En 2000, 23 % des PME ont déposé une demande de prêt et 82 % de ces demandes ont été approuvées (voir le tableau 5). Ces chiffres varient quelque peu de ceux d'autres enquêtes récentes effectuées sur des questions similaires. Par exemple une enquête menée en 1998, pour le compte de l'Association des banquiers canadiens,7 avait montré que 38 % des PME avaient fait une demande de prêt et que le taux d'approbation était de 93 %. Dans une étude récente conduite auprès de ses membres, la FCEI indiquait que 60% des répondants avaient fait une demande de prêt à terme, de nouvelle marge de crédit ou d'augmentation de leur marge de crédit au cours des trois dernières années. La FCEI a également mentionné qu'une « tendance constante à la baisse des demandes de financement par emprunt de 1987 à 2000 ne serait pas reliée au cycle économique »8. En conséquence, les résultats de l'enquête récente de Statistique Canada pourraient être l'indicateur le plus récent de la diminution des demandes d'emprunt par les PME; toutefois, des recherches supplémentaires aideront à confirmer cette hypothèse.
Graphique 5 – Proportion des PME ayant fait une demande de prêts selon la taille des entreprises en 2000
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L'enquête sur le financement des petites et moyennes entreprises de Statistique Canada sera reconduite régulièrement à tous les trois ans et; cela fournira un ensemble de données stables pour déterminer les tendances.
Graphique 6 – Taux d'approbation des prêts selon la taille des entreprises en 2000

Selon la taille des entreprises, on observe des différences nettes dans les demandes et les taux d'approbation. Comme illustré au graphique 5, les plus grandes entreprises ont une tendance plus élevée à demander du financement par emprunt. Cela est conforme aux résultats de l'enquête effectuée en 2001 par la FCEI.
Le graphique 6 montre les taux d'approbation pour les entreprises en fonction de leur taille. Ces taux sont cohérents avec les résultats de l'enquête menée par l' UQTR 9qui démontre que les entreprises dont l'effectif est plus grand sont plus susceptibles d'obtenir une réponse favorable à leurs demandes de marge de crédit ou de prêt à moyen ou à long terme. La FCEI rapporte également que les entreprises plus grandes se voient moins souvent refuser un prêt.
Les graphiques 7 et 8 présentent respectivement les taux de demandes et d'approbation des entreprises de diverses industries. Les entreprises du secteur agricole sont davantage susceptibles de faire une demande de prêt, alors que celles des secteurs des services professionnels et des IFS 10 étaient les moins susceptibles de le faire en 2000. Aussi, les taux d'approbation des demandes de financement par emprunt pour les entreprises des secteurs agricole et primaire sont beaucoup plus élevés, alors que les entreprises du secteur du commerce de gros ou de détail, et celles des secteurs des IFS affichent les taux d'approbation les plus bas. Les entreprises agricoles ont généralement des terrains ou des équipements qu'elles peuvent utiliser en affectation de garantie alors que les entreprises des autres secteurs n'ont probablement pas beaucoup d'actifs commerciaux. Plus de 55 % des entreprises agricoles qui ont fait une demande de prêt en 2000 ont eu recours à des actifs affectés en garantie, comparativement à 41 % pour l'ensemble des PME (voir le tableau 8).
Graphique 7 – Proportion des PME ayant fait des demandes de prêts par industrie en 2000

Graphique 8 – Taux d'approbation des prêts par industrie en 2000

Il existe des variations régionales en ce qui concerne la proportion des PME ayant fait des demandes de prêt et les taux d'approbation des prêts (voir les graphiques 9 et 10). Comme mentionné précédemment, toute analyse de la répartition régionale des demandes et des approbations doit prendre en considération la structure économique des régions faisant l'objet d'une étude. Par exemple, comme nous l'avons vu, l'agriculture affiche des taux élevés de demandes et d'approbation de prêts. Ce secteur contribue également de façon importante à l'économie du Manitoba et de la Saskatchewan (see table 17) et ce sont sans doute des facteurs qui contribuent aux taux de demandes élevés de prêts dans la région des Prairies (voir le graphique 9) et aux taux élevés d'approbation (voir le graphique 10). Si on exclut le secteur agricole de ces chiffres, la variation entre les demandes régionales et les taux d'approbation, et la moyenne nationale est considérablement réduite.
Graphique 9 – Proportion des PME ayant fait des demandes de prêts par région en 2000

Graphique 10 – Taux d'approbation des prêts par région en 2000

Un autre facteur important à prendre en considération est la structure variable des industries de services financiers dans les diverses parties du pays. Dans toutes les régions du pays, on retrouve les principales banques à charte, alors que les coopératives de crédit et les caisses populaires ont une présence plus marquée au Québec et dans l'ouest du Canada. Ces concentrations de coopératives de crédit ainsi que de banques ont elles aussi changé au cours des dernières décennies. Par exemple, le Manitoba et la Saskatchewan ont connu, dans l'ensemble une diminution de 16 % du nombre de succursales bancaires entre 1988 et 2000,11 tandis que le nombre de succursales a augmenté dans toutes les autres parties du pays sauf en Alberta. Le tableau 4 indique une forte tendance à rechercher les communications personnelles avec les fournisseurs de services financiers; aussi, en prenant en considération la diminution des succursales bancaires, il est sans doute peu surprenant de voir les coopératives de crédit recevoir une proportion plus grande des demandes au Manitoba/Saskatchewan et en Alberta.La présence des services d'accès peut s'avérer un facteur déterminant dans le choix d'un établissement; toutefois, jusqu'à maintenant, l'emphase n'a pas été mise sur ce facteur; il sera donc nécessaire d'effectuer une collecte de données et de procéder à une analyse pour comprendre son importance sur les habitudes de demande de prêts des petites entreprises.
Les résultats donnent à penser que les PME de la Colombie-Britannique et des régions de l'Atlantique obtiennent un taux d'approbation inférieur aux PME de l'ensemble du pays lorsqu'elles font des demandes d'emprunt. Les conditions économiques régionales pourraient expliquer cet écart dans les approbations de financement par emprunt dans ces régions. ll est également possible qu'il s'agisse d'un phénomène de statistiques; par exemple, l'écart dans les intervalles de confiance des estimations de l'enquête pourrait être responsable de cette variation. Toutefois, il est également valable de noter que les entreprises dans chacune de ces régions sont parmi les plus grandes utilisatrices des services des banques à charte, et ces dernières affichent un taux d'approbation légèrement inférieur à la moyenne. Des analyses et des observations additionnelles seront nécessaires pour déterminer quels sont les facteurs qui contribuent le plus à ces variations.
7.Groupe de recherche Thompson Lightstone, Les PME au Canada : Énoncé de leurs besoins, de leurs attentes et de leur satisfaction envers les institutions financières, préparé par l'Association des banquiers canadiens, 1998. http://www.cba.ca/fr/Small_Business/1998sme.htm
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8. Fédération canadienne de l'entreprise indépendante, Investir dans l'entreprenariat, mars 2001.
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9. Université du Québec à Trois-Rivières, Financer les PME : satisfaction, accès, savoir et besoins, 2001,
commandé par Industrie Canada.
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10. Voir l'annexe A pour une description du système de classification des industries de l'Amérique du Nord
(SCIAN) des industries fondées sur le savoir (IFS)
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11. Site Web de l'Association des banquiers canadiens : http://www.cba.ca/fr/Statistics/stats/db144Aweb.htm
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