Au total, 61 personnes ont participé à des tables rondes tenues dans 11 collectivités au Canada. À ces investisseurs se sont ajoutés d'autres participants pour former les groupes de discussion. Par exemple, les dix participants du groupe de discussion à Halifax étaient pour la plupart des représentants de sociétés de capital-risque et non pas des investisseurs individuels. En outre, dans plusieurs groupes, les participants comprenaient des représentants d'organismes locaux ou de banques. Cinquante et un (51) investisseurs ont rempli le questionnaire. Les résultats présentés ci-après sont fondés sur les données qualitatives et quantitatives tirées du questionnaire et sur les données qualitatives recueillies durant les tables rondes.
Répartition géographique des répondants au questionnaire :
| Collectivité du PICC | Proportion des répondants (en % du total) |
|---|---|
|
* Il n'y avait pas d'investisseurs privés en actions parmi les participants à Halifax. |
|
| Mt. Pearl | 8,2 |
| Halifax | 0,0* |
| Moncton | 4,9 |
| Fredericton | 14,7 |
| Saint-Hyacinthe | 4,9 |
| Sainte-Thérèse | 14,7 |
| Niagara | 8,2 |
| London | 9,8 |
| Waterloo | 14,7 |
| Canmore | 9,8 |
| Victoria | 9,8 |
| Total | 100,0 |
| Région | Proportion des répondants (en % du total) |
|---|---|
| Prov. de l'Atlantique | 28 |
| Québec | 20 |
| Ontario | 33 |
| Ouest du Canada | 20 |
Les investisseurs répondants avaient un niveau d'instruction élevé, plus de 44 % ayant déclaré avoir un diplôme d'études supérieures et 24 %, un diplôme d'études de premier cycle. Parmi ces participants, 45 % des investisseurs exerçaient une profession, la plupart étant des comptables agréés ou des ingénieurs. Au graphique 1, les investisseurs sont répartis en fonction de la profession qu'ils ont dit exercer à plein temps dans le questionnaire. Il est intéressant de noter que la grande majorité des investisseurs répondants affirme pratiquer une profession principale qui ne consiste pas à faire des placements et à les gérer. Cette constatation est significative pour ce qui est du temps que les investisseurs individuels peuvent accorder au contrôle préalable, à la gestion de leurs placements et à d'autres aspects de l'investissement privé. Presque tous les répondants (91 %) étaient ou avaient été propriétaires d'entreprise.
Graphique 1 : Professions des investisseurs

Graphique 2 : Fréquence des placements privés – Comportements d'investissement

D'après les années de premier placement indiquées par les 45 investisseurs répondants, leur expérience collective totalise 522 années, soit une moyenne de 11,6 années. Comme le montre le graphique 2, les investisseurs providentiels canadiens investissent généralement plusieurs fois; en effet, plus de 70 % de ceux qui ont répondu ont fait au moins un placement tous les deux ou trois ans et un tiers des répondants ont investi plusieurs fois dans une année. Ensemble, les 51 répondants affirment disposer de plus de 47 millions de dollars « pour faire des investissements privés dans des PME canadiennes », soit un peu moins de un million de dollars chacun.
Aux graphiques 3 et 4, les placements sont répartis par secteur et en fonction du stade, d'après les renseignements fournis par les répondants. Les placements dans le domaine de l'informatique (logiciels) étaient les plus fréquents, mais leur importance était généralement faible. Des 142 opérations, 60 placements (42 %) ont été faits dans des entreprises dites « du savoir ». Les placements dans le secteur des finances et de l'immobilier représentaient un pourcentage disproportionné des capitaux investis. La plupart des investisseurs répondants ont fait état de placements dans plusieurs secteurs. En outre, comme l'ont révélé des études antérieures, la plupart des placements ont lieu aux premiers stades de développement, habituellement aux stades d'incubation et de démarrage. Comme le montre le graphique 4 qui suit, plus de 60 % des investisseurs ont investi au stade de démarrage et 50 %, au stade d'incubation de projets.
Graphique 3: Profils de placement, par secteur

Graphique 4 : Profils de placements, en fonction du stade

Les 51 investisseurs qui ont rempli le questionnaire et participé aux tables rondes ont fait, au cours des deux dernières années, 142 placements qui représentent un investissement global de plus de 107 millions de dollars. Pour ce faire, les investisseurs ont examiné environ 1 200 propositions par année (soit une moyenne d'environ 24 propositions par année chacun) et ont accepté de s'engager dans environ 6 % des projets. De façon générale, il s'agit de placements locaux, car 68 % des placements se rapportaient à des projets se déroulant dans un rayon de 50 km du domicile ou du bureau de l'investisseur.
À la question sur le nombre des occasions d'investir, les réponses des investisseurs étaient partagées : 55 % des répondants estimaient avoir connaissance d'un nombre suffisant d'occasions d'investir, tandis que 45 % ont répondu que le nombre était insuffisant (« Nous avons peu de projets bien montés. »). À cet égard, les réponses au questionnaire révèlent que chaque investisseur examine, en moyenne, 24 propositions par année. Toutefois, les échanges durant les tables rondes donnent à penser que la plupart des investisseurs ont connaissance d'un nombre bien plus grand de projets. La plupart des occasions d'investir sont abandonnées dès les premiers entretiens, lorsqu'il devient évident que l'investisseur ou l'entrepreneur (éventuel) ne souhaite pas poursuivre la discussion. De l'avis général des investisseurs répondants, les entrepreneurs ne sont pas prêts à accueillir l'investissement.
« L'autre jour, j'ai reçu un appel d'un homme qui me demandait d'étudier un projet. J'ai accepté d'examiner le projet, mais je lui ai précisé d'entrée de jeu que je m'attendais à un rendement de 20 à 25 %. Il a dit qu'il pouvait s'adresser à une banque et obtenir des capitaux à de meilleures conditions, à quoi j'ai répondu : « Alors pourquoi vous être adressé à moi? ». Ces gens ne savent pas que les investisseurs en capital-risque recherchent un taux de rendement de 20 à 25 %. »
« Sur 20 propositions qui me sont soumises, il y en a peut-être une que j'examine soigneusement. Tout le monde souhaite être dans les affaires, mais peu de gens savent s'y prendre. Un nombre étonnant de personnes se lancent dans les affaires parce qu'elles ont une bonne connaissance, bien que limitée, d'un domaine, qu'il s'agisse de la fabrication ou de la vente, mais elles ne savent pas comment faire des profits – c'est ce qui importe le plus, savoir faire de l'argent. À mon avis, les gens concentrent toute leur attention sur la création d'un débouché ou sur l'élaboration d'une idée et ne réfléchissent pas à la manière d'en tirer un profit. »