 1998.
22. Le « Centre for Venture Economics », dans un rapport présenté à l' « Office of Advocacy of the U.S. Small Business Administration » en 1995, a estimé que quelque 250 000 anges investisseurs investissaient à peu près 30 milliards de dollars américains par année dans 30 000 petites entreprises. Ceci représente deux fois la valeur des investissements annuels des fonds institutionnels de capital de risque et 15 fois le nombre d'entreprises recevant des investissements officiels en capital de risque (Freer, Sohl and Wetzel, 1996 in Acs and Tarpley, 1998).
23. Equinox Management Consultants Ltd., Value Added by Informal Investors, 2001, commandée par Industrie Canada.
24. Equinox Management Consultants Ltd., Habitudes et profils de placement des investisseurs individuels, 2001, commandée par Industrie Canada. Cette étude porte sur 51 investisseurs informels, dans dix centres dans l'ensemble du pays, qui ont investi des sommes faibles ou considérables dans différents secteurs.
25. Ibid.